À la veille du Tour cycliste du Bénin, coup de projecteur sur une légende vivante du vélo : Fernand Gandaho, surnommé l’homme des records. Icône du cyclisme béninois, il a marqué de son empreinte les routes d’Afrique et continue, aujourd’hui encore, à inspirer la jeune génération.
Rien ne prédestinait Fernand Gandaho à une carrière sportive. « Le vélo, c’est venu comme cela. Mon père avait acheté un vélo de course pour perdre du ventre. Il l’a garé, et moi, je l’ai pris pour aller au collège », raconte-t-il avec humour. C’est en 1985 qu’il participe à sa première course, sans préparation. Il termine parmi les derniers, mais cet échec devient le point de départ d’une aventure exceptionnelle. « Ceux qui m’ont emmené se sont moqués de moi. Alors j’ai cherché le meilleur, Jacques Kitti. Il m’a dit : viens à 4h du matin. On courait des kilomètres dans le sable. C’est comme cela que j’ai commencé à être fort. » De cette rigueur naît un palmarès impressionnant. En 1989, il participe au Tour du Faso, puis enchaîne les victoires : « En 1995, j’ai gagné trois tours : le Tour du Bénin, du Togo et de la Guinée. Au Nigeria, j’étais deuxième, au Burkina meilleur grimpeur. Tous les tours auxquels j’ai pris part, j’étais toujours parmi les trois premiers. » Son talent le mène jusqu’aux Jeux Olympiques de Barcelone en 1992, où il termine meilleur Africain et seul coureur noir à tenir aussi longtemps dans la compétition. Même à la retraite, Fernand Gandaho reste fidèle à son premier amour : le vélo. « J’aime le vélo. Partout où je passe, je parle vélo, je vis vélo. Les coureurs béninois n’arrivent pas à faire ce que nous, on avait fait, mais je ne vais jamais lâcher. » Aujourd’hui, il encadre les jeunes cyclistes et transmet son expérience. Son fils marche déjà dans ses traces : vice-champion du Bénin en catégorie junior.
Un héritage vivant
Fernand Gandaho n’est pas seulement un sportif accompli, mais un modèle de persévérance et de passion. Entre deux entraînements, il cultive ses autres passions : la danse et le cinéma. À la veille du Tour cycliste, il garde espoir : « Je veux voir les équipes béninoises briller. Ce qui est bon pour les coureurs, c’est aussi bon pour les accompagnateurs. » Fernand Gandaho, c’est l’histoire d’un homme qui a transformé un simple vélo familial en symbole de réussite nationale. Un parcours inspirant, forgé par la discipline, la passion et le goût du dépassement.
La Rédaction











