Au-delà des notes et des coefficients, les matières à option du Certificat d’études primaires (Cep) traduisent une vision nouvelle de l’éducation au Bénin, celle qui valorise toutes les formes d’intelligence et ouvre la voie à des vocations multiples. Pour le psychopédagogue Jean-Claude Hounmènou, elles incarnent une école plus inclusive et plus proche de la vie réelle.
Longtemps critiquée pour son caractère trop théorique, l’école béninoise s’engage désormais dans une approche plus pratique et plus humaine. Selon Jean-Claude Hounmènou, enseignant à l’université et psychopédagogue, l’introduction des matières à option dans le Cep est une avancée majeure. « On a toujours reproché à l’école de n’apprendre que des choses sans utilité pratique. Depuis l’adoption de l’approche par compétence, cette situation a changé », explique-t-il. Couture, grimper, saut en hauteur… Ces matières ne sont pas de simples épreuves complémentaires. Elles permettent aux enfants de découvrir leurs aptitudes et de développer des talents souvent ignorés par les disciplines classiques. « En les initiant à de telles activités, des vocations peuvent naître. Parmi eux, nous aurons demain de grands couturiers, de grands modélistes ou des athlètes reconnus », souligne le psychopédagogue. Jean-Claude Hounmènou rappelle que le sport et les métiers manuels sont aujourd’hui des voies de réussite à part entière. « Certains pays sont connus dans le monde grâce aux prouesses de leurs athlètes, comme le Kenya ou l’Éthiopie. Le sport nourrit son homme », insiste-t-il. Pour lui, ces matières à option contribuent à une éducation équilibrée, où la réussite ne se mesure pas seulement aux coefficients, mais aussi à la passion et à la stratégie. En intégrant ces disciplines au Cep, le système éducatif béninois affirme sa volonté de reconnaître la diversité des talents. La couture, le sport ou les arts deviennent des espaces d’expression et de confiance pour les élèves. « La réussite n’est pas qu’une affaire de notes, c’est aussi une question de passion et de stratégie », conclut Jean-Claude Hounmènou.
C.Z











