Le patrimoine ne se limite pas aux musées ou aux monuments. Il se vit au quotidien, dans la nourriture, les vêtements, les danses et les traditions. À l’occasion de la Journée internationale du patrimoine, célébrée aujourd’hui, immersion à Ouidah auprès de jeunes qui réinventent l’héritage de leurs ancêtres pour le préserver face aux défis de la mondialisation.
Pour Henri Detungboto, rencontré à la bibliothèque du Ccri de Ouidah, le patrimoine se vit d’abord dans l’assiette et sur le corps : « Les Kanvo, les Atchoké, j’adore ça. » Ces étoffes et ces plats traditionnels sont autant de repères identitaires, au même titre que le couscous ou le Yèkè-Yèkè venus d’ailleurs. Au-delà du quotidien, le patrimoine béninois plonge ses racines dans le sacré et les monuments. « Le Bomiwo, j’ai appris avec mon papa », confie un jeune, conscient que ces pratiques relèvent d’un héritage africain partagé. Pour Josué Eli, juriste à Porto-Novo, les nouvelles technologies sont désormais un outil de transmission : « Les réseaux sociaux et les téléphones portables permettent à notre génération de mettre en valeur ces patrimoines, de communiquer sur leur importance et leur valeur culturelle. » Le Kanvo, tissu traditionnel, illustre cette richesse. Sa confection demande méthode, concentration et habileté. « Ce n’est pas donné à tout le monde de le faire », rappelle Josué Eli, soulignant que le patrimoine est aussi une affaire d’intelligence et de respect du travail manuel. Danses des Zangbéto, saveurs du Yèkè-Yèkè, étoffes de Kanvo : le patrimoine béninois reste un héritage vivant. Le défi est clair : l’adopter, le valoriser et le transmettre, pour qu’il ne disparaisse pas sous les vents de la mondialisation.
Pascal Toffodji











