Dans le cadre de la deuxième édition de la campagne nationale « Tolérance zéro au travail des enfants », votre journal à faire un toure sur un chantier de construction à Parakou, au quartier Arafat pour s’imprégner de la situation du travail des enfants dans ce domaine d’activité. Lancée par le gouvernement béninois, cette initiative, portée par le ministère du travail et de la fonction publique et le ministère des affaires sociales et de la microfinance, avec l’appui de l’Unicef, vise à éradiquer le travail des enfants dans les secteurs à forte prévalence : mines et carrières, agriculture, marchés, chantiers de construction et activités de rue.
A la descente de notre équipe de reportage, l’on a fait le constat de ce que les ouvriers présents sur le chantier étaient tous majeurs, conformément au code du travail et au code de l’enfant au Bénin. Edoh Affissou,chef maçon, explique : « Chez moi, la tranche d’âge ici est de 14 ans. Si les parents veulent que l’enfant commence l’apprentissage, à partir de 14 ou 15 ans, il peut. Mais avant, c’est impossible, notre travail est trop difficile. » confie-t-il. Il rappelle que l’apprentissage en maçonnerie dure en moyenne cinq ans, mais peut être réduit à quatre pour les plus habiles. Parmi les apprentis, Dominique Houédénou, 16 ans, raconte son parcours : « J’avais 15 ans avant de commencer. J’ai échoué à l’examen du Cm2 et mon père m’a orienté vers la maçonnerie. J’ai accepté et aujourd’hui je suis fier d’apprendre ce métier. » Son témoignage illustre la réalité de nombreux jeunes qui, faute de réussite scolaire, se tournent vers l’apprentissage. Pour les autorités, la place des enfants reste avant tout à l’école. La campagne « Tolérance zéro » entend sensibiliser les communautés, encadrer les pratiques d’apprentissage et sanctionner les dérives. L’objectif est clair : protéger les enfants contre l’exploitation et leur garantir un avenir fondé sur l’éducation et la formation qualifiante.
C.Z











