L’épilepsie est un trouble neurologique caractérisé par des crises récurrentes dues à une activité électrique anormale dans le cerveau. Au Bénin, comme ailleurs, elle reste entourée de préjugés et de méconnaissance, alors qu’elle concerne environ 8 personnes sur 1 000, selon le programme national de lutte contre les maladies non transmissibles.
Beaucoup de personnes épileptiques hésitent à parler de leur condition, par peur du regard des autres. Certaines vivent des années sans se confier, même à leurs collègues ou proches. Pourtant, les crises peuvent survenir à tout moment, entraînant pertes de conscience, hallucinations ou gestes involontaires. Depuis plusieurs années, des efforts sont déployés pour améliorer la prise en charge. La Ligue béninoise contre l’épilepsie, présidée par Constant Adrien, mène des campagnes de sensibilisation afin de démystifier la maladie et de lutter contre les idées fausses. Elle collabore avec les professionnels de santé pour renforcer le diagnostic et l’accompagnement des patients. Francis Dossou, directeur général de la médecine hospitalière, rappelle que les réformes dans le secteur de la santé visent à élargir l’accès aux soins, notamment grâce à l’assurance maladie universelle. L’épilepsie peut avoir des origines génétiques, traumatiques (coup à la tête), infectieuses (méningite), ou encore être liée à un accident vasculaire cérébral. Dans de nombreux cas, les causes restent inconnues. Selon l’expert en neurosciences Herman Dègla, les crises peuvent se manifester par : des pertes de conscience, un regard fixé dans le vide, des clignements répétés des yeux puis des gestes involontaires comme froisser un livre en pleine lecture. Chez les enfants, des convulsions fébriles liées à la fièvre peuvent apparaître, mais elles disparaissent généralement vers 5 ou 6 ans.
Diagnostic et prise en charge
Un électroencéphalogramme (EEG) permet de détecter les flux nerveux anormaux. Contrairement aux croyances, l’épilepsie n’est ni contagieuse, ni liée à une possession démoniaque. Elle résulte d’un dérèglement de l’activité neuronale. Le diagnostic repose sur la répétition des crises : une seule convulsion ne suffit pas à conclure à l’épilepsie, il en faut au moins deux. Pour rappel, la Journée internationale de l’épilepsie est célébrée chaque année le deuxième lundi du mois de février. L’édition de cette année eu lieu le 9 février sous le thème retenu cette année est : « Épilepsie, tous concernés, agissons ensemble ». Cette journée, instaurée au début des années 2010 par des associations de patients et des organisations médicales internationales, vise à sensibiliser le grand public et les professionnels de santé à une maladie neurologique encore trop méconnue, qui touche environ 50 millions de personnes dans le monde. L’objectif aussi est d’encourager le dépistage précoce et rappeler que 95 % des malades au Bénin reçoivent un traitement. L’épilepsie touche particulièrement les enfants, les adolescents et les personnes âgées. Elle peut être contrôlée grâce à un suivi médical adapté. La sensibilisation reste essentielle pour briser les tabous et garantir une meilleure qualité de vie aux personnes concernées.
Zéphirin Toasségnitché











