L’expression SAWARA, évoque dans huit langues du nord du Bénin (Dendi, Bariba, etc.), la cohésion sociale, le fait de « cheminer ensemble ». Il incarne l’ambition du projet SAWARA porté par le consortium Brut Médias Afrique – CFI medias – Fondation Hirondelle – ONG Filles en Actions – Institut pour la Gouvernance Démocratique (IGD)] et financé par l’Union Européenne. Celle de créer des espaces de dialogue apaisés et de participation citoyenne.

La Place de l’Indépendance de Djougou s’est muée en véritable agora citoyenne. Plus de 320 personnes, composées d’autorités locales, des leaders communautaires et des jeunes, ont pris part à un théâtre-forum communautaire organisé dans le cadre du projet SAWARA. Dans un contexte marqué par la circulation rapide de rumeurs, notamment en période électorale, la pièce jouée par des comédiens locaux a montré comment une simple information non vérifiée peut déstabiliser une communauté.

D’un climat de paix, la scène bascule vers la méfiance et le conflit, révélant les conséquences néfastes des fausses nouvelles sur la cohésion sociale. Le théâtre-forum ne s’est pas limité à une représentation. Les spectateurs ont été invités à interrompre la pièce, remplacer les personnages et proposer des alternatives. De ces échanges ont émergé des solutions concrètes telles que : promouvoir la vérification des informations, renforcer les mécanismes de dialogue communautaire, encourager la médiation par des leaders crédibles et sensibiliser sur les risques liés à la désinformation. L’expérience a montré que les femmes et les jeunes ne sont pas de simples bénéficiaires, mais des acteurs essentiels de la paix. Leur implication active, leurs prises de parole courageuses et leurs propositions ont confirmé leur rôle stratégique dans la prévention des conflits et la promotion du vivre-ensemble.
Prises de conscience et engagements citoyens

Les témoignages recueillis ont révélé une forte identification aux réalités mises en scène : propagation de notes vocales sur WhatsApp, rumeurs en période de crise, fausses informations liées au Covid.

Le Chef d’arrondissement a rappelé que « toute personne qui reçoit une information a le devoir de la vérifier avant de la diffuser », insistant sur la responsabilité individuelle dans la gestion de l’information. Ce théâtre-forum a démontré la puissance de l’art comme vecteur de sensibilisation et de changement social. En créant un espace sécurisé et participatif, il a permis aux citoyens de réfléchir collectivement, de dialoguer et de s’engager pour la paix. À Djougou, l’expérience du théâtre-forum a prouvé qu’une place publique peut devenir une école du vivre-ensemble.

En donnant la parole aux communautés, en valorisant leurs expériences et en encourageant leur engagement, le projet SAWARA bâtit pas à pas une société solidaire, consciente des dangers de la désinformation et résolument tournée vers la paix.
C.Z











