Dans le cadre de l’affaire Paulin Akponna, ancien ministre des Mines limogé après des déclarations jugées graves à Parakou, l’Assemblée nationale poursuit le processus d’investigation. Après la mise en place d’une commission parlementaire d’enquête composée de dix députés, un bureau de cinq membres vient d’être désigné pour conduire les travaux. Ce bureau aura pour mission de planifier et coordonner les auditions, collecter les informations nécessaires et diriger l’instruction des faits relatifs aux propos tenus publiquement par l’ex-ministre Paulin Akponna. Ces déclarations, largement relayées sur les réseaux sociaux, ont suscité une vive controverse et conduit à sa révocation du gouvernement. La commission parlementaire devra, à l’issue de ses travaux, produire un rapport détaillé qui sera soumis au Bureau de l’Assemblée nationale, puis à la plénière pour d’éventuelles suites judiciaires ou politiques. Le député Jérémie Adomahou a été porté à la tête de ce bureau en qualité de président. Il sera épaulé par quatre autres parlementaires issus des différents groupes représentés dans la commission. Nourénou Atchadé en est le premier vice-président. Pour rappel, la commission est composée de manière équilibrée : trois membres du Bloc Républicain (BR), trois du parti Les Démocrates, et quatre de l’Union Progressiste le Renouveau. Une seule femme y figure. La commission a trois mois pour finir ses travaux. Elle peut faire appel à d’autres compétences utiles à l’effet de mener à bien ses investigations. Parfait FOLLY
Reporter Sans Frontière condamne l’arrestation de Hugues Sossoukpè
Dans un communiqué rendu public ce lundi, Reporter sans frontière (RSF) a réagi à l’arrestation du journaliste et web-activiste Comlan Hugues Sossoukpè. Il condamne son arrestation et son extradition alors qu’il était en mission officielle en terre ivoirienne. Connu pour ses enquêtes critiques à l’égard du régime béninois, le directeur du site d’investigation Olofofo résidait en exil au Togo depuis 2019. Il s’était rendu à Abidjan le 8 juillet dernier, sur invitation officielle du ministère ivoirien de la Transition numérique, pour couvrir un salon consacré à l’innovation digitale. Cependant, le 10 juillet, des agents de police l’ont arrêté dans sa chambre d’hôtel. Il a été conduit sans préavis à l’aéroport, puis embarqué à bord d’un vol privé à destination du Bénin. À son arrivée, il a été présenté au procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), avant d’être placé en détention à la prison de Ouidah. Malgré la mention explicite de son statut de réfugié politique togolais dans ses documents de voyage, Hugues Sossoukpè a été extradé, suscitant l’indignation de RSF. L’organisation a qualifié l’opération de « traquenard » et dénoncé ce qu’elle considère comme une collusion entre les autorités ivoiriennes et béninoises. Dans une déclaration relayée par la presse, Arnaud Froger, responsable du bureau investigation de RSF, a exigé des comptes de la part du gouvernement ivoirien, pointant du doigt une complicité manifeste dans une opération visant à museler un journaliste critique. Il a également appelé à la libération immédiate de Hugues Sossoukpè. De son côté, le porte-parole du gouvernement béninois, Wilfried Léandre Houngbédji, a déclaré que le journaliste « répondra des faits qui lui sont reprochés ». Le gouvernement ivoirien, quant à lui, n’a jusqu’à présent donné aucune suite aux interpellations de RSF. Parfait FOLLY
Bénin : Comlan Hugues Sossoukpè maintenu en détention par la CRIET
Le lundi 14 juillet 2025, Comlan Hugues Sossoukpè a comparu devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) au Bénin. À l’issue de son audience, le juge des libertés a confirmé son maintien en détention. Arrêté en Côte d’Ivoire, Sossoukpè, qui revendique la nationalité togolaise, conteste son extradition vers le Bénin. Il est accusé de harcèlement par voie électronique, d’incitation à la haine et d’apologie du terrorisme. Suite à son audition, l’affaire a été renvoyée en instruction, prolongeant ainsi la détention de l’accusé. Sossoukpè, figure controversée, est retourné en prison en attendant la suite de la procédure judiciaire. Les charges retenues contre lui font suite à des activités présumées sur les réseaux sociaux, où il aurait tenu des propos incitant à la violence et à la haine. Cette affaire suscite un vif intérêt, notamment en raison des questions d’extradition et de nationalité soulevées par l’accusé. La CRIET, connue pour sa rigueur dans les affaires liées au terrorisme et aux infractions économiques, continue d’examiner ce dossier sensible. Les prochaines étapes de l’instruction devraient apporter plus de clarté sur les accusations pesant contre Sossoukpè. M.D
Coupe Ufoa-B 2025: les guépards U20 humiliés 4-1 par le Nigeria
En séjour au Ghana dans le cadre de la 3ème édition de la Coupe des Nations Ufoa-B, l’équipe des Guépards U20 a fait son entrée en lice, hier dimanche 13 juillet 2025. Pour sa première sortie, le Bénin s’est incliné face aux Flying Eagles du Nigeria sur un score de 1 but contre 4. 4-0, c’est le score final issu de la rencontre qui a apposé les guépards U20 du Bénin, aux Flying Eagles du Nigeria ce dimanche. Dans une confrontation difficile mais équitablement maîtrisée par les deux équipes, les béninois ont su gérer la tention par la manière, en ouvrant le score de la partie après 24min de jeu. Cet avantage ne sera pas malheureusement conservé par le buteur Junior Olugbadé et ses coéquipiers. À cinq minutes de la fin de la première mi-temps, les nigérians vont marquer et ramener le score à égalité 1-1. C’est du retour des vestiaires que la situation va se compliquer pour l’équipe béninoise, surprise par une équipe nigériane tactiquement offensive. Le Nigeria va totalement renverser la situation en marquant un deuxième puis un troisième but à la 87ème min. 3-1 en faveur du Nigeria à la fin du temps réglementaire. C’est pendant le temps additionnel que le Bénin va encore encaisser un quatrième but et voyant ainsi son rêve de vaincre, tombé à l’eau. Un début de compétition très difficile pour les béninois désormais condamnés à l’exploit afin d’espérer poursuivre la compétition.Le prochain rendez-vous pour le coach Raymond Tchaye et ses joueurs, c’est pour le mercredi 16 juillet prochain où ils croiseront les crampons avec la formation ghanéenne, pays hôte, ceci pour le compte de la troisième journée de la Coupe Ufoa-B 2025.Judicaël Davo
Législation contre les exploitations et abus sexuels: les parlementaires actualisent leurs connaissances
La ville balnéaire de Grand-Popo a abrité, le jeudi 10 juillet 2025, l’atelier de renforcement des capacités des députés sur la protection contre les exploitations et les abus sexuels. Il a été initié par l’Institut parlementaire du Bénin (Ipab), avec le soutien de l’Unicef. Six communications ont meublé les deux jours de l’atelier dont les travaux ont été lancés par l’He David Houinsa, 2ème secrétaire parlementaire, représentant le président de l’institution, Louis Gbèhounou Vlavonou. Il s’agit de «L’appropriation des concepts : violences basées sur le genre, exploitation sexuelle, abus sexuels et harcèlement sexuel » ; « Les conséquences de l’exploitation et des abus sexuels et mécanismes de leur dénonciation » ; « Cadre de la protection contre l’exploitation et les abus sexuels (Nations Unies et Unicef)» ; « Rôle et responsabilités du Parlement dans la lutte contre l’exploitation et les abus sexuels au Bénin » ; « La politique de zéro tolérance face à l’exploitation et aux abus sexuels en République du Bénin » ; « L’utilisation appropriée des outils de visibilité en matière de protection contre l’exploitation et les abus sexuels ». Dans son mot de bienvenue, Dr Romaric Akpovo, Directeur adjoint de l’Ipab, a indiqué que la prévention des abus sexuels est capitale et nécessite une approche spécifique, conditionnée par un système intégré de protection impliquant plusieurs parties prenantes. Cet atelier, selon lui, s’inscrit dans la perspective de la mise en œuvre de mécanismes institutionnels de coordination d’actions au profit de ladite prévention. Victorin Zondoga, représentant du représentant résident de l’Unicef, a déclaré que la problématique abordée dans cet atelier est une priorité absolue pour l’Unicef. Raison pour laquelle l’initiative de l’Ipab est soutenue par son institution. En ouvrant les travaux, le représentant du président du parlement, a plongé les participants dans la problématique des droits humains, en lien avec les exploitations et abus sexuels. Pour lui, ces actes constituent l’une des formes de violence les plus dévastatrices, commises principalement sur les couches les plus vulnérables. Face à ce tableau préoccupant, il est crucial d’assurer une assistance immédiate aux victimes, mais plus encore de prévenir ces maltraitances. A en croire l’He David Houinsa, cet atelier vise à sensibiliser les députés sur la protection contre les exploitations et abus sexuels afin qu’ils soient aptes à les identifier, à dénoncer les cas portés à leur connaissance et à légiférer avec plus de pertinence en la matière.C.Z
Inauguration officielle d’infrastructure pédagogique au Lta/Ina: vers la transformation d’une économie agricole compétitive
Le Lycée technique agricole d’Ina, dans la Commune de Bembèrèkè, a une nouvelle infrastructure d’accueil. Elle a été inaugurée, le vendredi 11 juillet 2025, à l’occasion d’une cérémonie symbolique, à laquelle ont pris la Ministre des enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle (Mestfp), Véronique Tognifodé, accompagnée pour la circonstance de son collègue de la santé, Benjamin Hounkpatin et de plusieurs autres personnalités de la région. Dans son mot de bienvenu le proviseur du lycée, Mouritala Odjo, a présenté à ses hôtes l’établissement, ses capacités d’accueil, ses filières de formation ainsi que les perspectives d’expansion du centre. A travers son message, il a exprimé sa gratitude au Gouvernement béninois et à ses partenaires pour cet investissement majeur en faveur de la jeunesse rurale et de l’agriculture moderne. Le représentant de l’Association des parents d’élèves dudit lycée ainsi que celui des apprenants et même des enseignants sont intervenus au cours de la cérémonie. Tous ont exprimé leur profonde satisfaction et ont salué l’exemplarité du nouveau cadre mis à la disposition de leurs enfants, tout en prenant l’engagement d’en faire bon usage. Fructueux Aho, Directeur général de l’Agence de développement de l’enseignement technique (l’Adet) a, pour sa part, rappelé les réformes en cours dans le secteur pour faire de l’enseignement technique un vrai levier de développement du Bénin. A sa suite, la Directrice pays de l’Agence française de développement (Afd), Laure Weisgerber, bailleur principal du projet, a réitéré l’engagement de l’Afd aux côtés du Bénin pour la transformation de l’enseignement technique agricole. Elle a salué la qualité de la coopération et l’ambition réformatrice du Gouvernement béninois. Pour Véronique Tognifodé l’inauguration de cette infrastructure n’est pas un évènement isolé mais s’inscrit dans une vision stratégique du président Patrice Talon : faire de l’enseignement technique et de la formation professionnelle un puissant outil de transformation structurelle du pays. Elle est aussi revenue sur les réformes engagées depuis 2016, qui concourent à l’amélioration sensible de la qualité des enseignements, des curricula, et des infrastructures. « Le Bénin change, se modernise, et se prépare pour relever les défis d’une économie agricole compétitive, portée par une jeunesse bien formée », a déclaré la ministre avec fierté. Après la phase protocolaire, les officiels ont eu droit à la coupure du ruban symbolique et à la visite des locaux qui marquent la fin de la cérémonie.C.Z
Clôture des travaux du colloque international de la Haac du Bénin: des recommandations pour révolutionner la régulation
Le Colloque international organisé par la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) du Bénin dans le cadre de la commémoration de ses noces de perle a clôturé ses travaux le vendredi 11 juillet 2025 sur plusieurs recommandations formulées par les participants en présence de la vice-présidente de la République, Chabi Talata Zimé. A la suite de la communication inaugurale sur le thème : « 30 ans de régulation des médias : la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication et les mutations du numérique », les travaux se sont poursuivis avec des échanges structurés autour de six sous-thèmes majeurs, portant notamment sur le rôle régulateur de l’institution à l’ère du numérique, le cadre juridique lié à l’intelligence artificielle (IA), la transparence électorale, la lutte contre la désinformation, ainsi que le monitoring médiatique dans le contexte de l’IA. A l’issue des deux jours de travaux, six recommandations clés ont été formulées en vue de renforcer l’efficacité de la régulation médiatique à l’ère du numérique. Il s’agit de : renforcer et d’harmoniser les réglementations sur le numérique et l’IA au sein du Réseau des instances africaines de régulation de la communication (Riarc) ; promouvoir une convergence réglementaire à l’échelle continentale, à travers l’Union africaine, afin de standardiser les approches face aux contenus transnationaux ; créer des unités de veille numérique au sein de chaque instance de régulation, notamment pour surveiller les contenus en période électorale et contrer les productions trompeuses générées par l’IA ; former les journalistes à une utilisation éthique et responsable de l’intelligence artificielle dans l’exercice de leur métier. Ils ont également recommandé d’établir des protocoles de collaboration avec les plateformes numériques, particulièrement en période électorale, pour garantir la transparence algorithmique et une meilleure gestion des contenus et de mettre en place des mécanismes de suivi des publicités politiques en ligne et des contenus sponsorisés, afin de limiter les risques de manipulation par des acteurs locaux ou étrangers. Ces différentes propositions visent à adapter les mécanismes de régulation aux défis contemporains posés par le numérique et l’intelligence artificielle, dans un contexte où les technologies de l’information influencent de plus en plus les processus démocratiques, notamment électoraux.C.Z
Arbitrage tous-azimuts des tournois de football pendant les vacances: la Fédération béninoise de football menace et met en garde
La Fédération béninoise de football (Fbf), à travers un communiqué en date, du jeudi 10 juillet 2025, met en garde les arbitres non autorisés qui officient sur les matchs de football organisés dans les villes, les villages et quartiers de ville en cette période des vacances. En cette période de vacances, maintes sont les acteurs et promoteurs du sport qui organisent des tournois de football dans les villes et quartiers de villes de nos départements. Objectif, occuper le temps des jeunes amoureux du cuir rond, tout en les amenant à améliorer davantage leur niveau de jeu. Tout au long du processus de l’organisation des tournois de vacances, le respect de certain aspect technique est de mise et cela va d’un intérêt général. Mais force est de constater que certains organisateurs accordent moins d’importance à ces détails relatifs aux arbitres qui devraient officier les matchs. Au vu de ce constat, l’institution dirigeante du football en République du Bénin décide de sonner la fin de la recréation. A travers un communiqué, la Fédération béninoise de football a mis en garde les arbitres irréguliers vis-à-vis de la Commission des arbitres et de ses démembrements mais qui officient malheureusement sur les tournois de football. A travers ce document et signé par le Secrétaire général, Claude Paqui, la Fbf rappelle également à l’ordre les organisateurs et promoteurs de ces rencontres footballistiques. La Fbf les invite à cesser avec ces pratiques qui n’honorent pas l’image du football béninois. Au cas où les fautes reprochées vont persister, l’instance faîtière du football béninois prévient les promoteurs et les arbitres usurpateurs de titres qu’ils seront coupables des faits dont ils seront responsables dès qu’ils seront appréhendés par les forces de la sécurité publique.Judicaël Davo
Mise en œuvre de l’accord de paix en Centrafrique: les groupes rebelles 3R et Upc déposent officiellement les armes
Les chefs des groupes armés centrafricains 3R et Upc ont annoncé, le jeudi, à Bangui la dissolution officielle de leurs mouvements. Une décision importante qui marque l’entrée en vigueur, le vendredi 11 juillet 2025, de l’accord de paix signé avec le gouvernement sous médiation tchadienne. Le général Sembé Bobo, chef des 3R, et Ali Darassa, leader de l’Upc, ont symboliquement déposé leurs armes lors d’une cérémonie solennelle organisée à Bangui. Ceci, en présence du président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, de diplomates, d’autorités tchadiennes, de représentants de la Minusca et de leaders religieux. En effet, lors de la cérémonie solennelle, les deux chefs rebelles ont déclaré leur engagement à tourner définitivement la page de la guerre. « Il y a un temps pour la guerre et un temps pour la paix », a lancé Sembé Bobo. « Nous sommes ici pour répondre à l’appel de la paix », a-t-il insisté. Quant à Ali Darassa, il a appelé le gouvernement à respecter sa part de l’accord, en particulier les garanties sécuritaires, l’intégration dans les forces de sécurité et l’implication des ex-combattants dans les programmes de développement. Démobilisation, désarmement et réinsertion en cours Les combattants des deux groupes ont déjà été cantonnés dans cinq sites répartis dans leurs zones d’influence. Ainsi, le désarmement est en cours, suivi d’un processus d’intégration dans les Forces armées centrafricaines (Faca) ou d’affectation à des unités mixtes de surveillance prévues dans l’accord de Khartoum. Ceux jugés inaptes bénéficieront d’un programme dénommé « Désarmement, démobilisation, réinsertion » (Ddr). De plus, le ministre de la Sécurité publique, Henri Wanzet, assure que « l’enregistrement des combattants est déjà fait », précisant que l’opération de désarmement durera deux semaines avant le démarrage de la formation militaire. Le Tchad en médiateur vigilant Le Tchad, principal facilitateur de l’accord, veillera à sa mise en œuvre. Son ministre de la défense, Issakha Malloua Djamous, a souligné l’enjeu régional de la stabilité en Centrafrique : « La persistance de l’instabilité pourrait déstabiliser le Tchad. » De son côté, le président Touadéra a rappelé que « ce énième accord n’est pas un signe de faiblesse », mais une démarche responsable vers une paix durable. Il a exhorté à la « cessation immédiate des hostilités » et à la remise des armes dans le cadre du Ddr. Par ailleurs, dans la foulée de cet accord, le gouvernement a entamé des pourparlers avec d’autres groupes rebelles, dont les anti-balaka et le Mouvement patriotique pour la Centrafrique (Mpc), pour les réintégrer dans l’accord politique de 2019.C.Z
Patrice Talon et Bassirou Diomaye Faye : quelques sujets que devraient évoquer les deux dirigeants cette semaine
Le mardi 15 juillet 2025, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye effectuera une visite officielle à Cotonou, au Bénin et rencontrera son homologue béninois, le président Patrice Talon. Cette rencontre s’inscrit dans une volonté de renforcer les relations historiques d’amitié et de fraternité entre les deux nations ouest-africaines, membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Cette visite devrait marquer un tournant dans les relations bilatérales, visant à dynamiser les échanges économiques, culturels et institutionnels. Les relations entre le Bénin et le Sénégal s’appuient sur une coopération multidimensionnelle. Les deux pays collaborent dans des domaines clés tels que la sécurité régionale, avec des efforts conjoints pour lutter contre l’extrémisme violent et sécuriser leurs frontières face aux menaces transfrontalières. L’économie constitue un autre pilier, avec un accent sur le commerce intra-régional et l’intégration économique au sein de l’UEMOA. Le secteur de l’énergie est également un domaine de coopération, notamment pour explorer des projets d’énergies renouvelables et d’interconnexion énergétique. Enfin, la culture et l’éducation renforcent les liens, à travers des initiatives comme les échanges universitaires et la promotion du patrimoine commun, tel que les cercles mégalithiques de Sénégambie. Évolution des échanges commerciaux (2020-2024) Des rapports régionaux, notamment de l’UEMOA, indiquent une faible intensité des échanges directs entre le Sénégal et le Bénin. En 2022, les exportations totales de l’UEMOA s’élevaient à 36,6 milliards d’euros, avec le Sénégal représentant 14,7 % des ventes extérieures de l’Union, tandis que le Bénin se concentre davantage sur le commerce avec le Nigeria. Les échanges Bénin-Sénégal restent modestes, centrés sur des produits agricoles (coton, anacarde) et des biens de consommation. Entre 2020 et 2022, la valeur des échanges agricoles béninois vers d’autres pays de la CEDEAO, comme le Nigeria, a chuté (de 86 millions à 10,3 millions de dollars), suggérant des tendances similaires pour le Sénégal en raison de barrières non tarifaires et de politiques protectionnistes. Une croissance modérée est observée, mais les deux pays ont un potentiel inexploité pour diversifier leurs échanges. Sujets probables de discussion bilatérale Lors de cette visite, les présidents Talon et Faye pourraient aborder plusieurs sujets stratégiques. Premièrement, la sécurité régionale sera cruciale, avec des discussions sur la lutte contre le terrorisme et la stabilisation de l’Afrique de l’Ouest face à l’instabilité dans le Sahel. Deuxièmement, l’intégration économique et la réduction des barrières commerciales au sein de l’UEMOA pourraient être prioritaires, avec des initiatives pour stimuler les investissements privés et augmenter le volume des échanges bilatéraux, comme prôné par Faye lors de sa visite en Guinée-Bissau. Troisièmement, des projets dans l’énergie verte et les infrastructures numériques, en lien avec le New Deal Technologique sénégalais, pourraient ouvrir des perspectives de collaboration. Enfin, les deux leaders pourraient discuter de la coopération culturelle, notamment pour valoriser le patrimoine commun et renforcer les liens éducatifs. Cette visite offre une occasion unique de consolider les relations Bénin-Sénégal, avec un potentiel pour des initiatives concrètes qui bénéficieront aux deux nations et à la région, dans un contexte où l’initiative de libre-échange africaine, ZLECAF, peine à prendre véritablement son envol. M.D