La décentralisation, initiée il y a plus de deux décennies, a connu des succès mitigés. Aujourd’hui, les 77 Communes du Bénin attendent des élus communaux et municipaux une gestion plus efficace et transparente. Les enjeux sont multiples: Gouvernance décentralisée, gestion des ressources et développement territorial. Il faut alors renforcer l’autonomie des Communes tout en assurant une coordination avec l’État, optimiser les budgets locaux et lutter contre les détournements puis stimuler l’économie locale, l’urbanisation et les infrastructures. Cependant, comme le souligne Dr Nadin-Ange Tayéwo Kokodè, cadre du parti Les Démocrates, les maires manquent souvent de moyens et de marge de manœuvre. « Ils ne peuvent pas mener de projets ambitieux. Les Secrétaires exécutifs des Mairies les tiennent parfois en otage, limitant leur pouvoir décisionnel.», note-t-il.
Entre leadership et contraintes administratives
La relation entre maires et secrétaires exécutifs reste un point de friction. Dr Beaugard Akoupaki, membre du Bloc républicain insiste sur la nécessité d’une vision entrepreneuriale au service des Communes. « Un maire doit innover, comme avec le Vodou Day à Ouidah, qui attire touristes et investisseurs. Chaque Commune doit valoriser ses atouts pour générer des revenus», propose-t-il. Mais pour Prosper Adoukonou de la Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), cette dynamique exige avant tout cohésion, redevabilité et démocratie participative. La société civile, représentée par Joël Atayi Guèdègbé, regrette que les synergies entre Communes voisines soient sous-exploitées. «Mutualiser les efforts permettrait de résoudre des problèmes communs tels que les transports, l’assainissement, l’éducation avec une approche territoriale intégrée»
Financement et coopération, les clés du développement local
Stanislas Hounkanrin, expert en gouvernance et en décentralisation, identifie deux leviers cruciaux : Des mécanismes innovants de financement et une coopération décentralisée recentrée. De ses explications, il faut exploiter le nouveau cadre légal des 3P, Partenariats public-privé et créer un fonds d’appui pour les études techniques préalables aux grands projets. « Trop de voyages d’études, pas assez de projets concrets. Il faut cibler les besoins socio-économiques réels des Communes.», avance-t-il. Il appelle aussi à revoir la vision communale. « Plutôt que des projets pharaoniques, privilégions des services urbains créateurs d’emplois pour les jeunes.» recommande l’Expert.
Vers une mandature de confirmation
La réforme de 2022 a dynamisé la décentralisation. Pour que cette 4ᵉ mandature soit un succès, les partis politiques doivent : sélectionner des élus compétents, dotés d’une réelle expertise en gestion locale et encadrer leurs équipes pour éviter les dérives et maximiser l’impact des actions. En claire, les nouveaux maires ont l’opportunité d’écrire un chapitre décisif de la décentralisation. Leur réussite dépendra de leur capacité à concilier pragmatisme, innovation et transparence pour des Communes enfin au service des citoyens.
Zéphirin Toasségnitché










