Le Bénin enregistre une chute spectaculaire dans le classement mondial 2026 de la liberté de la presse publié le jeudi 30 avril par Reporters sans frontières (Rsf). Le pays perd 21 rangs, passant de la 92ᵉ position en 2025 à la 113ᵉ place cette année.
Avec 47,39 points sur 100, contre 54,60 l’an dernier, le Bénin voit sa situation se dégrader sensiblement. RSF estime que « la liberté de ton des journalistes a fortement diminué » malgré un paysage médiatique jugé diversifié. L’organisation pointe l’absence de grandes entreprises de presse viables et un environnement de plus en plus contraignant pour les professionnels des médias. Selon Rsf, la détention de journalistes constitue l’un des principaux facteurs de ce recul. Le rapport cite notamment le cas de Hugues Comlan Sossoukpè, fondateur du média en ligne Olofofo, dont l’arrestation et la détention continuent de susciter de vives critiques. « Les autorités vont jusqu’à traquer les journalistes critiques », déplore RSF, qui évoque également des préoccupations concernant la presse publique. La Société de radio et télévision du Bénin (Srtb) serait contrainte de relayer prioritairement la communication gouvernementale, avec un contrôle éditorial exercé en amont sur certains contenus. Dans le classement africain, le Bénin se retrouve derrière plusieurs pays du continent : Burkina Faso (110ᵉ), Guinée (111ᵉ), Nigeria (112ᵉ). Le pays reste toutefois légèrement mieux classé que les Philippines (114ᵉ), le Liban (115ᵉ) et Israël (116ᵉ). Au sommet, les pays nordiques et européens dominent toujours : Norvège (1ʳᵉ, 92,72 points), Pays-Bas (2ᵉ, 88,92 points), Estonie (3ᵉ, 88,54 points). À l’opposé, les derniers restent inchangés : Chine (178ᵉ), Corée du Nord (179ᵉ), Érythrée (180ᵉ), où plusieurs journalistes demeurent détenus. Ce recul de 21 places constitue un signal d’alertemajeur sur l’évolution de l’environnement médiatique béninois. Rsf souligne que la liberté de la presse, pilier de toute démocratie, est aujourd’hui fragilisée au Bénin, où les journalistes doivent composer avec un climat de plus en plus contraignant.
L’Unesco appelle à défendre la liberté de la presse
Le journalisme est un pilier de la paix. Accéder à une information fiable et vérifiée n’est pas un luxe, c’est une nécessité pour des sociétés justes, pacifiques et résilientes. Quand l’information est manipulée, elle fragilise la confiance et creuse les divisions. Lorsqu’elle est libre, indépendante et fondée sur les faits, elle renforce la responsabilité, ouvre le dialogue et protège les droits humains. A l’occasion de la Journée de la liberté de la presse, l’Unesco appelle à défendre la liberté d’expression et à soutenir un journalisme libre et indépendant.
C.Z











