Le Cameroun vient de franchir une étape institutionnelle majeure. Réunis en Congrès le samedi 4 avril 2026, députés et sénateurs ont adopté à une écrasante majorité la révision constitutionnelle créant le poste de Vice-président de la République. Une réforme présentée comme un outil de stabilité et de continuité, mais qui suscite de vives critiques dans les rangs de l’opposition.
En moins de trente minutes, 200 parlementaires sur 222 votants ont validé le texte, contre seulement 18 voix défavorables et 4 bulletins nuls. Le Cameroun se dote ainsi d’un « numéro deux » de l’État, appelé à jouer un rôle central dans la succession présidentielle. Pour les opposants, cette réforme n’est rien d’autre qu’un verrouillage du système. La députée Ngo Issi parle d’une « clôture de l’espace démocratique », tandis que Jean Michel Nintcheu met en garde contre une « dérive institutionnelle » et appelle ses collègues à résister à la discipline partisane. Selon eux, le poste de vice-président risque de renforcer la concentration du pouvoir exécutif et de réduire davantage les marges de la démocratie. À l’inverse, les partisans du texte insistent sur sa conformité aux normes constitutionnelles et aux engagements internationaux. Le député Roger Nkodo Ndang affirme que la réforme est « conforme à la Constitution et aux conventions de l’Union africaine ». Le ministre de la Justice, Laurent Esso, parle d’une « portée historique », tout en laissant entendre que des ajustements pourraient être envisagés pour préciser les prérogatives du futur vice-président. Au-delà du vote, c’est l’avenir politique du Cameroun qui se dessine. La création du poste de vice-président apparaît comme une réponse aux interrogations sur la succession du président Paul Biya, au pouvoir depuis plus de quatre décennies. Mais elle ouvre aussi un débat brûlant sur l’équilibre des institutions et la place de l’opposition dans le jeu démocratique.
P.T











