À l’occasion de la quatrième étape du Tour cycliste international du Bénin 2026, classé UCI 2.2, Prime News Monde a interrogé Philippe Lambert, commissaire français de l’Union cycliste internationale. Il revient sur la qualité de l’organisation, les performances observées et les avantages liés à ce statut rare sur le continent africain.
Prime News Monde : Quatre jours déjà de course. Comment analysez-vous cette édition 2026 du Tour du Bénin ?
Philippe Lambert : Globalement, c’est une très belle course. Je suis là aussi pour apprécier la sécurité, et je peux dire qu’elle est excellente. Dès la première étape, une échappée importante a déjà dessiné le classement général. Certes, il n’y a pas de cols au Bénin, mais le spectacle reste au rendez-vous.
Les favoris confirment-ils ?
Oui. On voit des équipes fortes comme l’île Maurice, l’équipe professionnelle Bike Aid, mais aussi les formations européennes comme Be Close Balenzo. Malgré une échappée de trois coureurs sur près de 100 km, l’arrivée s’est jouée au sprint.
Que signifie le classement UCI 2.2 ?
Il existe quatre catégories : World Tour, Pro Tour, classe 1 et classe 2. Le 2.2 permet d’ouvrir la compétition aux équipes professionnelles, nationales et de clubs. C’est un format très intéressant car il favorise la confrontation entre différents niveaux. On peut rester longtemps en 2.2, sans obligation de passer en classe 1, qui coûte plus cher et exclut les clubs.
Q : Et sur le continent africain ?
La plupart des tours nationaux sont en classe 2, comme celui du Bénin. Cela attire aussi des clubs européens, comme B-Close et U-Care, qui viennent se confronter aux coureurs africains. Et les performances sont là : rouler à 42 km/h de moyenne montre que les cyclistes africains sont bien préparés.
Votre regard sur les coureurs béninois ?
Ils ont bien préparé, mais je les trouve trop individualistes. Par exemple, chacun vient chercher son bidon. Ils devraient fonctionner comme les autres équipes, avec des porteurs d’eau. C’est un point de management à améliorer.
Et l’équipement ?
Les vélos utilisés sont de bon niveau, proches des standards européens. Bien sûr, il existe des modèles ultra performants, mais globalement, le matériel est satisfaisant.
Comment voyez-vous l’avenir du cyclisme béninois ?
Il faudra multiplier les compétitions locales, au-delà du Tour du Bénin. Des courses de 2-3 jours, comme un Grand Prix de Cotonou, permettraient d’augmenter la confrontation et donc de progresser plus vite.
Transcription Zéphirin Toasségnitché











