L’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution historique qualifiant la traite transatlantique et l’esclavage des Africains de « plus grave crime contre l’humanité ». Porté par le Ghana et soutenu par plusieurs pays africains, dont la Côte d’Ivoire et le Togo, le texte a recueilli 123 voix favorables, 3 contre et 52 abstentions. Le Bénin, co-sponsor du projet, n’a cependant pas pris part au vote, une absence qui a suscité des interrogations.
Face à la presse, le chef de la diplomatie béninoise, Shegun Adjadi Bakari, a expliqué que l’absence de la délégation béninoise était due à un dysfonctionnement administratif. Il a précisé que le représentant permanent du Bénin à l’Onu n’avait pas pu participer au vote, mais que le pays avait immédiatement notifié au Secrétariat général son intention de voter en faveur de la résolution. Le ministre a rappelé que le Bénin avait co-sponsorisé le texte et participé activement à sa rédaction aux côtés du Ghana et d’autres États africains. Il a souligné que, depuis dix ans, le pays a placé la mémoire de l’esclavage au cœur de ses politiques publiques, en investissant dans la préservation du patrimoine lié à la traite et en adoptant des lois favorisant le retour des Afro-descendants. Parmi ces initiatives figure la plateforme numérique « My Afro Origins », lancée en juillet 2025, qui permet aux Afro-descendants d’obtenir une reconnaissance de nationalité béninoise. Plusieurs cérémonies officielles ont déjà eu lieu, dont celle du 27 décembre 2025 et une autre en mars 2026, avec une dizaine de bénéficiaires. Shegun Bakari a exprimé la satisfaction du gouvernement béninois face à l’adoption de cette résolution, qu’il qualifie de « décision historique pour la communauté noire ». Pour lui, cette reconnaissance internationale contribue à renforcer la mémoire collective et à rappeler la nécessité de ne jamais oublier ce crime qui a marqué des siècles d’histoire.
C.Z











