Le ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, Janvier Yahouédéou, a adressé le 9 juin 2026 un message radio au préfet du département du Zou pour fixer au mercredi 10 juin 2026 la cérémonie de passation de charges entre le préfet entrant Laurent Dhossou Zomaï et le préfet sortant. La cérémonie, prévue de 10 heures à 11 heures à la préfecture d’Abomey, se tiendra sous la présidence du ministre, en présence du secrétaire général du ministère et du directeur des collectivités territoriales.
Ce message du ministre intervient après un premier report survenu le vendredi 5 juin 2026, date initialement prévue pour l’installation du nouveau préfet. Ce jour-là, alors que les agents de la préfecture d’Abomey s’étaient mobilisés pour accueillir le nouveau responsable, la cérémonie avait été annulée à la dernière minute. Ni Laurent Dhossou Zomaï ni le préfet sortant Valère Daniel Sètonnougbo n’avaient effectué le déplacement. Aucune raison officielle n’avait été avancée pour justifier ce report. Le report du 5 juin coïncidait avec une procédure judiciaire en cours impliquant Laurent Dhossou Zomaï. L’intéressé avait introduit un recours devant la Cour suprême contre une décision de l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp) du 16 avril 2026 qui l’excluait de la commande publique pendant cinq ans et son établissement Zom-Espace pendant deux ans. Le 5 juin, la Cour suprême lui avait accordé le sursis à l’exécution de cette décision. Le lundi 8 juin, elle a statué au fond et annulé la sanction de l’Armp, au motif que l’autorité de régulation n’avait pas respecté le délai légal de sept jours imposé lors d’une auto-saisine en matière de marchés publics, selon le quotidien. C’est le lendemain de cet arrêt, soit le 9 juin, que le ministre Yahouédéou a transmis le message radio fixant la nouvelle date de passation. La cérémonie d’installation de Laurent Dhossou Zomaï à la tête de la préfecture du Zou est donc attendue ce mercredi 10 juin 2026 à Abomey.
Les raisons du blanchiment de Laurent Zomaï par la Cour suprême
La Cour suprême du Bénin a annulé ce lundi 8 juin 2026 la décision de l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp) qui excluait Laurent Dhossou Zomaï de la commande publique pendant cinq ans et son établissement Zom-Espace pendant deux ans. La haute juridiction a statué au fond sur le recours introduit par l’opérateur économique contre la décision n°2026-039/ARMP/Cr/Cd/Crd/Sp/Dra/Sa du 16 avril 2026. L’Armp avait reproché à Laurent Dhossou Zomaï d’avoir présenté une autorisation de fabricant non authentique dans le cadre d’une procédure de demande de renseignement et de prix portant sur l’acquisition de matériels et mobiliers de bureau au profit du ministère de la Justice et de la Législation en 2025. La Cour suprême a écarté cette sanction au motif que l’ARMP n’avait pas respecté le délai légal de sept jours qui lui est imposé lorsqu’elle décide de s’autosaisir d’une procédure en matière de marchés publics. Ce vice de forme a suffi à fonder l’annulation. Laurent Dhossou Zomaï était représenté par Me Aziz Onifadé, l’Armp par Me Paul Avlessi. Les débats ont été brefs, la procédure devant la Cour suprême étant essentiellement écrite. Dès le vendredi 5 juin, la Cour avait accordé à l’opérateur le sursis à l’exécution de la décision querellée dans l’attente de l’examen au fond, qui a été vidé trois jours plus tard.
L’heure de la prise de fonction a sonné
Cet arrêt intervient dans un contexte particulier pour Laurent Dhossou Zomaï. Nommé préfet du Zou par décret en Conseil des ministres le 3 juin 2026, il devait prendre ses fonctions le vendredi 5 juin à Abomey. La cérémonie de passation avait été annulée à la dernière minute, sans explication officielle, alors que les agents de la préfecture s’étaient mobilisés pour l’accueillir. Ni le nouveau préfet ni son prédécesseur, Valère Daniel Sètonnougbo, n’avaient effectué le déplacement. L’annulation de la sanction de l’Armp par la Cour suprême lève désormais l’obstacle juridique qui pesait sur sa prise de fonction. La date de la cérémonie de passation de service à la préfecture du Zou n’avait pas encore été fixée à l’heure de la publication de cet article.
C.Z










