À Accra, la piste des 24ᵉ Championnats d’Afrique d’athlétisme a été le théâtre d’une scène poignante, le vendredi 15 mai 2026. Noélie Yarigo, l’une des plus grandes figures du demi-fond béninois, a vu son rêve s’effondrer à quelques mètres de la gloire. En pleine finale du 800 mètres, la native de Matéri s’est écroulée, victime d’une contracture à l’ischio gauche.
Tout était prêt : la préparation, la concentration, la rage de vaincre. Mais le corps a dit stop. « Un rêve brisé », a-t-elle écrit, avec une dignité qui force le respect. Yarigo, surnommée « le Guépard de la Pendjari », portait les espoirs d’un pays tout entier. Son abandon, à moins de 600 mètres de l’arrivée, a laissé un silence lourd dans le stade, celui des rêves suspendus. Cette blessure vient interrompre une trajectoire exemplaire, celle d’une athlète qui a toujours incarné la résilience et la fierté béninoise. Pourtant, dans la douleur, Noélie n’a pas oublié l’essentiel : le collectif. Elle a adressé ses encouragements à la délégation béninoise, encore en compétition, preuve que l’esprit d’équipe reste plus fort que la défaite. Et pendant que Yarigo soigne ses blessures, Odile Ahouanwanou prend le relais pour sauver l’honneur du Bénin. Triple championne d’Afrique en heptathlon, elle s’est hissée parmi les meilleures dès les premières épreuves, confirmant que la flamme béninoise ne s’éteint jamais. Avec 15 athlètes dont huit femmes, le Bénin continue de se battre à Accra. Mais ce jour-là, au-delà des médailles, c’est une leçon de courage que Noélie Yarigo a offerte : celle d’une femme qui tombe, mais ne renonce jamais.
P.T









