L’installation des députés de la 10ᵉ législature, prévue le 8 février 2026, marquera le début d’un nouveau chapitre politique. La première tâche de ces élus consistera à élire leur bureau, sous la supervision du doyen d’âge, Barthélémy Vidjannagni, et du benjamin, Youssouf Issa. Mais derrière ce rituel institutionnel se profile une question brûlante: qui succédera à Louis Vlavonou à la présidence de l’Assemblée nationale ?
Après la publication de la liste défiitive des députés devant siéger au sein du parlement, 10è legislature, les appetits politiques s’aiguisent déclenchant les tractations pour aboutir à la designation du prochain president de l’Assemblée nationale. Deux figures émergent naturellement des speculations: Joseph Djogbénou, président de l’Union progressiste Le renouveau (Upr) et ancien président de la Cour constitutionnelle, connu pour son ascension institutionnelle (ministre, juge, chef de parti). Abdoulaye Bio Tchané, leader du Bloc républicain (Br) et ministre d’État, pilier du gouvernement Talon depuis 2016. Leurs parcours suggèrent une logique implacable: ni l’un ni l’autre ne se contenterait d’un simple strapontin de député. Djogbénou a systématiquement cédé son siège pour des postes stratégiques, tandis que Bio Tchané, après une décennie au gouvernement, pourrait voir dans le perchoir un aboutissement et une revanche symbolique, lui qui n’a jamais accédé à la vice-présidence de la République.
Enjeux et calculs politiques
Bio Tchané, originaire du Nord, incarnerait une représentation géographique face à un exécutif perçu comme sudiste. Le futur président devra être un fidèle de la « Rupture », crédible pour incarner la continuité sans éclipser Patrice Talon.En 2019, Louis Vlavonou avait surpris en s’imposant face aux caciques. Un scénario répétable? Aucun nom ne se dégage encore, mais le profil type existe : un technocrate discret mais influent, rompu aux arcanes du pouvoir.L’histoire béninoise montre que les pronostics sont fragiles. Un troisième homme pourrait émerger, tirant parti des divisions internes ou d’un consensus inattendu. Reste à savoir si les partis privilégieront la stabilité en choisissant un de leurs leaders ou l’apaisement en optant pour un compromis.Derrière l’apparent duel Djogbénou/Bio Tchané se joue une partie plus vaste : le contrôle de l’agenda législatif, l’influence sur la succession à la magistrature suprême en 2033, et la reconfiguration des équilibres au sein de la majorité. Rendez-vous le 8 février pour le premier acte de ce ballet institutionnel.
Zéphirin Toasségnitché










