L’arrestation de l’activiste panafricaniste Kemi Seba en Afrique du Sud, le 13 avril 2026, ouvre un nouveau chapitre dans le bras de fer entre l’État béninois et celui qui se présente comme un défenseur des peuples africains. À Cotonou, le gouvernement n’a pas tardé à réagir, affichant sa détermination à obtenir l’extradition de l’intéressé pour qu’il réponde devant la justice nationale.
Lors du point de presse consécutif au Conseil des ministres du 22 avril, le porte-parole Wilfried Léandre Houngbédji a livré une réaction lourde de sens : « Le ciel lui-même a fait nos palabres », a-t-il lancé, avant de rappeler que les procédures judiciaires sont en cours pour rapatrier l’activiste. Le gouvernement accuse Kemi Seba, de son vrai nom Robert Gilles Stellio Capo Chichi, d’avoir multiplié les « affabulations graves » contre le Bénin, mettant en cause sa sécurité et sa stabilité. Deux mandats d’arrêt pèsent déjà sur lui : l’un pour blanchiment de capitaux (juin 2025), l’autre pour apologie de crime et incitation à la haine (décembre 2025). Le procureur spécial de la Criet, Mario Mètonou, a confirmé que les autorités sud-africaines ont été saisies d’une demande d’arrestation provisoire, suivie d’une requête formelle d’extradition. L’objectif est clair : permettre à Kemi Seba de « venir faire la preuve de toutes ces nombreuses allégations » devant la justice béninoise. En Afrique du Sud, la police a indiqué que l’activiste est également recherché en France et au Bénin pour des crimes contre l’État. Placé sous mandat de dépôt avec ses coaccusés, il attend désormais la suite des procédures judiciaires. Au-delà du cas individuel, cette arrestation illustre la volonté du Bénin de défendre son image et sa souveraineté face aux discours jugés déstabilisateurs. Le message est sans ambiguïté : nul n’est au-dessus de la loi, et les institutions entendent faire respecter l’ordre républicain.
C.Z











