À Kandi, plus précisément à l’hôtel Saka-Kina, l’Ong Filles en Actions a réuni plus d’une cinquantaine de jeunes femmes et hommes pour une académie démocratique et civique sur la paix et la cohésion sociale, organisée dans le cadre du projet SAWARA. Cette initiative citoyenne intervient dans un contexte marqué par la montée de la désinformation, des tensions électorales et des fragilités sécuritaires, particulièrement dans le nord du pays.

Pendant trois jours, les participants ont été formés à l’analyse des conflits, à la gestion non violente des tensions communautaires, à la lutte contre les discours de haine et à l’éducation aux médias. L’approche pédagogique reposait sur des méthodes participatives telles que les jeux de rôle, les simulations et études de cas. La paix n’a pas été abordée comme un concept abstrait, mais comme une compétence concrète à exercer au quotidien.

La jeunesse, souvent exposée à la désinformation, a appris à vérifier les informations, déconstruire les rumeurs et promouvoir une parole responsable. Ces jeunes deviennent désormais des relais essentiels dans la lutte contre les fakes news, notamment en période électorale et post-électorale. L’académie a également mis en lumière le rôle central des femmes dans la médiation sociale. Trop souvent invisibilisées dans les mécanismes formels de décision, elles sont pourtant les premières à apaiser les tensions au sein des familles et des communautés.

À travers des partages d’expériences et des rencontres inspirantes, les participantes ont renforcé leur leadership et se sont affirmées comme médiatrices capables d’intervenir stratégiquement dans la prévention des conflits. Cette expérience a révélé les défis structurels qui freinent la paix durable au Bénin, mais aussi les leviers possibles : institutionnaliser le rôle des femmes dans la médiation, intégrer l’éducation à la paix dans les curricula scolaires et mettre en réseau les acteurs locaux.

Le message est clair : avec près de 60 % de jeunes et plus de la moitié de femmes dans la population, ignorer leur rôle revient à se priver de la majorité des ressources humaines du pays. Les inclure réellement et structurellement, c’est bâtir une démocratie qui reflète enfin sa population. À Kandi, cinquante jeunes femmes et hommes ont choisi d’être des bâtisseurs de paix. Leur engagement mérite d’être soutenu et institutionnalisé. La paix durable au Bénin ne se fera pas sans elles, ni sans eux : elle se construira avec leur énergie, leur leadership et leur vision.
Pascal Toffodji











