À Freetown, en Sierra Leone, le Parlement de la Cédéao a franchi une étape décisive. Les députés ont adopté trois mesures majeures pour renforcer la protection des enfants en situation de rue, un phénomène devenu alarmant dans toute l’Afrique de l’Ouest.
Les commissions réunies : affaires sociales, genre, droits de l’homme, commerce, paix et sécurité, ont dressé un tableau préoccupant, malgré des cadres juridiques existants, leur mise en œuvre reste insuffisante. Les services de première ligne sont sous-financés, la coordination entre acteurs est limitée et les enfants en mobilité transfrontalière échappent souvent aux dispositifs nationaux. Résultat, des milliers d’enfants livrés à eux-mêmes, exposés aux trafics, à la violence et à l’exclusion sociale.Le Parlement appelle les États membres à revoir leur approche. Les députés insistent sur la nécessité de stratégies nationales spécifiques, dotées de financements solides, axées sur l’éducation, la santé, l’identification juridique et une justice adaptée aux enfants vulnérables. Pour eux, la protection des enfants de la rue n’est plus seulement une question humanitaire. Elle est désormais un enjeu de stabilité et de sécurité pour toute la sous-région.Au terme des travaux, trois décisions fortes ont été adoptées :la mise en place de systèmes transfrontaliers de protection et d’orientation, pour assurer une continuité des soins aux enfants en mobilité ; l’élaboration de protocoles de rapatriement et de réintégration sécurisés, afin de prévenir les trafics et limiter les séparations familiales abusives et le renforcement du partage de données régionales, avec l’extension du système Ecrims pour améliorer la transparence et le suivi des actions.Dans les grandes villes ouest-africaines, des millions d’enfants issus de familles en détresse économique survivent dans la rue. Ces mesures de la Cédéao apparaissent comme une réponse attendue à un déséquilibre social criard. Mais le défi reste immense : transformer ces résolutions en actions concrètes pour garantir à chaque enfant de la sous-région un accès réel à ses droits fondamentaux.
C.Z











