Le Bénin vient de franchir une étape décisive dans sa lutte contre le terrorisme. Le vendredi 19 juin 2026, le Centre de perfectionnement aux actions post-conflictuelles de déminage et de dépollution (Cpadd) a accueilli le lancement officiel du projet Pronord-Cpadd, un dispositif inédit consacré à la lutte contre les engins explosifs improvisés (Eei).
Financé par l’Union Européenne, ce projet forme des spécialistes et renforce les capacités des forces de sécurité face à la menace terroriste dans le nord du pays. Le Lieutenant-Colonel Djimon Sahgui, directeur du Cpadd, a détaillé les priorités du projet. Selon ses explications, il ambitionne de former 90 spécialistes en lutte contre les Eei, répartis en trois promotions, de sensibiliser plus de 3 000 personnels dans 55 casernes des Forces de défense et de sécurité et de développer une expertise avancée grâce à la formation Weapon Technical Intelligence (Wti), en partenariat avec Hpss au Kenya. Cette dernière composante permettra d’analyser et de reconstituer les engins utilisés par les groupes terroristes, afin d’anticiper leurs modes opératoires. Le Colonel Yves Gastine, représentant l’Union Européenne, a rappelé que la violence terroriste s’étend du Sahel vers les frontières du Bénin, du Ghana, du Togo et de la Côte d’Ivoire. Les Eei sont devenus l’arme privilégiée des groupes armés, avec des conséquences dramatiques pour les civils.Le Général de Brigade Abdul Backi Sanni Bachabi, représentant le Chef d’État-Major Général, a souligné que ce projet vient compléter les efforts déjà déployés, notamment dans le cadre de l’opération Mirador. Il a assuré que les bénéficiaires : Forces Armées, Police Républicaine, Douanes et Eaux et Forêts, seront sélectionnés avec rigueur. D’un coût global de 585 millions de Francs Cfa, le projet Pronord-Cpadd doit doter les forces béninoises de compétences techniques et tactiques accrues pour sécuriser durablement les zones exposées. Le Pronord-Cpadd n’est pas seulement un projet de formation. C’est une réponse stratégique à une menace grandissante, un outil pour protéger les militaires et les populations, et un pas de plus vers la résilience sécuritaire du Bénin.
C.Z









