Le militant panafricaniste Kemi Seba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, vient de subir un revers majeur dans sa carrière politique et militante. Le gouvernement nigérien a annoncé, dans un communiqué officiel, une série de mesures radicales à son encontre : retrait immédiat de son passeport diplomatique, cessation de ses fonctions de conseiller spécial auprès du général Abdourahamane Tiani, et déclaration de persona non grata sur le territoire nigérien.
Cette décision marque une rupture spectaculaire entre Niamey et l’activiste panafricaniste, jusque-là proche du pouvoir militaire. Les autorités nigériennes justifient leur choix par des « agissements contraires aux intérêts fondamentaux du Niger, à l’ordre public et aux principes de coopération et de confiance ».

En clair, Kemi Seba n’est plus considéré comme un partenaire fiable. Cette annonce intervient au lendemain de son arrestation en Afrique du Sud, le 15 avril, alors qu’il voyageait avec son fils. Placés en détention à Pretoria, ils doivent comparaître le 20 avril devant la justice sud-africaine, qui décidera de leur éventuelle extradition vers le Bénin.

Dans son pays d’origine, Kemi Seba est recherché pour apologie de coup d’État, en lien avec la mutinerie du 7 décembre 2025. Le militant, qui s’était imposé comme une figure du panafricanisme radical et un soutien affiché des régimes militaires de la sous-région, voit son influence sérieusement écornée. Son exclusion du Niger, alliée à ses déboires judiciaires, fragilise son image et pose la question de l’avenir de son mouvement Urgences Panafricanistes. Au-delà du cas individuel, cette affaire illustre les tensions entre activisme panafricaniste et réalités politiques des régimes militaires en Afrique de l’Ouest. Le Niger, en se désolidarisant de Kemi Seba, envoie un signal fort : la coopération avec les figures militantes reste conditionnée au respect de l’ordre public et des intérêts nationaux.
Pascal Toffodji










