Le stress peut compromettre la montée du lait chez les nourrices. C’est l’avertissement du colonel Romuald Aïtchéhou Bothon, pédiatre des armées, plus connu sous le nom de Dr Choco. Selon lui, les pressions familiales et les bouleversements post-accouchement perturbent l’action de l’ocytocine, hormone clé dans l’éjection du lait maternel.
Si les campagnes de sensibilisation insistent sur les bienfaits de l’allaitement maternel, elles abordent rarement les facteurs qui favorisent ou entravent la montée laiteuse. Or, explique Dr Choco, « beaucoup de stress, pas de montée laiteuse. Pas de montée laiteuse, pas d’allaitement ». L’ocytocine, surnommée « hormone du bonheur », est indispensable à l’éjection du lait. Elle est stimulée par des signaux positifs tels que les moments de tendresse, les gestes de générosité ou encore les instants de joie. Mais après l’accouchement, la chute brutale des hormones de grossesse fragilise la stabilité émotionnelle de la mère. La moindre pression accentue le stress et détourne l’action de l’ocytocine vers une priorité : la survie et l’apaisement de la mère, au détriment de la montée laiteuse. Le pédiatre souligne que la jeune mère est souvent traversée par de nombreuses interrogations : « Elle se demande si elle sera à la hauteur et espère le soutien de son mari. Mais dans certaines familles, le mari la stresse, tandis que tantes et belles-mères se découvrent des talents de conseillères improvisées », regrette-t-il.
Conseils pour réduire le stress
Pour favoriser une bonne montée laiteuse, Dr Choco recommande aux femmes de se mettre dans les meilleures conditions possibles : dormir suffisamment, manger sainement, pratiquer la marche, rester en contact avec les proches, partager ses préoccupations et ses sentiments. Selon le guide de l’Oms sur la gestion du stress, « nous gérons mieux le stress lorsque nous sommes entourés par des amis, des membres de la famille, la communauté ainsi que par des groupes de soutien en santé mentale ». Le médecin plaide pour que davantage d’attention soit portée au phénomène du stress, qu’il considère comme le principal facteur bloquant la montée laiteuse après l’accouchement. « Stress zéro si vous voulez avoir une bonne montée laiteuse », insiste-t-il.
C.Z











