L’Agence nationale d’identification des personnes (Anip) dresse le bilan de ses activités pour l’année 2025. À travers des données publiées sur ses canaux numériques, l’institution fait état d’une forte production de documents d’état civil et d’identité sur l’ensemble du territoire. D’après les chiffres communiqués, 10,5 millions de documents ont été émis au cours de l’année. L’Anip indique par ailleurs qu’environ quatre millions de citoyens ont bénéficié de ses différents services d’identification durant cette période. Le numérique occupe une place centrale dans cette dynamique. L’agence souligne que 75 % des démarches s’effectuent en ligne ou à distance. Cette proportion illustre une évolution marquée vers la dématérialisation des procédures administratives liées à l’identité. L’activité de vérification d’identité connaît également une forte intensité. L’Anip enregistre 25 millions d’opérations d’eKYC en 2025. À cela s’ajoutent 3,8 millions d’authentifications réalisées avec l’appui des opérateurs de téléphonie mobile, selon les données publiées. Pour accompagner les usagers, l’agence met en avant ses dispositifs d’assistance. Un numéro vert, le 7054, reste accessible pour les appels gratuits. Les demandes peuvent aussi transiter par courrier électronique via l’adresse dédiée au service client. Ces canaux visent à orienter les citoyens et à répondre aux préoccupations liées aux prestations d’identification. C.Z
Lancement du guide du journaliste en période électorale par l’Odem : Un outil pour renforcer l’éthique médiatique au Bénin.
L’Observatoire de la déontologie et de l’éthique dans les médias (Odem) a officiellement présenté, le samedi 24 janvier 2026, son Guide du journaliste en période électorale, lors d’une cérémonie à Cotonou. Cette initiative vise à outiller les professionnels des médias face aux défis démocratiques, sécuritaires et numériques qui marquent le contexte électoral béninois. Financé par l’Union européenne avec l’appui technique de la Fondation Hirondelle, ce guide se positionne comme une ressource incontournable pour les journalistes et les organes de presse. Il promeut une information rigoureuse, respectueuse des règles déontologiques, et capables de contrer les risques de désinformation. Il s’agit donc d’un référentiel pour un journalisme crédible et responsable. Procédant à l’ouverture de la cérémonie Ulrich Vital Ahotondji, président de l’Odem, a rappelé que « Le journalisme est un métier d’impact, qui exige intégrité et responsabilité, surtout en période électorale. Ce guide incarne notre engagement pour une information véridique, au service de la cohésion sociale.» Ce document est organisé en trois piliers à savoir les fondamentaux du journalisme qui rappellent les bonnes pratiques (vérification des sources, impartialité) ; la sécurité des reporters, les mesures à prendre pour couvrir les élections dans un environnement parfois volatile et responsabilité numérique qui implique la gestion des réseaux sociaux et lutte contre la désinformation. Ghislaine Gnimassou, représentante de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac), a salué un outil qui « fixe des repères clairs pour un traitement équitable de l’information, favorisant un dialogue apaisé entre médias et politiques ». Appolinaire Gbaguidi, porte-parole du ministère du numérique et de la digitalisation, a quant à lui insisté sur : « L’urgence de maîtriser la véracité de l’information en ligne, où la crédibilité des médias reste un rempart contre l’instabilité. » Élaboré avec l’Assemblée spéciale des unions professionnelles des médias du Bénin, ce guide s’ancre dans les réalités locales. L’Odem réaffirme ainsi son rôle dans la promotion d’un journalisme éthique, essentiel à la vitalité démocratique. Ce lancement intervient à un moment stratégique, alors que le Bénin se prépare à des scrutins majeurs. Le guide pourrait devenir un modèle pour d’autres pays africains. Prisca Ahouassou
Nouveaux visages, nouvelles règles : Stanislas Hounkanrin passe au crible les scénarios possibles.
Le dimanche 11 janvier dernier, les Béninois étaient aux urnes pour désigner les membres des 77 conseils communaux. En attendant la proclamation des résultats par la Commission électorale nationale autonome (Céna), Stanislas Hounkanrin, expert en gouvernance locale et décentralisation a dans un entretien, décrypté le code électoral en faisant ressortir les délais de désignation du maire et le rôle des partis politiques dans la nouvelle architecture des Mairies. Prime News Monde : Stanislas Hounkanrin, bonjour. Stanislas Hounkanrin : Bonjour, monsieur le journaliste. Quel est le nouveau mode de désignation des maires après les élections communales du 11 janvier 2026 ? La loi prévoit que dans les 15 jours qui suivent la proclamation des résultats, que les conseils communaux soient installés et que les maires et ses adjoints soient désignés. C’est le parti qui réunit la majorité absolue des conseillers communaux qui désigne le maire. Un conseil communal qui compte quinze conseillers communaux, si un parti arrive à réunir huit conseillers communaux, c’est lui qui va désigner le maire. Dans le cas où aucun parti politique en lice n’arrive à mobiliser la majorité absolue, c’est-à-dire la moitié plus un des conseillers communaux au niveau de la Commune, dans ce cas, la loi autorise un accord de gouvernance entre plusieurs partis politiques, entre au moins deux partis politiques, pour constituer cette majorité absolue et pouvoir désigner le maire. Mais dans un autre cas, il n’y a pas accord de gouvernance, c’est-à-dire que les partis ne se sont pas entendus pour constituer la majorité absolue, la loi demande qu’un vote soit organisé et que le maire et les adjoints aux maires soient désignés au cours d’un scrutin uninominal secret. Si le conseil communal n’est pas installé dans les délais, quelles pourraient être les conséquences juridiques ? La loi autorise les conseillers communaux élus, à partir des deux tiers de l’effectif, saisissent la Cour suprême et à son tour, elle procède à l’installation du conseil communal. Dans quel délai la désignation du maire et ses adjoints doit être rendue publique? La loi est suffisamment claire. Il y a un premier délai qui court de la proclamation des résultats jusqu’au 15e jour pour que, disons sous convocation de la préfecture, que le conseil communal soit installé, que l’élection du maire et des conseillers communaux suivent. Quel est le rôle des partis politiques dans le nouveau mode de désignation de l’exécutif communal ? Le rôle des partis politiques est prépondérant dans ce processus et c’est une bonne chose parce que lorsqu’on observe bien la mandature qui est en train de s’achever, c’est-à-dire 2020-2026, on n’a pas constaté de destitution, quasiment pas de destitution du maire. Parce que lorsque les problèmes surviennent, le maire essaie de gérer cela au sein de sa majorité, mais si cela le dépasse, c’est porté au niveau du parti politique. Le parti a l’obligation de résoudre le problème parce que s’il ne le fait pas, c’est que le législateur n’a pas de bonne raison de soutenir que désormais ce sont les partis politiques qui animent la vie politique partout, à tous les échelons territoriaux. Donc, à l’échelle communale, le parti politique doit s’assurer que le conseil communal fonctionne très bien et qu’il y a une certaine stabilité politique. Tous les problèmes qui surviennent sont résolus avec sérénité. Et je voudrais dire que les observateurs de la vie politique qui pensent que la démocratie actuelle prévue par le code électoral est une démocratie partielle. C’est une démocratie partielle, ce n’est pas vrai du tout. Ils soutiennent que le citoyen ne va pas jusqu’au bout dans la désignation de son représentant. Le citoyen l’a déjà fait. Et ce vote a permis de dégager une majorité de conseillers appartenant à tel parti politique. C’est déjà ça. Et il appartient maintenant au courant politique pour sa cohésion, pour sa stabilité, pour son influence, de dire voici la personne qui sera maire. Cette personne fait partie des conseillers élus. Si cette personne n’a pas de représentativité, elle ne serait pas élu conseiller communal. La démocratie locale va jusqu’au bout. Et le seul changement, c’est désormais le parti politique qui choisit. Les raisons sont simples. Garantir la stabilité politique au sein du conseil communal. Stanislas Hounkanrin, merci beaucoup. Merci beaucoup. Propos recueillis par Pascal Toffodji
Insécurité dans le département du Borgou : Un commerçant et son épouse grièvement blessés dans un braquage.
Un braquage a eu lieu, au petit matin du samedi 24 janvier 2026, impliquant un couple de commerçants à N’Dali, dans le département du Borgou. Les faits se sont produits vers 2 heures du matin dans le village de Bio Sika, arrondissement de Bori. Le commerçant, connu comme acheteur de soja, et son épouse ont été sérieusement blessés et pris en charge en soins intensifs depuis plusieurs heures. Selon nos recoupements, tout commence la veille. La victime reçoit un appel d’un homme présentant comme un client, affirmant disposer de 80 sacs de soja à vendre. II s’informe de la disponibilité de liquidités avant toute livraison. Le commerçant accepte la transaction. Le vendeur annoncé ne se présentera jamais. À l’aube, la maison du couple est plutôt prise d’assaut par un groupe de malfaiteurs. Le braquage tourne à la violence. Les assaillants s’en prennent au commerçant et à son épouse, s’emparent de l’argent conservé sur place et repartent avec la moto de la victime. Des coups de feu auraient été tirés pour éloigner toute tentative d’aide. Pascal Toffodji
Coupe d’Afrique des Nations 2025 : Le gouvernement fait son point de la participation des Guépards.
Éliminés en huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des Nations (Can) 2025 par l’Égypte, les Guépards du Bénin quittent le tournoi avec des motifs de satisfaction, selon le gouvernement. Wilfried Léandre Houngbédji, porte-parole du gouvernement, a indiqué que le Bénin affiche désormais des ambitions plus élevées pour les prochaines échéances. Après deux éditions manquées, le Bénin a réussi son retour sur la scène continentale en se qualifiant pour la Coupe d’Afrique des Nations (Can 2025) organisée au Maroc. Le parcours des Guépards s’est toutefois arrêté en huitièmes de finale, à l’issue d’une défaite face à l’Égypte (3-1), au terme d’un match disputé. Mais face à ces résultats plutôt jugés insatisfaisants par les populations, que retient réellement le gouvernement ? Dans son compte rendu du Conseil des ministres du mercredi 21 janvier 2026, le porte-parole du gouvernement, a livré une analyse sans complaisance de la prestation béninoise. Rappelant que l’équipe nationale du Bénin, à l’époque connue sous l’appellation Les Ecureuils du Bénin, avait atteint les quarts de finale lors de l’édition 2019, Wilfried Léandre Houngbédji a reconnu que l’objectif minimum était de rééditer cet exploit, voire de faire mieux. Selon lui, l’élimination s’explique en grande partie par la qualité de l’adversaire. “Nous avions en face de nous un adversaire plus coriace, beaucoup plus expérimenté, supérieur sur le papier comme sur le terrain”, a-t-il déclaré, tout en soulignant l’imprévisibilité du football. Le porte-parole du gouvernement a néanmoins salué la résistance des Guépards, capables de pousser la rencontre en prolongation après une égalisation tardive qui a ravivé l’espoir dans les rangs des supporters. Prochainement, ce qui va enthousiasmer le peuple béninois, ce sera de voir notre équipe aller en demi-finale ou en finale, et pourquoi ne pas ramener le trophée. Cette performance, a-t-il ajouté, a rappelé à de nombreux Béninois les souvenirs du parcours historique de 2019. “On ne fait plus de la figuration”, a martelé Wilfried Léandre Houngbédji, a-t-il par ailleurs précisé, rappelant ainsi que l’ambition affichée est désormais d’installer durablement les Guépards parmi les nations compétitives du continent, avec pour objectif à moyen terme une demi-finale, une finale, voire un sacre continental. Inutile de rappeler que les Guépards du Bénin ont disputé la Can 2025 dans la poule D avec le Sénégal, la Rdc et le Botswana. En phase de groupes, ils ont enregistré une victoire contre le Botswana et deux défaites face à la Rdc et au Sénégal, totalisant ainsi trois points. Qualifiés pour les huitièmes de finale parmi les meilleurs troisièmes, ils ont été éliminés par l’Égypte. C.Z
Education et communication en France : Les réseaux sociaux bientôt inaccessibles aux moins de 15 ans.
Le gouvernement français a enclenché la procédure accélérée sur une proposition de loi visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. À l’initiative du président Emmanuel Macron, l’exécutif souhaite une adoption rapide du texte afin d’en permettre l’application dès la rentrée scolaire 2026. La proposition de loi sera examinée à partir du lundi 26 janvier à l’Assemblée nationale. Profondément remaniée en commission, elle a été réécrite pour répondre aux critiques du Conseil d’État et se conformer au droit européen, notamment au règlement sur les services numériques (DSA). Cette adaptation vise à éviter les blocages juridiques qui avaient empêché l’entrée en vigueur d’une loi similaire adoptée en 2023. Au-delà des réseaux sociaux, le texte prévoit également l’extension de l’interdiction des téléphones portables dans les établissements scolaires, y compris au lycée. Le gouvernement entend ainsi renforcer la protection des élèves face aux usages excessifs du numérique et améliorer le climat scolaire. Portée par le groupe Renaissance, la proposition bénéficie d’un soutien transpartisan, notamment du Rassemblement national, d’Horizons et des Républicains. Malgré l’absence de majorité claire à l’Assemblée nationale, cet appui élargi augmente les chances d’adoption du texte. Le débat reste toutefois vif. La France insoumise a annoncé le dépôt d’une motion de rejet, dénonçant une approche jugée « paternaliste ». Entre protection de l’enfance, libertés individuelles et exigences juridiques européennes, la réforme relance un débat de fond sur la place du numérique dans la vie des jeunes. C.Z
Accident de circulation à Parakou : L’écolier succombe à ses blessures au Chud Borgou.
L’École primaire publique de Kpassagambou, à Parakou, est plongée dans une profonde consternation. L’écolier en classe de CP, grièvement blessé dans un accident de la circulation, est décédé dans la matinée du vendredi 23 janvier 2026, au Centre hospitalier universitaire départemental (Chud) du Borgou, après plusieurs jours de lutte pour sa survie. L’accident s’est produit dans l’après-midi du mardi, aux abords de la ville de Parakou, alors que l’enfant rentrait à son domicile. Il a été violemment percuté par un véhicule en pleine circulation, lui occasionnant de graves blessures. Selon les témoignages recueillis auprès du secrétaire du bureau de l’Association des parents d’élèves (Ape) de l’établissement, la gravité des traumatismes subis a malheureusement eu raison de la jeune victime. Le décès a été confirmé par Guillaume Tohkoua, Secrétaire général du bureau de l’Ape, ainsi que par Jule Wakoude, habitant de la localité. Face à ce drame, les responsables de l’Ape et plusieurs riverains lancent un appel aux autorités compétentes afin que des mesures sécuritaires urgentes soient prises pour prévenir de tels accidents et renforcer la protection des élèves aux abords des établissements scolaires. C.Z
Relation diplomatique entre le Sénégal et le Maroc : Ousmane Sonko attendu à Rabat pour apaiser les tensions post-Can.
Ousmane Sonko entame à partir de ce jour lundi 26 janvier 2026, une visite officielle au Maroc. Ce voyage effectué une semaine seulement après la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (Can) 2025 remportée par le Sénégal face au pays hôte, est une occasion pour le Premier ministre d’apaiser les tensions nées de la finale qui a opposé les Lions de la Teranga aux Lions de l’Atlas. Le Sénégal et le Maroc se tournent vers la diplomatie après la finale électrique de la Can 2025. Une semaine après le sacre des Lions de la Teranga, le Premier ministre sénégalais se rend à Rabat pour échanger avec les autorités marocaines. Selon une source du ministère sénégalais des Affaires étrangères citée par Seneweb, la visite d’Ousmane Sonko s’inscrit dans le cadre des travaux de la 15ᵉ Session de la Grande Commission mixte de coopération sénégalo-marocaine, programmés sur deux jours à Rabat. Un forum économique maroco-sénégalais figure également à l’agenda, d’après l’Agence officielle marocaine Map. Les autorités des deux pays entendent ainsi renforcer une coopération ancienne qui couvre des secteurs clés comme le tourisme, l’énergie, les infrastructures, les transports ou encore la formation. L’arrivée ainsi annoncée du chef de la primature sénégalaise intervient juste après la finale de la Can 2025, disputée le 18 janvier à Rabat et remportée 1-0 par le Sénégal après prolongation, a été émaillée d’incidents sur et autour de la pelouse. Les jours suivants, les échanges entre supporters sénégalais et marocains sont restés tendus, notamment sur les réseaux sociaux. 18 supporteurs sénégalais encore en détention provisoire à Rabat Dix-huit supporters sénégalais sont actuellement placés en détention provisoire au Maroc, poursuivis pour des faits qualifiés de « hooliganisme ». Leur procès, ouvert jeudi devant un tribunal de Rabat, a été renvoyé au 29 janvier. Face à cette situation, le roi Mohammed VI a exprimé ses regrets quant aux « fâcheux incidents et très déplorables agissements » ayant accompagné la finale, tout en appelant à l’apaisement. Selon un communiqué du cabinet royal, « une fois la passion retombée, la fraternité interafricaine reprendra naturellement le dessus ». De son côté, Ousmane Sonko a également plaidé pour la désescalade. Sur les réseaux sociaux, le chef du gouvernement sénégalais a estimé que cet épisode ne devait « en aucun cas dépasser le cadre sportif ». De grandes activités inscrites à l’agenda de Sonko La présente visite officielle du Premier ministre sénégalais au Maroc sera ponctué par de nombreuses activités lit-on dans le communiqué du ministère des Affaires étrangères. Selon le communiqué, Ousmane Sonko va tenir une rencontre avec la communauté sénégalaise, dans le but de consolider l’unité, la cohésion et l’engagement citoyen autour des valeurs de paix, de fraternité, de respect mutuel et de coopération exemplaire qui caractérisent les relations entre le Sénégal et le Maroc. C.Z
Interprétation des signes géomantiques : Gbé-mèdji, entre bonheur et malheur.
Contrairement aux idées reçues, même parmi les initiés, le signe Djogbé ou Gbé-mèdji ne symbolise pas uniquement le bonheur. Dans certaines circonstances, il peut aussi annoncer des épreuves. Symplice Amagbégnon, grand prêtre de Fâ à Bohicon, éclaire cette dualité pour mieux guider les adeptes et les profanes. Une personne marquée par ce signe présente souvent une morphologie évolutive: svelte dans sa jeunesse, elle peut devenir obèse avec l’âge, une transformation parfois liée au respect des interdits du Fâ. Ces individus jouissent généralement d’une aisance matérielle et de multiples opportunités. Cependant, le Fâ met en garde : ces ouvertures peuvent aussi être sources de risques. Pour conjurer le mauvais sort et renforcer les « orifices du bonheur », des sacrifices propitiatoires sont recommandés, réalisés par un Babalao (devin). Les interdits à observer Pour préserver leur équilibre, les Gbé-mèdji doivent éviter : la consommation de viandes sacrées (Tititgouéti, éléphant, chien, léopard, coq) ; le vin de palme (Atan) et tout alcool ; le contact avec l’eau de mer (bains ou lavages), sous peine d’être emportés par les vagues ; l’anxiété, symbolisée par le chant « Jôxon mon non sin so é, ado dé wè non ya wéa » : « Quelle que soit la force du vent, il ne peut briser la forteresse de rochers. » Le Fâvi (adepte) doit ainsi cultiver une sérénité inébranlable. Des cérémonies dédiées aux divinités associées (Dan, Mamiwata, Tolègba, les Hoxo/Jumeaux, Sakpata, etc.) sont essentielles pour maintenir leur protection. Interprétations contextuelles Symplice Amagbégnon illustre la dualité de Gbé-mèdji à travers trois exemples. Cas d’une grossesse. Si ce signe apparaît lors d’une consultation pour une femme enceinte, il annonce un danger. Le message incantatoire « E non kè xô sô d’agbétawoyonu an… » (« On ne bâtit pas une charpente sur la mer ») prévient d’un risque de mortalité maternelle ou infantile. Des sacrifices préventifs sont impératifs pour sauver la mère et l’enfant. S’il s’agit d’un mariage, Gbé-mèdji promet des jours heureux pour un futur couple, mais aussi des tensions conjugales liées à une lutte de dominance. Des rituels apaisent les esprits conflictuels et consolident l’harmonie. S’agissant de la création d’une entreprise, Gbé-mèji signale des signes prometteurs aux débuts, mais des forces extérieures (concurrents malveillants, blocages) peuvent menacer sa pérennité. Des offrandes des trois gourdes sont effectuées pour fermer les « portes de la négativité ». En conclusion, Gbé-mèdji est un signe puissant à apprivoiser. Il est globalement bénéfique, mais sa puissance requiert vigilance et respect des rites. Comme le rappelle Symplice Amagbégnon : « Le Fâ est une science accessible, ni diablerie ni simple culte. Nos ancêtres y puisaient leur paix. Que ceux qui y croient s’y reconnectent.» Zéphirin Toasségnitché
Vente illicite de faux médicaments dans les Collines : Une sage-femme et deux aides-soignantes aux mains de la justice.
La vente illicite des médicaments a frappé au cœur d’un centre de santé public. À Toui Gare, dans la Commune de Ouèssè, une sage-femme responsable du centre et deux aides-soignantes ont été déposées en prison parle procureur pour vente illicite et trafic de faux médicaments. Selon des sources proches du ministère de la santé, le schéma était simple et répété. Les agents mis en cause proposaient aux patients des médicaments de qualité inférieure à la place de ceux disponibles au centre, pourtant achetés sur financement communautaire. Des produits payés par la collectivité, détournés au détriment des usagers. Pire, même en cas d’indisponibilité officielle d’un médicament, les patients repartaient avec un produit présenté comme conforme. En réalité, il s’agissait de versions contrefaites, vendues à des usagers souvent sans moyens de vérifier ce qu’on leur remettait. La vente illicite des médicaments prenait alors la forme d’un acte routinier, dissimulé derrière la blouse blanche. Alertées, les autorités sanitaires ont engagé des investigations ciblées. Les enquêtes ont permis d’identifier la sage-femme et ses deux collaboratrices comme les principales actrices de ce circuit parallèle au sein même du centre de santé. Interpellées, placées en garde à vue, elles ont d’abord été présentées au procureur de la République près le tribunal d’Abomey. Le dossier a ensuite été transféré au procureur spécial de la Criet, qui a ordonné leur placement sous mandat de dépôt. Le procès est annoncé pour le mois de février. Au-delà des personnes poursuivies, cette affaire rappelle une réalité brutale, la vente illicite des médicaments n’est pas cantonnée aux marchés informels. Elle peut aussi s’installer là où la confiance des patients est censée être totale. Et quand elle s’y installe, ce sont des vies ordinaires qui paient le prix fort. P.T