Le parti Les Démocrates continue de perdre des figures de premier plan. Le 30 mars 2026, l’ancien député Soumaïla Sounon Boké, incarcéré à la prison d’Akpro-Missérété dans le cadre de l’affaire dite de la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025, a annoncé son départ de la formation politique. Dans une correspondance adressée à la direction du parti, l’ex-élu de la 9e législature justifie sa démission par des « raisons de convictions personnelles ».
Une série de départs qui fragilise le parti. Cette démission s’ajoute à une vague de retraits observée depuis l’échec des élections générales de 2025. Le départ de Soumaïla Sounon Boké survient quelques semaines seulement après celui de l’ancien président Boni Yayi et de son fils Chabi Yayi, le 4 mars 2026. Ces départs successifs révèlent une fragilité croissante au sein de la principale formation d’opposition. Secoué par une tempête teintée d’une guerre de leadership ouverte, le parti de l’opposition est désormais divisé entre deux camps : Celui de Nourénou Atchadé, élu président lors du Conseil national, et celui d’Éric Houndété, qui continue de se réclamer président intérimaire. Cette dualité de leadership a conduit François Comlan, proche du camp Houndété, à saisir le tribunal de première instance de Cotonou. Il demande l’annulation de l’élection de Nourénou Atchadé et exige qu’il cesse immédiatement d’agir au nom du parti. L’audience a été renvoyée au 14 avril 2026, laissant planer une incertitude sur la direction effective de la formation. La démission de Soumaïla Sounon Boké illustre l’ampleur de la crise qui secoue Les Démocrates. Entre départs de figures historiques, rivalités internes et procédures judiciaires, le parti peine à maintenir une cohésion et à se projeter comme une alternative crédible sur la scène politique nationale. À l’approche des échéances électorales, cette instabilité interne pourrait réduire considérablement sa capacité à mobiliser et à peser dans le débat politique béninois.
Pascal Toffodji









