Au lendemain du putsch manqué au Bénin, le principal parti d’opposition, « Les Démocrates » a fait, mercredi 10 décembre 2025, à Cotonou, une mise en garde contre toute exploitation politique de la situation, tout en réitérant son attachement à la démocratie et aux élections inclusives.
Après la déclaration de son président, Boni Yayi, le parti « Les Démocrates » a effectué une sortie nouvelle médiatique pour s’adresser à la Nation. Dans une déclaration lue par son Secrétaire national à la communication, Guy Dossou Mitokpè, la formation politique, a rappelé les motivations de sa création en 2020, se présentant comme un rempart contre toute dérive autoritaire. « Le parti « Les Démocrates » est né pour que jamais la démocratie ne meurt dans notre pays », a souligné Guy Mitokpè, insistant sur la nécessité que « les populations puissent toujours avoir la possibilité de choisir leurs dirigeants de façon démocratique ». Le parti revendique également la défense des acquis de la Conférence nationale de 1990, évoquant une naissance « dans la douleur afin que les acquis […] puissent demeurer éternels ». Au sujet de la tentative de putsch, la formation politique adopte un ton sans équivoque. « Notre condamnation de cette ignoble tentative de coup d’État […] est ferme, sans ambages et irrévocable », a indiqué le Secrétaire national à la communication. Tout en saluant la réaction des forces de défense et de sécurité, il a relevé que « les militaires ont leur place dans les casernes». La principale formation politique de l’opposition a réitéré son attachement à la démocratie et aux élections comme voie d’accès au pouvoir. Le parti assure qu’il viendra à bout du régime de Patrice Talon. Et ce, « de façon démocratique et à la régulière ».
« Rien ne change dans notre agenda »
Le gouvernement écarte toute hypothèse de modification de quelque agent que ce soit. Interrogé sur la question, le porte-parole Léandre Houngbédji a affirmé que les échéances institutionnelles restent inchangées. « Nous ne modifions aucun de nos agendas, officiels et institutionnels. Notre pays doit continuer à vivre, continuer à inspirer la confiance qu’il inspire au monde entier et aux investisseurs étrangers », a-t-il rassuré. Depuis dimanche, la possibilité d’un report avait circulé dans les milieux politiques et au sein de plusieurs organisations de la société civile. Les attaques simultanées contre des responsables militaires et l’assaut contre la résidence présidentielle avaient ravivé les inquiétudes quant à une suspension du processus électoral. Le gouvernement s’en tient toutefois au chronogramme établi. Le double scrutin législatif et communal reste prévu pour le 11 janvier 2026. Trois mois plus tard, le premier tour de l’élection présidentielle doit se tenir le 12 avril 2026, avec un éventuel second tour fixé au 10 mai.
Pascal Toffodji











