En visite officielle d’amitié et de travail à Cotonou, le mardi 15 juillet 2025, les présidents sénégalais Bassirou Diomaye Faye et son homologue béninois, Patrice Talon, ont affiché leur volonté commune de dynamiser la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Deux institutions phares de l’intégration ouest-africaine, dans un contexte marqué par une crise de confiance envers ces organisations, exacerbée par le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la Cedeao pour former l’Alliance des Etats du sahel (Aes). Les deux dirigeants souhaitent insuffler un « nouveau souffle » à ces institutions pour les rendre plus efficaces et plus représentatives des aspirations des peuples ouest-africains. La Cedeao et l’Uemoa traversent une période de turbulences sans précédent. La Cedeao, créée en 1975 pour promouvoir l’intégration économique et politique, est confrontée à une fracture majeure avec le retrait des trois pays de l’Aes, qui dénoncent son alignement présumé sur des puissances étrangères, notamment la France, et son incapacité à répondre efficacement aux défis sécuritaires, comme le jihadisme. L’Uemoa, qui regroupe huit pays utilisant le Franc Cfa, est également critiquée pour sa dépendance monétaire vis-à-vis de l’euro et pour son manque de dynamisme face aux aspirations souverainistes des populations. Cette perte de confiance est amplifiée par des perceptions d’inefficacité institutionnelle et d’élitisme. Les populations ouest-africaines, en particulier la jeunesse, reprochent à ces organisations de privilégier les agendas des élites politiques et économiques au détriment des besoins concrets, tels que l’emploi, la sécurité alimentaire et la souveraineté économique. Dans ce contexte, l’initiative de Faye et Talon vise à repositionner ces institutions comme des outils au service des peuples, mais leur marge de manœuvre reste contrainte par des dynamiques internes et externes complexes. Les atouts de Faye et Talon dans la réforme des institutions régionales Bassirou Diomaye Faye, âgé de 44 ans et élu président du Sénégal en mars 2024, incarne une nouvelle génération de dirigeants africains. Son discours souverainiste, porté par le parti Pastef, résonne avec les aspirations d’une jeunesse en quête de rupture avec les modèles hérités de la période post-coloniale. Sa proximité idéologique avec les pays de l’Aes, notamment sur la question de la souveraineté monétaire et de la critique du Franc Cfa, lui confère une légitimité pour jouer un rôle de médiateur entre la Cedeao et les juntes sahéliennes. En juillet 2024, Faye a été désigné par la Cedeao comme médiateur pour ramener le Mali, le Burkina Faso et le Niger dans le giron de l’organisation, une mission prolongée jusqu’en juillet 2025. Son programme, axé sur la « réhabilitation des institutions » et la promotion d’un « panafricanisme de gauche », propose des réformes concrètes, telles que le renforcement de l’indépendance de la Cour de justice de la Cedeao et la révision du Protocole additionnel sur la démocratie et la bonne gouvernance. Ces propositions pourraient répondre aux critiques des pays de l’Aes, qui reprochent à la Cedeao son manque de supranationalité et son influence par des puissances extérieures. De plus, Faye bénéficie d’un capital politique fort, ayant remporté l’élection présidentielle sénégalaise dès le premier tour avec 54,28 % des voix, ce qui lui donne une légitimité populaire pour porter des réformes audacieuses. Patrice Talon, une vision pragmatique et économiquePatrice Talon, président du Bénin depuis 2016, apporte une perspective complémentaire. Connu pour son approche pragmatique et ses réformes économiques, Talon a contribué à faire du Bénin l’une des économies les plus dynamiques de l’Uemoa, avec une croissance de 8,4 % au premier trimestre 2025. Son engagement en faveur de l’intégration régionale s’appuie sur une vision économique libérale, qui pourrait séduire les partenaires internationaux tout en répondant aux besoins des acteurs économiques locaux. Talon a exprimé lors de la visite de Faye à Cotonou un désir de renforcer la coopération bilatérale entre le Bénin et le Sénégal, mais aussi de dynamiser l’Uemoa pour qu’elle réponde aux « défis de l’époque ». Sa position de chef d’Etat expérimenté, combinée à son influence au sein de l’Uemoa, lui permet de mobiliser d’autres dirigeants pour soutenir des réformes structurelles. Une convergence stratégiqueLa rencontre entre Faye et Talon à Cotonou a permis de poser les bases d’une collaboration stratégique. Les deux présidents ont convenu d’entreprendre des démarches conjointes pour insuffler une nouvelle dynamique à l’Uemoa et réformer la Cedeao, avec le soutien des autres chefs d’Etat membres. Cette convergence entre un dirigeant souverainiste (Faye) et un pragmatique (Talon) pourrait créer une dynamique complémentaire : Faye peut mobiliser les aspirations populaires et dialoguer avec les pays de l’Aes, tandis que Talon peut apporter une expertise économique et des réseaux diplomatiques au sein des institutions régionales. Les défis à relever pour une réforme efficaceMalgré ces atouts, Faye et Talon font face à des obstacles majeurs qui limitent leurs marges de manœuvre. Résistance des pays de l’Aes et divergences idéologiques. Le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la Cedeao, officialisé le 29 janvier 2025, constitue un défi central. Ces pays, réunis au sein de l’Aes, ont adopté une posture souverainiste radicale, dénonçant l’influence de puissances étrangères sur la Cedeao et l’Uemoa. Bien que Faye ait noté une «fenêtre d’ouverture » dans leurs positions lors de ses visites à Bamako et Ouagadougou en mai 2024, les dirigeants de l’Aes restent fermes sur leur volonté de construire une confédération indépendante. Convaincre ces pays de réintégrer la Cedeao nécessitera des concessions significatives, notamment sur la question de la souveraineté monétaire et de l’autonomie décisionnelle. Par rapport aux contraintes institutionnelles et financières, la Cedeao et l’Uemoa souffrent de faiblesses structurelles, notamment un manque de supranationalité et des ressources financières limitées. Bien que le traité de l’Uemoa, signé en 1994, prévoie des mécanismes de supranationalité (comme une commission indépendante et une cour des comptes autonome), leur mise en œuvre reste partielle. De plus, la dépendance de l’Uemoa au Franc Cfa, arrimé à l’euro, limite sa capacité à répondre aux aspirations souverainistes. Faye a proposé une réforme monétaire, soit par l’adoption de l’éco (monnaie commune de la Cedeao) soit
RDC : la société américaine Kobold Metals s’implante après la paix négociée par Trump
Ce jeudi, à la Cité de l’Union africaine à Kinshasa, le président de la R2publique démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi a supervisé la signature d’un accord entre le gouvernement congolais et l’américaine Kobold Metals, marquant un tournant dans l’exploration minière en RDC. Signé par le ministre des Mines, Kizito Pakabomba, et le directeur de Kobold Metals en RDC, Benjamin Katabuka, l’accord ouvre la voie à des investissements américains dans les minerais stratégiques comme le cobalt et le lithium. Cet événement intervient après l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda, signé le 27 juin 2025 sous l’égide de Donald Trump. Ce dernier aurait conditionné la pacification de l’est congolais, marqué par les tensions avec le M23, à un accès privilégié des États-Unis aux ressources minières de la RDC. Kobold Metals, soutenue par Jeff Bezos et Bill Gates, prévoit d’investir massivement, notamment dans le lithium à Manono, essentiel pour la transition énergétique. A Lire Aussi: https://www.primenewsmonde.bj/2025/07/18/evariste-ndayishimiye-nouvel-envoye-special-de-lua-pour-le-sahel/ Si cet accord diversifie les partenaires de la RDC face à la domination chinoise, il suscite des inquiétudes. Beaucoup craignent que cette « paix intéressée » ne profite qu’aux investisseurs étrangers, laissant la population congolaise à l’écart des richesses de son sous-sol. M.D
Evariste Ndayishimiye, nouvel envoyé spécial de l’UA pour le Sahel
L’Union africaine (UA) a nommé, le 18 juillet 2025, le président burundais Evariste Ndayishimiye comme envoyé spécial pour le Sahel, une région confrontée à des crises sécuritaires et humanitaires majeures. Selon un communiqué de l’UA, Ndayishimiye aura pour mission de diriger des efforts diplomatiques pour promouvoir la paix et la stabilité face aux défis complexes du Sahel, incluant le terrorisme, les conflits intercommunautaires et les impacts du changement climatique. Fort de son expérience politique et de son engagement pour le panafricanisme, Ndayishimiye est chargé de coordonner les initiatives avec les États membres, les partenaires régionaux et internationaux. Sa nomination intervient dans un contexte où le Sahel, englobant des pays comme le Mali, le Niger et le Burkina Faso, fait face à une insécurité croissante et à des déplacements massifs de populations. L’UA mise sur son leadership pour renforcer le dialogue politique et mobiliser des ressources humanitaires. Cette désignation souligne l’engagement de l’UA à jouer un rôle central dans la résolution des crises africaines. Le travail de Ndayishimiye sera crucial pour fédérer les efforts et répondre aux besoins urgents d’une région en quête de stabilité.
Assemblée nationale : le Groupe parlementaire « Les Démocrates » dresse le bilan de la première session ordinaire
À l’issue de la première session ordinaire de l’Assemblée nationale pour le compte de l’année 2025, le Groupe parlementaire « Les Démocrates » est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il considère comme un dysfonctionnement profond de l’institution parlementaire, vidée de sa substance de contre-pouvoir. Lors d’un point de presse tenue au siège du parti ce jeudi 17 juillet, les députés de l’opposition ont dressé un bilan critique de la session close le 9 juillet dernier. Dans son propos liminaire, le porte-parole du groupe a pointé du doigt l’attitude du Président de l’Assemblée nationale, Louis Vlavonou, accusé d’étouffer systématiquement les initiatives de contrôle parlementaire. Sur 68 questions orales adressées au gouvernement depuis le début de la législature, seules 11 ont été examinées en plénière. Pourtant, un mécanisme était censé consacrer les jeudis à l’interpellation de l’exécutif. Ce rendez-vous hebdomadaire n’a jamais eu lieu entre avril et juillet, dénoncent les députés de l’opposition. Selon « Les Démocrates », plus de 45 jours de la session ont été marqués par un quartier libre imposé, malgré les nombreux textes à examiner. Une attitude perçue comme du « mépris » pour le rôle institutionnel de l’Assemblée et pour les attentes du peuple béninois. A Lire Aussi:https://www.primenewsmonde.bj/2025/07/17/le-senegal-leve-364-milliards-de-fcfa-grace-a-une-emission-dobligations-reussie/ Sur les 11 projets de loi, 2 résolutions et 14 décrets de ratification adoptés, seule la loi n°2025-18 modifiant la loi organique sur la Cour constitutionnelle a suscité leur rejet unanime. Le groupe y voit une atteinte grave à l’article 3 de la Constitution, notamment en raison de la limitation du délai de saisine des citoyens et de la suppression de la rétroactivité des décisions de la Cour, privant les citoyens d’une réparation équitable en cas d’inconstitutionnalité. Le groupe parlementaire dénonce également le refus d’examiner ses propositions de loi, pourtant régulièrement inscrites à l’ordre du jour : loi sur l’embauche, amnistie, jours fériés, ou encore la loi relative à la régulation du numérique, perçue comme une entrave aux libertés d’expression. Toutes sont, selon eux, systématiquement écartées au profit des seuls textes émanant du gouvernement. Rétablir la vérité face aux accusationsContrairement aux accusations souvent relayées dans l’opinion publique, les députés « Les Démocrates » assurent ne pas être dans une logique de rejet systématique. « Nous votons les lois utiles à la République, mais nous refusons celles qui portent atteinte aux droits fondamentaux ou aux principes démocratiques », ont-ils martelé. Autre fait saillant abordé lors de cette sortie médiatique, la mise sur pied d’une commission d’enquête parlementaire pour faire la lumière sur des révélations explosives faites à Parakou par l’ex-ministre de l’Énergie, de l’Eau et des Mines. Celui-ci a dénoncé publiquement des détournements massifs de fonds dans les secteurs de l’eau et de l’électricité depuis 2016. À l’origine de cette initiative, « Les Démocrates » saluent une avancée notable mais regrettent que la majorité parlementaire ait accaparé la direction de la commission, reléguant l’opposition au second plan.Le Groupe parlementaire « Les Démocrates » a réaffirmé son engagement en faveur de l’État de droit et de la démocratie. « Nous ne trahirons pas notre mission », ont-ils déclaré, dénonçant une dérive institutionnelle où l’Assemblée nationale semble devenir un simple prolongement de l’exécutif. Parfait FOLLY
Bénin : libération du journaliste Cosme Hounsa, l’ODEM salue et appel à la réforme du Code du numérique
Le journaliste Cosme Hounsa, directeur de publication du quotidien La Boussole, a récemment été au centre d’une affaire judiciaire qui a suscité une vive attention au Bénin. Interpellé par le Centre National d’Investigations Numériques (CNIN) et mis à disposition de la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (CRIET), il lui était reproché d’avoir publié des informations jugées diffamatoires via des canaux numériques. Ces publications, liées au dossier « Adambi-Akponna » en cours devant le Tribunal de première instance d’Abomey-Calavi, auraient porté atteinte à l’honneur du ministre conseiller Rachidi Gbadamassi, plaignant dans cette affaire. Face à cette situation, l’Observatoire de la Déontologie et de l’Éthique dans les Médias (ODEM) a suivi l’affaire avec une grande vigilance. L’organisme a salué la décision des autorités judiciaires de relaxer Cosme Hounsa, en application de l’article 310 du Code de l’information et de la Communication, qui interdit la garde à vue et la détention préventive en matière de presse, sauf dans des cas graves comme la provocation au crime ou les délits contre la chose publique. Actuellement sous convocation, le journaliste bénéficie d’une mesure de clémence, mais l’ODEM plaide pour sa liberté totale. Dans un geste d’apaisement, la rédaction de La Boussole a présenté des excuses publiques au plaignant via les mêmes canaux numériques, une démarche saluée par l’ODEM pour son sens de la responsabilité. L’Observatoire a également félicité les acteurs médiatiques et les particuliers ayant joué un rôle de médiation pour protéger les journalistes dans l’exercice de leur métier. Cependant, l’ODEM pointe du doigt une problématique persistante : le Code du numérique. Ce texte, selon l’organisme, maintient une menace de privation de liberté pour les journalistes publiant en ligne, une « épée de Damoclès » qu’il juge urgent de réformer. L’Observatoire appelle ainsi à une relecture de ce code pour garantir une protection accrue de la liberté de presse au Bénin. Enfin, l’ODEM exhorte les professionnels des médias à faire preuve de plus de responsabilité et de professionnalisme afin d’éviter des situations susceptibles de nuire à la cohésion nationale. M.D
Le Sénégal lève 364 milliards de FCFA grâce à une émission d’obligations réussie
Le Sénégal a mobilisé avec succès 364 milliards de FCFA à travers une émission d’obligations réalisée entre le 19 juin et le 8 juillet 2025, dépassant largement l’objectif initial de 300 milliards de FCFA. Cette opération, sursouscrite à hauteur de 21,3 %, témoigne de la forte confiance des investisseurs dans la gestion économique du pays, selon les chiffres communiqués par le ministère des Finances. Les fonds collectés seront alloués à plusieurs priorités stratégiques : le redressement des finances publiques, la relance économique à travers des mesures ciblées et l’optimisation du service de la dette. En outre, les titres émis, éligibles au refinancement, contribueront à renforcer la liquidité du secteur bancaire sénégalais, soutenant ainsi la dynamique économique. Cette performance illustre la capacité du Sénégal à mobiliser des ressources importantes sur les marchés financiers, tout en consolidant sa crédibilité auprès des investisseurs. Cette opération marque une étape clé dans la stratégie de financement du gouvernement, visant à assurer la stabilité macroéconomique et à promouvoir une croissance inclusive. Le succès de cette émission d’obligations conforte le Sénégal dans sa trajectoire de développement économique et financier.
« Le Niger doit rompre avec le FMI qui plombe notre économie », selon la société civile
Le général Abdourahamane Tiani, à la tête du Niger, a récemment modifié la loi de finances en réduisant certaines dépenses publiques, un signal fort de volonté de souveraineté économique. Cette démarche s’inscrit dans un contexte où le pays cherche à s’affranchir de l’influence du Fonds Monétaire International (FMI), accusé par certains de freiner le développement national. Anass Djibrilla, coordinateur du Cadre de Concertation pour la Lutte Démocratique, cité par le média Sputnik Afrique, souligne l’incompatibilité entre l’élan de souveraineté du Niger et la collaboration avec des institutions comme le FMI. Selon Djibrilla, une rupture immédiate avec le FMI serait irréaliste. « On ne peut pas décréter notre départ ou notre rupture, ça ne peut pas être brusque avec ces institutions », a-t-il déclaré, prônant une approche graduelle. Cette stratégie consisterait à réduire progressivement la dépendance aux financements et aux conditionnalités du FMI, souvent critiqués pour leurs politiques d’austérité qui limitent les investissements dans les secteurs clés comme l’éducation, la santé ou l’agriculture. Le Niger, riche en ressources comme l’uranium, aspire à une meilleure gestion de ses richesses pour répondre aux besoins de sa population. Cette volonté de souveraineté économique reflète un sentiment croissant en Afrique, où plusieurs pays remettent en question les modèles imposés par les institutions financières internationales. Toutefois, une telle transition exige une planification rigoureuse pour éviter des déséquilibres économiques. Le Niger devra diversifier ses partenariats, renforcer ses capacités internes et investir dans des projets structurants. La démarche de Tiani pourrait inspirer d’autres nations africaines, mais elle soulève aussi la question de la viabilité d’une rupture progressive face aux pressions économiques mondiales. Il est clair que le Niger s’engage sur la voie d’une autonomie accrue, un défi ambitieux mais semé d’embûches.
Abomey-Calavi : pour vol de plus d’un million de francs, une élève incarcérée
Fait inédit dans la cité dortoir ! Au tribunal de première instance de deuxième classe ce jeudi 17 juillet 2025, une affaire renversante. Dans le box des accusés, une élève, âgée de 20 ans, en classe de première. Il lui est reproché le vol d’une somme d’argent en francs Cfa d’un million. Selon Bip radio qui a suivi le procès et rapporté les fait, la jeune fille, placée sous la tutelle d’un couple à Agori, une localité de la ville universitaire, a détourné une somme d’un million quarante-cinq mille francs. En effet, ayant eu accès au compte mobile money de sa tutrice, elle a transféré les fonds sur son compte personnel avant de les envoyer à d’autres personnes. Devant le tribunal, elle a avoué les faits mais a mis un bémol. Selon nos confrères, la prévenue a déclaré qu’elle aurait été constaté la disparition des fonds de son compte. Elle déclare n’avoir retrouvé que vingt mille francs sur le compte sans pouvoir expliquer ce qui s’est réellement passé. La tutrice a insisté que sa « fille » a transféré les fonds à un tiers. « Je l’ai surprise alors qu’elle s’apprêtait à transférer le reste des fonds », a déclaré sa tutrice. La prévenue, à cette étape, n’a pu nier les faits. Elle a reconnu avoir effectivement transféré une partie des sous à deux différentes personnes.Le tribunal, pour certainement rendre une décision pédagogique, a renvoyé le dossier au 18 septembre pour permettre aux parents de rembourser les fonds. Parfait FOLLY Parfait FOLLY
Ganiou Soglo dénonce l’instrumentalisation médiatique de son père, Nicéphore Soglo
Dans un communiqué de presse aux accents de révolte et de dignité filiale, Ganiou Soglo, fils de l’ancien président béninois Nicéphore Dieudonné Soglo, a dénoncé ce qu’il qualifie d’« exploitation indigne » de son père à des fins politiques et médiatiques. Alors que l’ancien chef d’État s’apprête à célébrer ses 94 ans, son fils tire la sonnette d’alarme face à la multiplication des apparitions publiques où l’on voit le patriarche faire l’éloge de l’actuel président Patrice Talon. Selon Ganiou Soglo, ces mises en scène ne reflètent plus la pleine volonté de son père. « Par loyauté ou par fatigue, il ne peut plus toujours exprimer pleinement sa volonté », se désole-t-il. Le communiqué fait état de la « sollicitation régulière » de l’ancien président par les autorités actuelles dans des conditions qui restreindraient sa liberté de parole. Deux journalistes sont particulièrement visés. Ils sont accusés de « procéder à son instrumentalisation à des fins médiatiques douteuses », ce que Ganiou Soglo n’hésite pas à qualifier d’« abus de faiblesse caractérisé ». Dans un ton ferme et solennel, l’ancien ministre et homme politique se pose en rempart contre toute récupération politique. « Je mets solennellement en garde…toute personne physique ou morale qui tenterait d’exploiter la vulnérabilité de mon père », prévient-il, ajoutant que « toute nouvelle tentative…sera considérée comme un acte malveillant avec toutes les conséquences que cela engendrera. » Ganiou Soglo rappelle également l’héritage moral laissé par ses parents. « Je ne me prêterai jamais à des pratiques qui pourraient trahir l’esprit de justice et de dignité que mes parents m’ont transmis », jure-t-il. Il exprime le souhait de voir son père, au crépuscule de sa vie, entouré de respect et de retenue, à l’image de sa défunte mère, Rosine Soglo. Un cri sincère ou un repositionnement politique ? Bien malin qui pourra répondre. Parfait FOLLY
Ganiou Soglo, l’opposant qui s’oppose pour s’opposer ou un digne fils inquiet pour son père ?
Dans une sortie médiatique aussi rare que virulente, Ganiou Soglo, ancien ministre et figure de l’opposition au régime de Patrice Talon, s’en est pris à ce qu’il considère comme une instrumentalisation de son père, l’ancien président Nicéphore Soglo, premier dirigeant démocratiquement élu du Bénin en 1991. Dans un communiqué, Ganiou Soglo dénonce la diffusion répétée, ces dernières semaines, d’images montrant son père, aujourd’hui âgé de 94 ans, faisant l’éloge des réalisations du président Talon. Une démarche qu’il qualifie de « manipulation » et d’« abus de faiblesse caractérisé », mettant en cause à la fois des journalistes et les autorités actuelles. Pour Ganiou Soglo, ces images ne reflètent pas une expression libre et consciente de son père. Selon lui, l’état de santé déclinant de l’ancien président, dû à son âge avancé, le rend vulnérable et incapable de juger pleinement de ce qui est bon ou mauvais. En affirmant que Nicéphore Soglo n’est plus en mesure de s’exprimer librement, Ganiou semble chercher à décrédibiliser les récentes prises de position de son père, notamment celles qui paraissent favorables au régime en place. Cette posture soulève des questions : l’ancien ministre tente-t-il de protéger l’héritage politique de son père, ou cherche-t-il à contrôler le narratif autour de la figure emblématique qu’il représente ? Ganiou Soglo pointe du doigt deux journalistes qui, selon lui, accompagnent régulièrement son père et orchestreraient cette « mise en scène médiatique ». Il les accuse d’exploiter la notoriété et la fragilité de l’ancien président pour servir des intérêts politiques, notamment ceux du président Patrice Talon. Ces allégations s’accompagnent de menaces explicites : Ganiou Soglo avertit que toute nouvelle tentative d’instrumentalisation de son père sera considérée comme un « acte malveillant » et entraînera des conséquences. Cette mise en garde vise non seulement les journalistes incriminés, mais aussi leurs éventuels commanditaires, ainsi que toute personne ou autorité impliquée dans de telles pratiques. Une critique implicite de l’appréciation des actions du pouvoir En filigrane, cette sortie médiatique révèle une certaine conception de l’opposition politique selon Ganiou Soglo. En tant qu’adepte de la résurrection de la Renaissance du Bénin (RB), parti historique fondé par ses parents, il semble estimer qu’un opposant ne devrait pas reconnaître publiquement les mérites du pouvoir en place. Ainsi, les éloges prêtés à Nicéphore Soglo envers les réalisations de Patrice Talon sont perçus comme une forme de trahison ou de compromission, incompatibles avec l’image d’un opposant intransigeant. Cette position pourrait refléter une volonté de préserver l’héritage de la RB, mais elle risque également de polariser davantage le débat politique. Ce genre de perception reflète plutôt une aigreur plus qu’un besoin d’avancement du pays. Cette prise de parole de Ganiou Soglo, bien que motivée par une volonté affichée de protéger son père, soulève des interrogations sur ses intentions politiques. En dénonçant une prétendue manipulation, il cherche à réaffirmer son contrôle sur l’héritage familial et politique des Soglo, tout en consolidant sa position dans l’opposition. Cependant, en menaçant directement des journalistes et en critiquant toute forme de reconnaissance des actions du pouvoir, Ganiou Soglo court vers une certaine radicalisation politique, dans un contexte politique béninois déjà tendu. L’homme ne veut rien voir d’autre que le mauvais en ce régime qui, malgré d’éventuels tares, a réalisé de grandes choses. M.D