Invité de l’émission ‘’Décryptage’’ de Prime News Monde TV d’hier mardi 20 janvier 2026, le journaliste Moïse Nonvignon a passé à la loupe les résultats provisoires des législatives du 11 janvier 2026, publiés par la Commission électorale nationale autonome (Céna). Son analyse met en lumière une configuration politique attendue, mais révélatrice des dynamiques institutionnelles et sociétales du Bénin contemporain.
Les résultats définitifs des législatives dernières révèlent un ancrage démocratique consolidé. D’emblée, Moïse Nonvignon salue la stabilité institutionnelle du Bénin, rappelant que depuis 1990, le pays respecte scrupuleusement son calendrier électoral. « Malgré les réformes controversées et les tensions politiques, les élections se tiennent à date fixe. C’est le signe d’une démocratie mature, où les institutions résistent aux aléas », souligne-t-il. Cette régularité, selon lui, conforte la crédibilité du processus électoral et légitime les résultats. Selon lui, la domination de l’Union progressiste le renouveau (Upr) et du Bloc républicain (Br) à l’Assemblée nationale s’explique par trois facteurs clés à savoir : un maillage territorial efficace. Ces partis bénéficient d’une implantation nationale, avec des relais locaux capables de mobiliser bien au-delà des bastions traditionnels. Une maîtrise technique du Code électoral qui dénote de leur capacité à atteindre le seuil des 20 % dans chaque circonscription témoigne d’une stratégie rodée, héritée des scrutins précédents puis l’adhésion aux réformes gouvernementales. Les résultats reflètent, selon le journaliste, un soutien populaire aux politiques menées depuis 2019, perçues comme stables malgré les critiques.
L’opposition en quête de renaissance
L’absence des partis d’opposition au parlement comme Les Démocrates ou la Fcbe n’est pas une surprise pour Moïse Nonvignon. Il y voit avant tout des erreurs stratégiques internes. A en croire son opinion, Les Démocrates ont échoué à fédérer au-delà de leur base, malgré une campagne visible. La Fcbe, bien que légalement qualifiée, a peiné à convaincre sur le terrain, faute d’un discours renouvelé. « L’opposition n’a pas disparu, mais elle doit se réinventer : clarifier son projet, sortir des logiques personnalistes, et toucher les jeunes électeurs », estime-t-il. Le journaliste relativise les critiques sur les délais de publication des résultats par la Céna. « Oui, l’attente a nourri des spéculations, mais l’institution a respecté les délais légaux. Les accusations de partialité relèvent surtout de la guerre communicationnelle entre acteurs politiques », analyse-t-il. Pour lui, cette période n’a pas entaché la sincérité du scrutin. Avec une Assemblée dominée par deux blocs proches du pouvoir, Moïse Nonvignon anticipe une accélération des réformes législatives. « Cette configuration réduit les blocages partisans et pourrait favoriser des avancées sur des dossiers clés, comme la décentralisation ou l’emploi des jeunes. Mais elle exige aussi une vigilance accrue sur l’équilibre des pouvoirs », conclut-il.
Prisca Sènami Ahouassou










