À quelques jours du Certificat d’études primaires (Cep), session de juin 2026, les candidats du centre de promotion sociale des aveugles de Sègbèya à Cotonou peaufinent leurs révisions. Enseignants et apprenants redoublent d’efforts pour décrocher de brillants résultats.
Au centre de promotion sociale des aveugles de Sègbèya, l’ambiance est studieuse et concentrée. Les enseignants multiplient les séances de révision pour préparer leurs sept candidats à l’examen du Cep. « Les activités pédagogiques ont évolué correctement. Les évaluations certificatives et les examens blancs se sont bien déroulés », confie Didier Lally Adandjèhla, enseignant au centre. Les dernières semaines sont consacrées aux ajustements et aux séances de renforcement dans toutes les disciplines. « Chaque enseignant prend une matière et accompagne les apprenants jusqu’à la maîtrise complète. Si le Cep devait avoir lieu aujourd’hui, ils sont prêts, et nous le sommes avec eux », assure-t-il avec fierté. Parmi les candidats, Merveille Kinigbé, seule fille du groupe, affiche une confiance rayonnante : « Les cours de renforcement m’ont beaucoup aidée, surtout en mathématiques. Je suis prête pour le Cep et je promets d’être la première de mon centre. » Même assurance du côté de Samuel Azizaho, qui se dit désormais mieux préparé : « Grâce aux cours de renforcement, j’ai compris beaucoup de choses, notamment en expression écrite. Je suis prêt à affronter les épreuves. » L’établissement, qui dispose d’un internat pour les enfants en situation de handicap visuel, accueille cette année sept candidats, dont une fille et six garçons. Selon Jocelyne Sévi, inspectrice de l’action sociale et responsable du centre, la préparation bat son plein : « Depuis le mois de mars, nous organisons des travaux dirigés pour renforcer leur niveau, notamment dans les matières scientifiques. Ce sont des enfants qui ont un accès limité aux manuels, donc nous mettons tout en œuvre pour qu’ils composent dans les mêmes conditions que leurs camarades voyants. »
Un encadrement complet
Outre la préparation académique, le centre veille au bien-être des candidats. « Les petits soucis de santé sont pris en charge à temps : déparasitage, prévention du paludisme, suivi médical. L’infirmière, les surveillants, l’assistante sociale et la psychologue travaillent ensemble pour qu’ils se sentent à l’aise le jour de l’examen », précise la directrice. Les résultats des examens blancs sont prometteurs : six candidats sur sept ont déjà atteint le seuil de réussite, de quoi nourrir un optimisme légitime. Jocelyne Sévi salue également l’engagement de l’État, qui veille chaque année à offrir les meilleures conditions de composition aux candidats à besoins spécifiques. Mais au-delà des connaissances, le véritable défi reste psychologique. Le psychologue clinicien Étienne Sonon encourage les enfants et leurs parents à garder confiance : « Être porteur de handicap n’est pas une faillite. Il y a toujours un avenir meilleur. Les parents doivent accompagner leurs enfants sans honte ni tristesse, dans la joie et la confiance. » Il rêve d’une école béninoise 100 % inclusive, où chaque enfant, quelle que soit sa condition, aurait accès à une éducation de qualité. Dans ce centre où la détermination surpasse les limites physiques, enseignants et élèves partagent un même objectif : la réussite. Le Cep 2026 s’annonce comme une nouvelle preuve que la persévérance, l’encadrement et la volonté peuvent triompher de tous les obstacles.
Zéphirin Toasségnitché









