Le président burkinabè, Ibrahim Traoré, vient de lever le voile sur l’un des dossiers les plus sensibles de son régime : l’extradition de son prédécesseur, Paul-Henri Damiba. Dans une interview au ton ferme, il a confirmé officiellement l’opération et expliqué les raisons qui l’ont rendue inévitable.
Selon le président de la transition au Burkina-Faso, il ne s’agit pas d’une « chasse aux sorcières », mais d’une réponse à des « preuves accablantes » qui ne pouvaient plus être ignorées. Le chef de l’État affirme avoir longtemps fait preuve de retenue face aux agissements présumés de Damiba, avant que des éléments jugés probants ne soient transmis aux autorités togolaises pour obtenir l’extradition. Ces preuves incluraient des échanges dans lesquels l’ancien président aurait planifié des actions violentes, allant jusqu’à des projets d’attentats contre des personnes. Traoré évoque une « grosse machine » derrière ces faits, impliquant plusieurs pays et personnalités, ce qui confère à l’affaire une dimension internationale. Le capitaine Ibrahim Traoré insiste sur son principe de ne jamais poursuivre ses prédécesseurs, citant même Roch Marc Christian Kaboré : « Je ne veux pas emmerder », a-t-il déclaré. Mais il estime que Damiba a franchi une ligne rouge en s’engageant dans des « activités subversives », rendant inévitable l’ouverture de poursuites. Depuis son extradition en janvier 2026, Paul-Henri Damiba est en détention provisoire à Ouagadougou. Il fait face à de graves accusations : tentative de coup d’État, détournement de fonds publics, corruption, blanchiment de capitaux et incitation à la commission de crimes. Son sort judiciaire reste incertain, mais l’affaire suscite déjà de vives réactions au Burkina Faso et au-delà, alimentant débats et spéculations sur les enjeux politiques et sécuritaires qu’elle révèle.
Pascal Toffodji (Coll.)











