Le bras de fer interne au parti Les Démocrates continue de faire des vagues. Ce mardi 14 avril 2026, le tribunal de Cotonou a tenu la deuxième audience dans le litige opposant deux camps du parti autour de la désignation de son président, avant de décider d’un renvoi au 16 avril.
Dès l’ouverture des débats, les avocats des deux parties ont croisé le fer sur des questions de procédure. Maître Cyrille Djikui, représentant les plaignants proches du camp Éric Houndété, a obtenu la jonction de deux dossiers similaires, malgré l’opposition de la défense menée par Maître Rodrigue Davakan. Ce dernier a ensuite sollicité un renvoi pour examiner de nouvelles pièces versées au dossier, une requête vivement contestée par la partie adverse, qui juge ces documents « non pertinents ». Après des échanges houleux entre les avocats, le juge a tranché : l’affaire est renvoyée à 48 heures, fixant la prochaine audience au jeudi 16 avril. Aucun débat sur le fond n’a encore été engagé. Les deux figures du parti, Éric Houndété et Nourénou Atchadé, étaient présentes à l’audience, entourées de plusieurs responsables politiques et militants venus témoigner de leur soutien. Au cœur du différend, François Comlan, proche du camp Houndété, conteste la régularité du processus ayant conduit à la désignation d’Atchadé à la tête du parti, invoquant un non-respect des textes internes. Cette affaire, qui expose au grand jour les fractures internes du principal parti d’opposition, suscite de vives réactions dans le paysage politique béninois. Les observateurs y voient un test de maturité démocratique pour une formation appelée à jouer un rôle clé dans la vie politique nationale. Le tribunal de Cotonou devra trancher sur la validité du processus électif et la légitimité de la présidence de Nourénou Atchadé. En attendant, les deux camps affûtent leurs arguments, dans une bataille judiciaire qui pourrait redéfinir l’avenir du parti Les Démocrates.
Pascal Toffodji











