À l’approche des élections communales et législatives de 2026, la campagne bat son plein au Bénin. Dans les Communes de Bohicon, Abomey, Djidja, Agbangnizoun et bien d’autres, l’effervescence habituelle des grands meetings n’est pas au rendez-vous. Les partis et candidats privilégient désormais une stratégie de proximité, allant directement à la rencontre des électeurs.
Dans le département du Zou, les sièges des partis résonnent de musique et d’animations, tandis que les carrefours stratégiques affichent les posters des partis politiques et des candidats. Des véhicules aux couleurs des formations sillonnent les rues, mais les grandes foules se font rares. C’est donc une campagne sans grands rassemblements. « La politique de masse ne donne pas toujours de résultats. Les électeurs qui viennent aux grands rassemblements ne sont pas forcément de la localité et, le jour du vote, ils choisissent leurs candidats chez eux», explique un candidat de l’Union progressiste le renouveau (Upr) qui a requis l’anonymat. À Djidja, la même approche est adoptée. Le Bloc républicain (Br) et l’Upr dominent la scène, tandis que la Fcbe, Moele-Bénin et Les Démocrates se contentent de logos apposés sur des supports improvisés. « Les municipales sont des élections de proximité. Elles déterminent les chefs de villages et de quartiers. C’est pourquoi nous allons vers les hameaux, là où les candidats sont chez eux », souligne Joël Bossikponnon, candidat sur la liste du Br.
Des électeurs déjà mobilisés
Fort de six années à la tête de la Mairie, le Bloc républicain se dit confiant. « Sur les 12 arrondissements de la Commune, nous contrôlons 11. Les électeurs sont acquis à notre cause. Il reste à transformer cette volonté en votes », affirme-t-il. À Bohicon, l’Upr ne bénéficie pas de la même implantation, mais Georges Gnimadi reste serein. Chef de quartier, il s’appuie sur son expérience de terrain : « J’ai toujours été en contact avec les habitants, les sages et les notables. Cette proximité est notre force. Nous espérons arracher la Mairie de Bohicon. » Les candidats multiplient les séances de sensibilisation, notamment auprès des primo-votants. «Beaucoup de jeunes de 18 ans ignorent qu’ils doivent voter. Nous les encourageons à participer pour relever le taux de participation », insiste Gnimadi. À Djidja, l’enthousiasme des militants laisse présager une forte mobilisation.
Les attentes des électeurs
Les citoyens, eux, expriment clairement leurs besoins. « Nous voulons des routes praticables, des écoles et des terrains de sport pour nos enfants », confie Vincent Nassi, électeur de l’arrondissement 1. Au-delà des infrastructures, la paix reste une préoccupation majeure. « Le Bénin est une terre bénie. Il faut que les élections se déroulent dans la sérénité, sans violence », plaide Paulin Avohou, citoyen à Passagon. Il appelle les électeurs à voter massivement, mais aussi à cultiver la tolérance et l’amour du prochain pour préserver la cohésion sociale.
C.Z










