Le Ghana vient d’annoncer une mesure phare qui fera date dans l’histoire de l’intégration africaine. À compter du 25 mai 2026, tous les détenteurs de passeports africains pourront entrer librement sur le territoire ghanéen, sans visa préalable. Une décision qui fait écho à celle du Bénin, pionnier discret de cette dynamique continentale.
Le choix du 25 mai n’est pas anodin. Il correspond à la Journée de l’Afrique, célébrant la fondation de l’Organisation de l’unité africaine en 1963. L’annonce a été faite par le président John Dramani Mahama lors de la visite d’État de son homologue zimbabwéen Emmerson Mnangagwa, confirmée par le Ministre des affaires étrangères, Sam Okudzeto Ablakwa. Cette réforme concrétise une initiative annoncée en janvier 2025 par l’ancien président Nana Akufo-Addo, restée en suspens faute de mise en œuvre. L’administration Mahama lui donne désormais un calendrier officiel et l’accompagne d’un dispositif moderne. Un système de visa électronique destiné à fluidifier les procédures d’entrée tout en maintenant les contrôles aux frontières sera installé à cet effet. Les détails pratiques, la durée de séjour, les documents exigés seront précisés prochainement. Avec cette décision, le Ghana devient le cinquième pays africain à supprimer totalement les visas pour les ressortissants du continent. Le Bénin avait ouvert la voie en autorisant l’entrée avec une simple carte d’identité biométrique. Le Rwanda, la Gambie et les Seychelles appliquent déjà une politique similaire. Cependant, cette configuration reste minoritaire. Sur 54 États membres de l’Union africaine, seuls cinq auront adopté une telle mesure à partir du 25 mai. Le Ghana, de son côté, a également négocié 23 accords bilatéraux de suppression de visa depuis 2025, renforçant la mobilité internationale de ses citoyens. Au-delà de la simplification administrative, cette réforme incarne une volonté politique forte : faciliter la libre circulation des Africains sur leur propre continent. Elle s’inscrit dans une dynamique de rapprochement et de coopération régionale, tout en posant le Ghana comme acteur majeur de l’intégration africaine.
C.Z










