Depuis le mercredi 1er avril 2026, les pêcheurs du lac Nokoué, de la lagune de Porto-Novo et de leurs chenaux ont dû ranger leurs filets. La Direction de la production halieutique a instauré une interdiction totale de pêche jusqu’au 30 avril, dans le cadre du repos biologique. Cette mesure, qui s’inscrit dans une stratégie nationale de préservation des ressources aquatiques, vise à donner un souffle nouveau aux écosystèmes fragilisés.
Durant cette période, l’usage de tout engin ou technique de capture est proscrit. L’objectif est clair : laisser les poissons se reproduire et permettre aux juvéniles d’atteindre une taille suffisante avant toute exploitation. Les spécialistes rappellent que « capturer un poisson avant sa première reproduction, c’est compromettre l’avenir de l’espèce ». Trois phases de repos biologique sont prévues en 2026 : avril, juillet-août et novembre-décembre. Ces cycles réguliers traduisent une volonté de limiter la pression sur les stocks et de restaurer durablement les ressources halieutiques. La mesure découle d’une concertation tenue le 18 février 2026 entre les autorités et les acteurs du secteur. Les discussions ont mis en évidence la baisse inquiétante des ressources halieutiques et la nécessité d’une régulation plus stricte. En intégrant ces pratiques traditionnelles de pause dans un cadre légal, l’État béninois entend renforcer la durabilité de la pêche continentale. Si cette suspension est bénéfique pour l’environnement, elle représente un sacrifice économique pour les pêcheurs, privés de revenus pendant un mois. Les autorités misent sur les bénéfices à moyen et long terme : une reconstitution des stocks qui devrait améliorer les prises et stabiliser les revenus lors de la reprise des activités. Cette politique traduit un choix stratégique : privilégier la durabilité des ressources plutôt que l’exploitation immédiate, afin de garantir l’avenir des communautés dépendantes de la pêche.
Pascal Toffodji








