Dans la Commune de Bopa, département du Mono, les actes de vandalisme ciblant les compteurs d’eau n’épargnent plus les établissements scolaires. Une école primaire de la localité en est récemment victime.
Depuis quelques jours, les élèves de cet établissement, situé dans l’arrondissement de Bopa, sont confrontés à une grave pénurie d’eau. La situation résulte d’un cambriolage perpétré par des individus non identifiés. Profitant des congés de Pâques, ils se sont introduits dans l’enceinte de l’école et ont emporté le compteur d’eau, démontrant une certaine connaissance des installations. Le vol, survenu plusieurs jours plus tôt, n’a été découvert qu’à la reprise des cours, le jeudi 16 avril 2026. Depuis, les apprenants subissent les désagréments liés au manque d’eau, une difficulté qu’ils pensaient pourtant révolue. Selon nos sources, les responsables de l’école ont saisi le commissariat central de l’arrondissement de Bopa afin qu’une enquête soit ouverte. Ce cambriolage intervient dans un contexte particulier. Le fondateur de l’établissement a récemment annoncé son intention de délocaliser l’école vers une autre ville du Bénin à la prochaine rentrée scolaire.
Pascal Toffodji
Bénin : Amnesty International alerte sur une année 2025 sous haute tension
Le rapport 2026 d’Amnesty International dresse un constat sévère : au Bénin, l’année 2025 a été marquée par une pression accrue sur les droits humains. Liberté d’expression bridée, manifestations réprimées, journalistes poursuivis, insécurité au nord et crise humanitaire persistante : autant de signaux d’alerte sur l’état des libertés fondamentales.
Présenté à Cotonou le 21 avril par Dieudonné Dagbéto, directeur exécutif d’Amnesty International Bénin, le document souligne une tendance inquiétante : « Les droits à la liberté d’expression […] ont cette année encore fait l’objet de restrictions », a-t-il déclaré.
Médias et voix critiques sous surveillance
Suspensions de journaux, arrestations de journalistes, poursuites judiciaires : la presse a payé un lourd tribut. Le Patriote, Bénin Web TV, La Boussole ou encore L’Événement précis ont été ciblés. Plusieurs journalistes, dont Julien Kandé Kansou et Comlan Hugues Sossoukpè, ont été arrêtés et inculpés pour des chefs allant de « fausses nouvelles » à « apologie du terrorisme ». Amnesty pointe l’usage récurrent du Code du numérique pour museler les voix critiques.
Liberté de réunion entravée
Les manifestations du parti d’opposition Les Démocrates ont été interdites ou dispersées, parfois violemment. L’organisation dénonce une restriction persistante du droit de manifester, dans un climat politique tendu.
Nord du pays : insécurité et drame humanitaire
La situation sécuritaire s’est aggravée. Les attaques de groupes armés ont coûté la vie à au moins 82 soldats en 2025. Conséquence : plus de 27 000 personnes déplacées, soit une hausse de 118 % par rapport à 2024, vivant dans des conditions précaires, privées d’accès à l’eau, à la santé et au logement.
Migrants et réfugiés : protection insuffisante
Le Comité des Nations unies pour les travailleurs migrants a relevé des lacunes dans la législation béninoise. Le HCR estime à plus de 30 000 le nombre de réfugiés et demandeurs d’asile, majoritairement des femmes, confrontés à des services essentiels insuffisants.
Détention et expulsions forcées
La surpopulation carcérale et le recours massif à la détention provisoire, notamment dans le cadre antiterroriste, figurent parmi les préoccupations majeures. Amnesty cite aussi les expulsions forcées, comme à Fiyégnon 1 à Cotonou, où plus de 3 000 personnes attendent toujours une indemnisation.
Un signal d’alarme pour 2026
Entre restrictions des libertés, violences armées et fragilités sociales, Amnesty International décrit un pays sous tension, où les droits humains restent fragiles. Le rapport appelle à des réformes urgentes pour garantir la liberté d’expression, protéger les populations vulnérables et renforcer l’État de droit.
La Rédaction











