L’Union africaine a exprimé sa préoccupation face au retrait des États-Unis de plusieurs organisations internationales, une décision jugée susceptible d’affecter les efforts de développement, de paix et de résilience sur le continent.
Dans une déclaration publiée le lundi dernier, le président de la Commission de l’Union africaine (l’UA), Mahmoud Ali Youssouf, a réagi au mémorandum présidentiel américain du 7 janvier 2026 annonçant le retrait de Washington de 66 organisations, conventions et traités internationaux considérés comme contraires aux intérêts nationaux américains. Selon le responsable africain, toute réduction des capacités opérationnelles de ces institutions risque de compromettre des acquis importants en matière de développement, de consolidation de la paix et de protection des populations vulnérables, en particulier dans les zones fragiles ou affectées par les conflits. Parmi les 31 entités onusiennes concernées figurent plusieurs structures majeures pour l’Afrique, notamment la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, le Bureau du conseiller spécial pour l’Afrique, le Forum permanent sur les personnes d’ascendance africaine, Onu Femmes, le Fonds des Nations unies pour la population et la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement. Le retrait américain concerne également 35 organisations non onusiennes, dont le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, l’Agence internationale pour les énergies renouvelables et l’Union internationale pour la conservation de la nature. Tout en reconnaissant le droit souverain des États-Unis d’ajuster leurs engagements internationaux, la Commission de l’UA a rappelé que Washington demeure un partenaire historique de l’Afrique et un acteur central du système multilatéral. Elle a souligné le rôle déterminant de ces institutions dans le renforcement des capacités nationales, la promotion d’une croissance inclusive, l’égalité des genres, le relèvement post-conflit et la protection sociale. L’Union africaine a insisté sur le fait que le partenariat Afrique–États-Unis repose sur des intérêts partagés, notamment la paix, la sécurité, les opportunités économiques, la gouvernance démocratique et la stabilité mondiale, et que les cadres multilatéraux ont longtemps servi de leviers efficaces pour atteindre ces objectifs. Cette décision américaine s’inscrit dans la continuité d’un rapport du département d’État, élaboré en application du décret présidentiel 14199 du 4 février 2025, qui prévoyait une révision globale de la participation des États-Unis aux organisations intergouvernementales. D’autres recommandations restent à l’étude, laissant entrevoir de possibles retraits supplémentaires. Face à cette situation, l’UA appelle à un dialogue entre les États-Unis, les Nations unies et les partenaires internationaux afin de préserver les fonctions multilatérales essentielles et d’éviter que les populations les plus vulnérables ne soient affectées de manière disproportionnée. Elle a réaffirmé son attachement au multilatéralisme, considéré comme un pilier fondamental pour relever les défis mondiaux et promouvoir une paix et une prospérité partagées.
Pascal Toffodji










