Théodule Nouatchi analyse l’évolution du parlement et sa collaboration avec le gouvernement
Quelques jours après l’ouverture de la première session ordinaire de la 10e législature et l’investiture de son président, Joseph Fifamè Djogbénou, l’émission reçoit Théodule Nouatchi, professeur de droit à l’Université d’Abomey-Calavi. Il revient sur les grandes mutations enregistrées au sein de l’Assemblée nationale du Bénin et sur les passerelles de collaboration entre le Parlement et l’exécutif.
Journaliste : Théodule Nouatchi, bonjour.
Théodule Nouatchi : Bonjour, cher journaliste.
Pour commencer, rappelez-nous le contexte de la création du Parlement béninois.
Le Parlement a vu le jour dans les années 60. Mais le renouveau démocratique s’est véritablement installé après la conférence nationale de février 1990. Nous avons d’abord connu le Haut-commissariat pour la République, dirigé par Mgr Isidore de Souza, qui jouait à la fois le rôle d’Assemblée nationale et de Conseil constitutionnel. En avril 1991, après 17 ans de révolution et de parti unique, le Bénin a tourné la page pour installer un Parlement pluraliste de 64 députés, chiffre qui a évolué jusqu’à 109 aujourd’hui.
Comment apprécier l’évolution du Parlement au fil des législatures ?
Le tout premier Parlement était d’un très haut niveau intellectuel. Ensuite, de la deuxième à la huitième législature, nous avons connu 83 députés. Cette période a été marquée par des épisodes comme l’invalidation du siège de Justin Todan. Plusieurs présidents se sont succédé : Adrien Houngbédji, Bruno Amoussou, Idji Kolawolé, Mathurin Nago, Louis Vlavonou, et aujourd’hui Joseph Djogbénou.
Qu’en est-il de la collaboration entre le Parlement et la présidence de la République ?
La Constitution de 1990, modifiée en 2019 et en décembre dernier, a prévu plusieurs passerelles. Le président de la République promulgue les lois votées par le Parlement, ce qui leur donne force exécutoire. La désignation des membres de certaines institutions, comme la Cour constitutionnelle, se fait conjointement : quatre choisis par l’Assemblée, trois par le président. Le gouvernement est aussi tenu de répondre aux questions écrites ou orales des députés. Bien sûr, quelques crises ont existé, mais elles n’ont jamais empêché la démocratie de fonctionner.
Merci beaucoup, professeur Nouatchi, pour cet éclairage.
Je vous en prie. Merci pour l’honneur et la confiance.











