Jules Léandre Kiti, communicateur et analyste politique était, le lundi 15 septembre 2025, l’invité de l’émission ‘’Prime Politique’’ de la télévision Prime News Monde. Avec l’animateur, il a abordé la préoccupation relative au reversement des Aspirants au métier de l’enseignant (Ame). Ensemble, ils ont décortiqué le sujet qui, aujourd’hui, donne de l’insomnie aux concernés parce qu’ils ne savent plus à quel saint se vouer malgré les assurances du gouvernement.
Prime Monde News: La rentrée a démarré. Que pouvez-vous dire au sujet de la situation des Aspirants au métier d’enseignant (Ame) ? Leur reversement est-il une nécessité ?
Jules Léandre Kiti: Merci, monsieur le journaliste. Le reversement est une nécessité pour chacun de ces Aspirants au métier d’enseignant (Ame) et pour chacune de leurs familles parce que, ce sont des personnes qui veulent gagner leur vie par leur effort de travail. C’est un droit pour les Aspirants au métier d’enseignant et un devoir pour l’Etat. Au-delà, ils contribuent à l’éducation des enfants de la Nation. Autrement dit, ils ne vont pas à l’enseignement pour y gagner seulement de l’argent. Ils y vont aussi parce qu’ils ont la vocation. Ils ont la passion de l’éducation. Certes, il y a des gens qui, à défaut de de trouver mieux ailleurs, viennent pour être membre de cette population. Le gouvernement, certainement, étudie les profils des personnes qui postulent pour pouvoir faire la part des choses. Du lot, il y en a qui sont déjà en fonction, mais qui veulent plus de sécurité. C’est humain, c’est naturel. En face à tout ceci, le gouvernement doit prendre ses responsabilités et agir dans les proportions tenables parce que, une chose est de prendre des engagements, mais l’autre chose est de pouvoir les respecter. Quand vous posez des actes, il ne faut pas reculer. Le gouvernement passerait pour irresponsable en promettant de titulariser les Ame, puis revenant sur sa promesse quelques jours après, parce que n’ayant plus les moyens d’assumer les implications financières de son engagement sur toute la durée.
Quel type de contrat les lie à l’Etat ?
Il n’y a pas de durée pour le cas des Ame. Ils vont faire deux ans, trois ans, quatre ans, cinq ans. Ce n’est pas déterminé. Ils veulent plus de sécurité. C’est plus d’implication, d’obligation, de responsabilité pour le gouvernement. Depuis 2019, un nombre sans cesse croissant d’enseignants vont à la retraite. Un effectif qui crée plus de vide dans le système éducatif. Le gouvernement a bien la volonté de poser un pas, puis deux, puis trois, mais assurément vers l’avant. C’est une ambition, c’est une projection. Un gouvernement responsable se projette dans l’avenir, il ne limite pas ses ambitions, mais dans la réalité, le gouvernement travaille à acter ou à aller dans l’opérationnel par rapport à ce qu’il peut supporter aujourd’hui. C’est cela la responsabilité des dirigeants. Et donc, quand la préoccupation des Ame est posée par les responsables syndicaux, je dis, oui, d’accord, ils sont dans leur rôle. Quand les Ame eux-mêmes, ceux qui sont déployés et ceux en attente réclament leurs droits, je trouve ça légitime. Tout est dans la manière. Ils font des plaidoyers pour faire accélérer le reversement, c’est normal. Je suis heureux de savoir qu’en face, il y a un gouvernement qui ne cherche pas à donner dans le populisme, mais qui n’oublie pas non plus cette préoccupation légitime des Ame.
Pourquoi faire une promesse qu’on n’est pas en mesure d’honorer ?
Je trouve quelque chose de vicieux dans votre question. Vous dites que le gouvernement a dit que les Ame auront la possibilité d’entrer dans la fonction publique. Et vous affirmez qu’à ce jour, tout le monde n’est pas encore reversé. Je tire deux conséquences de vos propres affirmations. La première, c’est que le gouvernement a parlé de possibilité. Cela veut dire que dans l’opérationnel, il y a des critères, il y a des facteurs qui entrent en ligne de compte pour qu’on sache si on prend tout le monde en même temps ou on fait le reversement progressivement. Le gouvernement a fait cette option. Le fait que vous dites vous-même qu’à ce jour, tout le monde n’est pas encore reversé, cela signifie que certaines personnes ou une partie de cet effectif a été reversée. Cela veut dire que le gouvernement est en train d’aller progressivement.
Est-ce-que à l’étape actuelle, il n’est pas nécessaire ou utile que le gouvernement rencontre cette catégorie d’agent pour échanger avec eux et leur expliquer réellement de quoi il est question ?
A ce niveau, je ne ferai pas d’analyse. Je me joins à vous, pour lancer l’appel. Les Ame se sont organisées pour que leurs préoccupations soient remontées par les responsables syndicaux. Si vous pensez qu’il est nécessaire que les ministres sectoriels concernés descendent pour les rencontrer, je ne trouve pas d’objection à cela. Donc, Je suggère que le gouvernement rencontre et discute avec les Ame de vive voix.
Prisca Ahouassou










