Serge Espoir Matomba, leader du Peuple uni pour la Rénovation sociale (PURS) et candidat à la présidentielle camerounaise de 2025, a dénoncé le franc CFA comme un « vestige colonial » entravant le développement économique du pays. Dans une déclaration à Jeune Afrique, il critique ce système monétaire, lié au Trésor français, qui selon lui maintient le Cameroun dans une dépendance économique vis-à-vis de la France. Matomba, qui s’était présenté sans succès en 2018, estime que le franc CFA limite la production locale et la transformation des matières premières, rendant le pays « vulnérable aux importations ». En s’inspirant de l’Alliance des États du Sahel (AES), il prône une rupture avec cet « héritage colonial » pour affirmer la souveraineté économique du Cameroun. « Nous devons cesser d’être prisonniers de logiques étrangères », martèle-t-il, appelant à une nouvelle dynamique pour libérer le potentiel économique du pays. Ce discours s’inscrit dans un débat croissant sur l’avenir du franc CFA dans la région, alors que Matomba ambitionne de mobiliser l’électorat pour 2025.
Évaluation CPIA 2025 : le Bénin parmi les meilleurs élèves d’Afrique subsaharienne
Dans un contexte continental marqué par des défis de gouvernance et des vulnérabilités économiques, le Bénin confirme sa trajectoire ascendante. L’édition 2025 de l’Évaluation des politiques et institutions nationales (CPIA), publiée par la Banque mondiale, positionne le pays parmi les mieux notés d’Afrique subsaharienne, mettant en lumière ses efforts soutenus en matière de gouvernance, de stabilité économique et de développement social inclusif. Avec une moyenne générale de 3,9, le Bénin dépasse significativement la moyenne des pays de l’Association internationale de développement (IDA), qui s’établit à 3,1, ainsi que celle de l’Afrique de l’Ouest (3,3). Ce score place le pays au même niveau que des économies considérées comme dynamiques sur le continent, telles que le Cap-Vert, le Kenya ou la Côte d’Ivoire, et devant des poids lourds régionaux comme le Sénégal, le Ghana ou encore le Nigeria.L’un des piliers de cette performance se situe au niveau de la gestion économique, domaine dans lequel le Bénin obtient une note de 4,2. La Banque mondiale met en avant la discipline budgétaire du pays, la rationalisation de la dette, ainsi qu’une politique de mobilisation efficace des ressources internes. La solidité croissante du secteur bancaire et le développement ciblé des secteurs porteurs comme l’industrie et les services viennent renforcer la résilience économique. Inclusion sociale et transition environnementale en progrès Le rapport relève également des avancées importantes en matière d’équité et d’inclusion sociale. Avec une note de 4, le Bénin est reconnu pour ses politiques en faveur de l’égalité de genre, de la protection sociale, mais aussi pour ses efforts environnementaux. Parmi les initiatives phares se trouvent le développement de zones de conservation communautaire, la lutte contre la déforestation ou encore la plantation massive de mangroves pour protéger les côtes béninoises.Dans le domaine des réformes structurelles, la note attribuée au Bénin est de 3,8. Le pays continue de s’attaquer aux freins à l’investissement et s’emploie à renforcer l’attractivité de son environnement économique. Si des obstacles subsistent, notamment sur le plan des infrastructures ou de l’accès au financement, les signaux d’amélioration sont visibles.Quant à la gestion du secteur public, le score de 3,7 traduit une progression, tout en soulignant des marges de manœuvre à exploiter, notamment en matière de transparence, d’efficacité des services publics et de lutte contre la corruption. Un pays qui rassure ses partenaires Ces résultats permettent au Bénin d’être perçu comme un partenaire fiable, à la fois par les bailleurs de fonds et les investisseurs internationaux. Sa capacité à maintenir un cap réformateur, à respecter ses engagements et à promouvoir une gouvernance responsable renforce sa crédibilité sur la scène régionale et mondiale.La méthodologie d’évaluation de la CPIA, reconnue pour sa rigueur, couvre 20 pays d’Afrique subsaharienne membres de l’IDA et repose sur des critères objectifs mesurant la qualité des politiques publiques et des institutions. Le cas béninois illustre ainsi l’impact direct que peut avoir une gouvernance efficace sur la croissance économique et le développement humain. Des défis persistants, mais une dynamique prometteuseMalgré cette reconnaissance, la Banque mondiale invite les autorités béninoises à maintenir le rythme des réformes. Le renforcement des capacités administratives, la poursuite des efforts anti-corruption, l’amélioration de l’environnement des affaires et l’intensification des politiques sociales et écologiques restent essentiels pour consolider les acquis. À travers cette nouvelle distinction, le Bénin voit s’ouvrir des perspectives prometteuses. Il appartient désormais aux décideurs de transformer cette reconnaissance en moteur d’une croissance véritablement inclusive, au service de tous les citoyens. Parfait FOLLY
Retrait de l’AES de la CEDEAO : les fonctionnaires de ces pays vont devoir quitter leur poste d’ici septembre
Le 29 janvier 2025, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont officialisé leur retrait de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), marquant un tournant majeur dans la géopolitique ouest-africaine. Cette décision, actée après une année de tensions, a des répercussions directes sur 135 fonctionnaires originaires de ces trois pays, qui devront quitter leurs postes au sein de l’organisation sous-régionale d’ici le 30 septembre 2025. Selon la CEDEAO, ces employés, répartis dans diverses institutions comme la Commission, le Parlement et les agences spécialisées, ont reçu des lettres de fin de contrat par courriel, sans négociation préalable. Conformément aux textes réglementaires de la CEDEAO, les fonctionnaires concernés bénéficieront d’indemnités : trois mois de salaire, plus un mois supplémentaire par année d’ancienneté, avec un plafond de douze mois. Cette mesure intervient dans le contexte de la création de l’Alliance des États du Sahel (AES) par ces trois nations, qui dénoncent l’influence étrangère, notamment française, sur la CEDEAO, ainsi que son manque de soutien face aux crises sécuritaires. Le retrait, effectif après une période transitoire jusqu’au 29 juillet 2025, a été jugé « irréversible » par les dirigeants de l’AES, malgré les efforts de médiation des présidents sénégalais Bassirou Diomaye Faye et togolais Faure Gnassingbé. Ce départ fragilise l’unité régionale et soulève des questions sur la libre circulation des personnes et des biens, ainsi que sur les projets de développement financés par la CEDEAO. Alors que l’AES lance son propre passeport biométrique, la région ouest-africaine fait face à une reconfiguration géopolitique majeure, avec des enjeux cruciaux pour la stabilité et la coopération économique. M.D
Port de pêche de Cotonou : la police impose l’ordre sur fond de soupçon de prostitution juvénile et d’insécurité
Le vendredi 11 juillet 2025, les commerçants exerçant au port de pêche de Cotonou ont été sommés de quitter les lieux, une opération menée avec une forte présence de la police républicaine. Cette mesure vise à rétablir l’ordre dans cet espace stratégique, où des activités non autorisées se sont multipliées. Selon Fabrice Dossou, président de l’Union Nationale des Pêcheurs Marins, Artisans et Assimilés du Bénin (UNAPMAB), interrogé sur BIP Radio, seules les personnes légalement habilitées, à savoir les pêcheurs, les écailleuses et les vendeuses de poisson, sont autorisées à exercer des activités commerciales dans l’enceinte du port de pêche. Dossou a expliqué que des individus non autorisés se sont installés pour des activités sans lien avec la pêche, perturbant l’organisation du site et créant parfois des problèmes d’insécurité. Plus préoccupant encore, il a révélé que de jeunes adolescentes, venues initialement pour aider les commerçantes, se retrouvent sans domicile fixe et passent la nuit dans les hangars du port de pêche. Certaines se livreraient à des activités de prostitution, une situation alarmante qui a poussé les autorités à agir. La police républicaine a donc décidé de déguerpir l’ensemble des occupants pour ne réadmettre que les acteurs légitimes du secteur de la pêche. Cette opération vise à assainir le port, garantir la sécurité et préserver sa vocation initiale. Les commerçants concernés sont appelés à se conformer aux nouvelles dispositions, tandis que les autorités promettent un contrôle strict pour éviter de nouvelles dérives. Selon Dossou, certaines commerçantes normalement autorisées à travailler dans le port de pêche et qui ont vu leurs hangars détruits pendant l’opération, sont en discussion avec l’UNAPMAB et les autorités du port pour obtenir de l’aide afin de reprendre leurs activités. Cette intervention marque un tournant dans la gestion du port de pêche de Cotonou, un lieu clé pour l’économie locale, mais aussi un espace où l’ordre et la régulation doivent prévaloir.
Un cadre de l’ONG Urgences panafricaniste face à la CRIET dans une nouvelle affaire
Ce lundi 14 juillet 2025, Schadrack Watowédé Houngnibo, Coordonnateur national de l’ONG Urgences panafricanistes au Bénin, a de nouveau comparu devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Il est mis en cause dans un dossier qui l’oppose à la Société immobilière et d’aménagement urbain (SImAU), dans le cadre des expropriations de terrains à Togbin, commune d’Abomey-Calavi. D’après les éléments du dossier, l’activiste est poursuivi pour « diffusion de fausses nouvelles » et « harcèlement via un moyen électronique ». Il lui est reproché d’avoir, à travers une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, critiqué les méthodes d’expropriation menées par la SImAU. Il y dénonce un manque de transparence dans la procédure et plaide pour une indemnisation juste des populations affectées. Dans sa déclaration publique, Houngnibo exige une implication des riverains dans la définition des critères d’indemnisation. Il qualifie même les pratiques d’expropriation de « forme d’apartheid social », expression qu’il justifie en évoquant une inégalité de traitement et une mise à l’écart des couches les plus vulnérables. À la barre, l’intéressé assume ses propos, qu’il dit prononcés de « bonne foi » et dans un esprit de défense des droits des populations. Il estime que le processus d’expropriation ne respecte pas les principes d’équité sociale consacrés par la Constitution béninoise, notamment l’article 22 qui garantit la propriété.Au terme de l’audition, la Cour a décidé de renvoyer l’affaire au 13 octobre 2025 pour la suite des débats. Parfait FOLLY
Le président ghanéen plaide pour des réparations face à l’héritage de la traite esclavagiste
Lors de la 7e Réunion de coordination de mi-année de l’Union africaine, tenue à Malabo, en Guinée équatoriale, le président ghanéen John Dramani Mahama a lancé un appel vibrant pour des réparations en faveur de l’Afrique. Dans son discours, il a exhorté les nations impliquées dans la traite transatlantique des esclaves et la colonisation à reconnaître leur responsabilité historique et à contribuer à restaurer la dignité du continent africain. Mahama a souligné que la demande de justice réparatrice n’est plus un murmure, mais une exigence unifiée, ancrée dans la vérité historique et la clarté morale. « La demande de justice de l’Afrique est un engagement inébranlable envers la dignité », a-t-il déclaré, selon un communiqué publié sur sa page officielle. Il a insisté sur le lien indissociable entre les réparations, l’identité africaine et la dignité humaine, appelant la communauté internationale à collaborer avec l’Union africaine pour bâtir un monde plus équitable. Le président ghanéen a mis en lumière les blessures profondes laissées par des siècles d’exploitation, qui continuent d’affecter le développement socio-économique de l’Afrique. Il a plaidé pour une approche collective, impliquant non seulement des réparations financières, mais aussi des efforts pour renforcer l’identité africaine et promouvoir une justice globale. Cet appel s’inscrit dans un mouvement croissant sur le continent, où plusieurs dirigeants et intellectuels demandent une reconnaissance des injustices passées. Mahama a conclu en réaffirmant l’engagement de l’Afrique à œuvrer pour un monde juste, tout en invitant la communauté internationale à soutenir cette quête. Ce discours marque une étape importante dans le débat mondial sur les réparations et la responsabilité historique, renforçant la voix de l’Afrique sur la scène internationale.
Les Démocrates dénoncent l’arrestation et l’extradition de Comlan Hugues Sossoukpè
Le parti d’opposition béninois Les Démocrates a vivement réagi, ce lundi 14 juillet 2025, à l’arrestation en Côte d’Ivoire et à l’extradition vers le Bénin du journaliste et activiste Comlan Hugues Sossoukpè. Guy Dossou Mitokpè, Secrétaire national à la Communication, a qualifié cette interpellation d’« enlèvement » orchestré avec les moyens de l’État, en violation des conventions internationales sur la protection des réfugiés. Exilé au Togo et bénéficiant du statut de réfugié sous la protection du HCR, Sossoukpè a été arrêté en Côte d’Ivoire lors d’une mission professionnelle. Le parti exige des explications claires sur les circonstances de son interpellation, le mandat d’arrêt émis, les accords ayant permis son transfert et les conditions de son retour au Bénin. « Où a-t-il été arrêté ? Par qui ? Quand un mandat d’arrêt a-t-il été émis par le Bénin ? En vertu de quel accord a-t-il été remis aux autorités béninoises ? Par quel moyen de transport est-il arrivé au Bénin ? A-t-il subi des traitements inhumains ou des violences, comme cela a été évoqué dans d’autres cas ? », a interrogé l’opposant avant de soutenir qu’« il est essentiel de comprendre dans quelles conditions un réfugié reconnu, invité officiellement dans un pays tiers, a pu faire l’objet d’une telle mesure ». Les Démocrates s’inquiètent également de possibles traitements inhumains infligés à l’activiste. En réclamant sa libération immédiate, le parti alerte sur une menace contre l’espace civique à l’approche des élections de 2026, dénonçant une dérive autoritaire. « La liberté d’expression et la pluralité d’opinions sont essentielles à la démocratie », a conclu Guy Dossou Mitokpè après avoir appelé les partenaires internationaux du Bénin, dont la CEDEAO, les États-Unis, la France et l’Union européenne, à veiller au respect des droits humains et de l’État de droit.
Trump lance un ultimatum de paix de 50 jours à Poutine : « Je suis très mécontent de lui »
Donald Trump a lancé un ultimatum à la Russie : soit elle entame des négociations de paix dans les 50 prochains jours, soit elle se voit imposer des sanctions et des tarifs douaniers plus sévères. S’exprimant à la Maison Blanche lundi (14 juillet), le président américain a déclaré qu’il était « très, très mécontent » de Vladimir Poutine, ajoutant : « Je pensais que nous aurions un accord il y a deux mois, mais il ne semble pas y parvenir. » Assis avec le secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte dans le bureau ovale, Trump a annoncé que les États-Unis introduiraient des « tarifs très sévères » à 100 % s’il n’y a pas d’accord dans les 50 jours. Il a déclaré que même s’il « espère que nous n’aurons pas à le faire », il a affirmé que les États-Unis ont dépensé 350 milliards de dollars pour la guerre et « aimeraient la voir se terminer ».
Élections générales de 2026 : la Cour constitutionnelle publie son chronogramme
La Cour constitutionnelle a rendu public, ce lundi 14 juillet 2025, le calendrier des élections générales de 2026. Cette publication marque le coup d’envoi d’une année électorale déterminante, à la fois pour les institutions et les citoyens. Le chronogramme s’articule autour de trois volets. Des activités communes aux élections législatives et présidentielle, dont certaines préparations partagées. Les législatives, prévues pour le 11 janvier 2026, avec dépôt des candidatures dès septembre 2025 et une campagne allant de décembre à janvier. La présidentielle, prévue en deux tours le 12 avril et, si nécessaire, le 10 mai 2026 pour le second tour. La campagne, les dépôts de candidatures et les résultats y sont précisés. Les visites médicales obligatoires des candidats à la présidentielle auront lieu en novembre 2025, conformément à la Constitution. Pendant les campagnes, les conseillers de la Cour suivront le processus sur le terrain pour garantir l’équité et la conformité des discours. Dates clés à retenir : Législatives : 11 janvier 2026, Résultats provisoires : 16 janvier Présidentielle 1er tour : 12 avril 2026, Résultats définitifs : 21 avril 2nd tour (si besoin) : 10 mai 2026, Résultats définitifs : 20 mai
Trump promet des missiles Patriot à l’Ukraine et assure que les européens paieront la facture
Le président américain Donald Trump a annoncé, dimanche 13 juillet 2025, l’envoi de systèmes de défense aérienne Patriot à l’Ukraine pour contrer les attaques russes. « Poutine parle gentiment et bombarde tout le monde le soir », a-t-il déclaré aux journalistes à la base interarmées Andrews, près de Washington, exprimant sa frustration face à l’attitude du président russe Vladimir Poutine. Ce dernier, selon Trump, résiste aux efforts pour négocier un cessez-le-feu dans le conflit ukrainien, compliquant les espoirs d’une paix durable. Bien que le nombre exact de systèmes Patriot n’ait pas été précisé, Trump a insisté sur le fait que l’Union européenne rembourserait intégralement les coûts de cet équipement. « Nous allons leur envoyer des équipements militaires très sophistiqués, et ils nous paieront 100 % pour cela », a-t-il ajouté. Cette décision répond à l’appel du président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui réclame davantage de moyens défensifs face aux attaques quotidiennes de missiles et de drones russes. Trump, qui prévoit de rencontrer cette semaine le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, pour discuter de l’Ukraine et d’autres dossiers, a exprimé sa déception croissante envers Poutine. « Il a vraiment surpris beaucoup de monde », a-t-il conclu, soulignant le contraste entre les discours apaisants du dirigeant russe et ses actions militaires nocturnes. M.D