Le journaliste Comlan Hugues Sossoukpè est à nouveau devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) ce lundi 14 juillet 2025. De sources dignes de foi, il sera auditionné loin des regards curieux en présence de ses avocats déjà constitués. Interpellé dans la journée du jeudi 10 juillet par la police ivoirienne puis remis aux éléments de l’ex-OCRC alors qu’il participait à une activité du ministère du numérique de la Cote d’Ivoire à Abidjan, Hugeus Sossoukpè a été extradé vers le Bénin dans la même soirée du jeudi, nous apprend Libre Express. Le vendredi 11 juillet, il a été écouté par le procureur spécial près la Criet avant d’être conduit devant la juge des libertés et des détentions. A cette étape, le journal s’est refusé à s’exprimer sans la présence de ses avocats. C’est alors que la juge lui a accordé trois jours pour constituer son collège d’avocat. Mais en attendant, puisqu’il était visé par un mandat d’arrêt international, la juge des libertés et des détentions a décidé de la placer sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt de Ouidah. Ce lundi matin, des confrères de Libre express ont aperçu le prévenu dans les murs de la Criet. Il sera auditionné mais à huis clos, informent nos confrères. Il lui est reproché d’avoir harcelé des autorités par le biais d’une communication électronique, d’avoir suscité à la haine, à la rébellion et surtout d’avoir fait l’apologie du terrorisme. Mais avant, sa famille ainsi que son conseil a soulevé des interrogations à travers des communiqués abondamment relayés par les médias. De l’autre côté, la ligue de défense des droits de l’homme du Togo interpelle les gouvernements béninois et ivoirien sur les tenants et les aboutissants de cette interpellation. Pour ce creuset, Hugues ne devrait pas être interpellé du moment où il détiendrait le titre de refugié selon la Convention de Genève ratifiée par les deux Etats. Sera-t-il libéré ou maintenu en prison après l’audition ? Bien malin qui pourra répondre. Parfait FOLLY
Visite officielle du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye au Bénin : un nouveau cap pour la coopération bilatérale
Le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, effectuera une visite officielle au Bénin le mardi 15 juillet 2025, une étape clé dans le renforcement des relations entre Dakar et Cotonou. Cette visite, annoncée par Fraternité FM, intervient après une tournée régionale du président Faye en Afrique de l’Ouest, où l’absence du Bénin avait suscité des interrogations. Au cours de cette rencontre, le président Faye et son homologue béninois, Patrice Talon, devraient aborder des sujets stratégiques tels que la coopération régionale, la sécurité sous-régionale et le développement économique. Ces discussions visent à consolider les liens historiques entre les deux nations et à explorer de nouvelles opportunités de partenariat. Cette visite, perçue comme un signal fort, marque un tournant dans les relations sénégalo-béninoises. Elle illustre l’engagement des deux leaders à promouvoir une coopération dynamique pour relever les défis communs et favoriser le développement durable dans la sous-région ouest-africaine. M.D
Candidature de Paul Biya et l’impasse du développement au Cameroun, la vielle élite pas très inspirée s’accroche
Depuis son accession au pouvoir en 1982, le président Paul Biya, aujourd’hui âgé de 92 ans, incarne une figure quasi immuable de la politique camerounaise. Sa récente annonce de candidature pour un énième mandat à la présidence, prévue pour 2025, soulève des questions cruciales sur l’avenir d’un pays doté d’un potentiel économique, culturel et géopolitique considérable, mais freiné par une stagnation chronique. Les apparitions publiques de Paul Biya, de plus en plus rares et marquées par une fragilité physique évidente, alimentent les spéculations sur sa capacité à diriger efficacement. Pourtant, sa candidature suggère une volonté de maintenir le statu quo, soit par attachement personnel au pouvoir, soit par l’influence d’un entourage qui bénéficie du système en place. Ce système, construit sur des décennies de clientélisme, de centralisation du pouvoir et de contrôle des institutions, semble avoir emprisonné le président lui-même. L’élite dirigeante, composée d’une classe vieillissante, s’accroche à ses privilèges malgré un bilan marqué par la corruption, la mauvaise gouvernance et une gestion contestée des crises, notamment la crise anglophone dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. La crise anglophone, débutée en 2016, illustre les failles de ce système. Ce conflit, qui a fait des milliers de morts et de déplacés, résulte d’une marginalisation historique des régions anglophones et d’une incapacité du régime à répondre par le dialogue et des réformes structurelles. Au lieu de solutions durables, le gouvernement a souvent opté pour une répression militaire, exacerbant les tensions et creusant le fossé entre l’État et une partie de la population. Un potentiel inexploité Le Cameroun, avec ses ressources naturelles (pétrole, gaz, minerais, cacao, café), sa diversité culturelle, et sa position stratégique en Afrique centrale, dispose d’atouts indéniables pour devenir un acteur majeur sur le continent. Pourtant, le pays stagne. Les indicateurs de développement – santé, éducation, infrastructures – restent en deçà des attentes pour une nation de cette envergure. Le chômage des jeunes, la fuite des cerveaux et l’absence d’une industrialisation significative entravent l’émergence d’une économie dynamique. Sur le plan géopolitique, le Cameroun peine à s’imposer comme un leader régional, éclipsé par des voisins comme le Nigeria ou des pays comme le Rwanda, qui, malgré des ressources moindres, capitalisent sur une vision modernisatrice. Cette stagnation est en grande partie attribuable à un système politique sclérosé. Les institutions, verrouillées par le parti au pouvoir, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), limitent l’émergence d’une opposition crédible et d’idées nouvelles. Les élections, souvent entachées d’irrégularités, ne reflètent pas toujours la volonté populaire, ce qui alimente l’indifférence d’une grande partie de la population, notamment les jeunes, envers la politique. Une victoire annoncée, mais à quel prix ? La probable réélection de Paul Biya, dans un contexte où l’opposition reste fragmentée et les institutions électorales sous contrôle, semble acquise d’avance. Cependant, cette victoire risque d’approfondir le désintérêt citoyen et d’aggraver et de faire sortir les tensions sociales restées jusque-là enfouies. L’indifférence politique, observée chez une majorité de Camerounais, est moins un signe d’apathie qu’une conséquence de décennies de désillusions face à un système qui privilégie les intérêts d’une élite au détriment du bien commun. La jeunesse, qui représente plus de 60 % de la population, aspire à un changement radical. Pourtant, les opportunités de participation politique ou économique restent limitées, poussant nombre d’entre eux vers l’exil ou le désengagement. Cette fracture générationnelle, combinée à la persistance des crises comme celle des régions anglophones, constitue une menace pour la stabilité à long terme du pays. Vers une nouvelle vision ? Pour sortir de l’impasse, le Cameroun a besoin d’une rupture avec le système actuel. Cela implique non seulement un changement de leadership, mais aussi une refonte des institutions pour garantir plus de transparence, de responsabilité et d’inclusivité. Une nouvelle vision devrait s’appuyer sur plusieurs axes :Réconciliation nationale : La résolution de la crise anglophone par un dialogue inclusif et des réformes institutionnelles, comme une décentralisation effective, est une priorité. Cela permettrait de restaurer la confiance entre l’État et les populations.Investissement dans la jeunesse : Des politiques axées sur l’éducation, la formation professionnelle et la création d’emplois pour les jeunes pourraient transformer le dividende démographique en moteur de croissance.Lutte contre la corruption : Une justice indépendante et des mécanismes anti-corruption rigoureux sont essentiels pour restaurer la confiance et mobiliser les ressources nationales au profit du développement.Modernisation économique : Le Cameroun doit diversifier son économie, investir dans les infrastructures et promouvoir l’innovation pour tirer parti de ses ressources et de sa position géographique. La candidature de Paul Biya à un nouveau mandat reflète la résilience d’un système qui, bien qu’efficace pour maintenir une élite au pouvoir, étouffe le potentiel du Cameroun. Face à une population désabusée et à des crises persistantes, le pays se trouve à un carrefour. Sans une transition vers un leadership renouvelé et des réformes structurelles, le Cameroun risque de prolonger sa stagnation, au détriment de son émergence tant attendue. Le véritable défi pour l’avenir réside dans la capacité des Camerounais, en particulier la jeunesse, à se mobiliser pour exiger et construire un système politique et économique à la hauteur des ambitions du pays et non de celle d’une élite vieille et pas très inspirée. M.D.
Arrestation de Comlan Hugues Sossoukpè : « Il a franchi le Rubicon », Sèdami Medégan Fagla
Le 10 juillet 2025, le journaliste et web-activiste béninois Comlan Hugues Sossoukpè, connu pour ses critiques acerbes contre le pouvoir en place, a été arrêté à Abidjan, en Côte d’Ivoire, avant d’être extradé vers le Bénin. Cette arrestation a suscité de vives réactions, notamment celle de Sèdami Medégan Fagla, ministre conseillère, qui a qualifié Sossoukpè de « pseudo-activiste » et de « collaborateur » dans des propos relayés par les médias locaux. « Comme vous et comme tous les béninois, j’ai appris avec satisfaction, que le pseudo activiste, je l’appelle pseudo activiste parce que pour moi, c’est plus un collaborateur, un collabo comme on le dit. En tant que citoyenne béninoise, épris de mon pays, de la sécurité, du bien-être de chacun, je suis satisfaite et j’espère que les procédures iront jusqu’au bout…Si c’est confirmé, j’applaudis et je suis contente », a-t-elle indiqué citée par Kpakpato Média. Fagla estime que les actions de Sossoukpè, notamment ses publications sur les réseaux sociaux, dépassaient les limites de la liberté d’expression. Elle l’accuse d’avoir fait l’apologie du terrorisme en diffusant en direct des attaques terroristes sur sa page Facebook et en les commentant de manière jugée favorable. « Ce monsieur-là, Sossoukpè, pendant un moment, oublions même tout ce qu’il fait pendant longtemps, disons même que tout ce qu’il fait par le passé, c’était pour soutenir un bord, mais quand il a commencé à diffuser en direct sur sa page facebook les attaques terroristes et à commenter, à soutenir cela, mais comment on appelle cela, et bien c’est l’apologie du terrorisme », a-t-elle dénoncé. « Il a franchi le Rubicon », a-t-elle déclaré, insistant sur la nécessité de poursuivre les procédures judiciaires jusqu’à leur terme. Pour la ministre, ces agissements menacent la sécurité nationale et le bien-être des Béninois. Détenu à la prison civile de Ouidah, Comlan Hugues Sossoukpè doit être présenté à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) à Cotonou. Le Réseau ouest-africain des défenseurs des droits humains (ROADDH) et les avocats de Sossoukpè dénoncent une atteinte aux droits fondamentaux, rappelant son statut de réfugié au Togo depuis 2019. Ils exigent transparence et respect des conventions internationales, notamment la Convention de Genève.
Le Nigeria pleure la perte de l’ancien président Muhammadu Buhari
Ce dimanche 13 juillet 2025, le Nigeria a appris avec tristesse le décès de l’ancien président Muhammadu Buhari, survenu à Londres à 16h30 des suites d’une longue maladie. L’annonce, faite par le président Bola Ahmed Tinubu, a plongé le pays dans le deuil, alors que la nation rend hommage à une figure majeure de son histoire politique. Âgé de 82 ans, Buhari laisse derrière lui un héritage complexe, marqué par des réalisations significatives et des controverses. Dans un communiqué officiel, le président Tinubu a exprimé ses sincères condoléances à Mme Aisha Buhari, veuve de l’ancien président, et a ordonné au vice-président Kashim Shettima de se rendre au Royaume-Uni pour accompagner le rapatriement de la dépouille. En signe de respect, les drapeaux seront mis en berne à travers le pays, reflétant l’importance de Buhari dans l’histoire nigériane. Muhammadu Buhari a dirigé le Nigeria à deux reprises. D’abord en tant que chef d’État militaire entre janvier 1984 et août 1985, il s’était alors distingué par une politique stricte contre la corruption et l’indiscipline. Puis, élu président en 2015 et réélu en 2019, il a marqué un tournant historique en devenant le premier opposant à remporter une élection présidentielle face à Goodluck Jonathan. Son administration s’est concentrée sur la lutte contre l’insurrection de Boko Haram, avec des succès notables dans la réduction de l’influence du groupe, ainsi que sur des initiatives pour diversifier l’économie nigériane, notamment à travers l’agriculture. Cependant, son bilan reste controversé, assombri par deux récessions économiques, une inflation galopante et des accusations d’autoritarisme. Au-delà des frontières nigérianes, Buhari était respecté pour son engagement en faveur de la paix et de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest. Des dirigeants comme le président gambien Adama Barrow et le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno ont salué sa contribution à la stabilité africaine. Alors que le Nigeria prépare les funérailles nationales, les hommages affluent, célébrant un homme d’État dont l’influence a façonné la politique du pays pendant près de quatre décennies. Ce décès marque la fin d’une ère pour le Nigeria, qui se remémore aujourd’hui les accomplissements et les défis de l’ère Buhari. La nation se prépare à honorer sa mémoire avec dignité, tout en réfléchissant à son avenir politique et économique. M.D
Sénégal : des tensions commencent à prendre corps entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye
Depuis l’arrivée au pouvoir du parti PASTEF, les attentes des Sénégalais pour des réformes structurelles restent élevées, mais des tensions naissantes entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko entravent leur mise en œuvre. Lors de l’installation du Conseil national du PASTEF, Sonko a publiquement exprimé sa frustration, déplorant un manque d’autorité au sommet de l’État. « Le Sénégal a un problème d’autorité », a-t-il déclaré, suggérant que le président Faye manque de fermeté dans certaines décisions cruciales. Sonko, figure charismatique et moteur de la campagne électorale, se dit victime d’attaques incessantes de l’opposition et d’une partie de la population, sans que des mesures soient prises pour le protéger. « Ceux qui m’attaquent ne sont jamais inquiétés. Mais s’il s’agit du président, des instructions sont données », a-t-il ajouté, laissant entendre une incohérence dans la gestion des priorités. Il a appelé Faye à « prendre ses responsabilités » ou à lui laisser les coudées franches pour gouverner et concrétiser les promesses électorales, notamment en matière de justice sociale, de lutte contre la corruption et de réformes économiques. Ces déclarations publiques révèlent des dissensions au sein de l’exécutif, suscitant des inquiétudes quant à la cohésion du pouvoir. Les réformes promises, telles que la renégociation des contrats pétroliers ou la réforme foncière, tardent à se matérialiser, alimentant le mécontentement populaire. L’opposition, quant à elle, exploite ces frictions pour dénoncer une gouvernance chaotique. Pour avancer, Faye et Sonko doivent surmonter leurs différends et restaurer une unité d’action. Sans cela, le projet de transformation du Sénégal risque de stagner, au détriment des attentes des citoyens qui ont porté PASTEF au pouvoir. M.D
Bénin – Présidentielle 2026 : les Démocrates face au défi du choix de leur candidat, le duo probable
À moins d’un an de l’élection présidentielle béninoise de 2026, le parti d’opposition Les Démocrates (LD) se trouve à un tournant décisif. Alors que le président Patrice Talon a confirmé qu’il ne se représenterait pas, conformément à la Constitution limitant à deux mandats présidentiels, l’opposition, menée par Les Démocrates, doit saisir cette opportunité historique pour reconquérir le pouvoir. Cependant, le parti semble confronté à un manque criant de figures capables de galvaniser les électeurs et de fédérer les différentes sensibilités de l’opposition. Une opposition en quête de leadership charismatique Depuis sa création en 2019, à la suite d’une scission des Forces Cauris pour un Bénin émergent (FCBE) et sous l’égide de l’ancien président Thomas Boni Yayi, Les Démocrates se sont imposés comme la principale force d’opposition au régime de Patrice Talon. Avec 28 sièges obtenus lors des législatives de 2023, le parti a marqué son retour au Parlement après une absence de quatre ans, consolidant sa position de chef de file de l’opposition sous la direction d’Éric Houndété. Cependant, malgré cette progression, le parti a souvent été critiqué pour son approche essentiellement réactive, axée sur la critique du pouvoir plutôt que sur la proposition d’une vision alternative et fédératrice. L’absence d’un leader charismatique capable de mobiliser au-delà des cercles militants constitue un obstacle majeur. Les Démocrates doit non seulement rivaliser avec la majorité bien organisée de Talon, mais aussi surmonter les divisions internes et les réticences des autres partis d’opposition à se rallier à leur cause. Dans ce contexte, le choix du candidat pour 2026 est crucial, car il déterminera la capacité du parti à transformer son capital politique en une victoire électorale. Nourénou Atchadé et Éric Houndété : un duo prometteur mais incertain Parmi les options qui pourraient ne pas laisser indifférents les électeurs, le tandem Nourénou Atchadé, en tant que candidat à la présidence, et Éric Houndété, comme colistier, se présente comme une possibilité, mais sans garantir un engouement populaire suffisant pour renverser la machine électorale de la majorité. Cependant, ce duo l’option la plus crédible à ce jour, présente à la fois des atouts et des limites qui pourraient influencer leur impact sur l’électorat. Nourénou Atchadé : une figure controversée Nourénou Atchadé, actuellement président du groupe parlementaire Les Démocrates, s’est imposé comme une voix influente au sein du parti. Son ascension, marquée par sa nomination comme deuxième vice-président du parti lors du congrès de Parakou en 2023, témoigne de sa capacité à mobiliser les militants. Atchadé est perçu comme un politicien énergique, capable de tenir tête au pouvoir en place, notamment à travers ses prises de position critiques contre les réformes de Talon et les accusations de dérive autoritaire. Cependant, Atchadé souffre d’un déficit de notoriété nationale par rapport à des figures comme Boni Yayi ou même Éric Houndété. Certains observateurs, reprochent à Atchadé de manquer de charisme ou d’être trop dépendant de l’aura de Boni Yayi pour exister politiquement actuellement. De plus, son rôle dans la scission des FCBE en 2019 a suscité des critiques, certains l’accusant d’avoir contribué à diviser l’opposition pour des ambitions personnelles. Ces perceptions pourraient limiter sa capacité à fédérer au-delà du noyau dur des sympathisants des Démocrates. Éric Houndété : un atout de consensus mais sans éclat Éric Houndété, quant à lui, bénéficie d’une stature politique plus affirmée. Ancien vice-président de l’Assemblée nationale, il jouit d’une expérience parlementaire solide et d’une notoriété établie. Son parcours, marqué par une licence en droit des affaires et une longue carrière politique, en fait un candidat crédible pour porter les couleurs des Démocrates. Houndété est également perçu comme un homme de consensus, capable de naviguer entre les différentes sensibilités du parti sans provoquer de divisions majeures, un atout précieux dans un contexte où l’unité de l’opposition est essentielle. Cependant, Houndété n’échappe pas aux critiques. Certains observateurs le décrivent comme un « politicien de paille » manquant de charisme ou d’une vision audacieuse pour galvaniser les foules. Son passé d’opposant de Boni Yayi, tout en étant un frein (une sorte de rétropédalage), pourrait également être perçu comme un atout, certains électeurs associant Les Démocrates à l’héritage controversé de l’ancien président, marqué par des accusations de corruption, de laxisme et de népotisme. Les défis stratégiques des Démocrates Le choix d’un duo Atchadé-Houndété, bien que pragmatique, ne garantit pas une victoire face à la majorité. Plusieurs défis se posent : Mobiliser un électorat désabusé : Après des années de tensions politiques et d’exclusion de l’opposition des processus électoraux (notamment en 2019), une partie de l’électorat béninois se montre sceptique quant à la capacité des Démocrates à proposer une alternative crédible. Le duo Atchadé-Houndété devra articuler un programme clair, axé sur des enjeux clés comme la lutte contre la pauvreté, le chômage des jeunes et l’amélioration du cadre démocratique, pour reconquérir la confiance des électeurs. Fédérer l’opposition : Les Démocrates, bien qu’ils soient le seul parti d’opposition capable de réunir le nombre requis de parrainages pour la présidentielle, peinent à rallier d’autres formations, comme Restaurer l’Espoir de Candide Azannaï ou les FCBE. Les déclarations parfois clivantes de Boni Yayi et les rivalités internes compliquent cette tâche. Un tandem Atchadé-Houndété pourrait être perçu comme trop marqué par l’héritage de Yayi, ce qui risque d’éloigner d’autres leaders d’opposition. Faire face à la machine électorale de Talon : Même sans Patrice Talon comme candidat, la majorité dispose d’une organisation bien huilée et de ressources financières importantes. Les Démocrates doit renforcer sa vigilance et sa présence sur le terrain tout en présentant des projets concrets et réalistes sachant que Patrice Talon a mis la barre assez haute au cours de ses mandats. Une stratégie à repenser Pour maximiser leurs chances en 2026, Les Démocrates doivent sortir de leur posture de critique systématique et adopter une opposition plus constructive. Le duo Atchadé-Houndété pourrait séduire une partie de l’électorat grâce à leur complémentarité – l’énergie d’Atchadé et l’expérience de Houndété – mais il devra être soutenu par une campagne axée sur une vision positive et inclusive. Proposer un programme économique ambitieux, centré sur l’emploi
Rencontre USA-Afrique : une réunion marquée par la controverse et le manque de respect
Le récent mini-sommet USA-Afrique, tenu à Washington du 9 au 11 juillet, avait pour ambition de renforcer les partenariats commerciaux entre les États-Unis et cinq nations africaines riches en ressources naturelles : le Gabon, la Guinée-Bissau, le Libéria, la Mauritanie et le Sénégal. Cependant, loin d’être un moment de diplomatie équitable, cette rencontre a été largement critiquée pour son ton condescendant et les marques de manque de respect envers les chefs d’État africains, suscitant une vague d’indignation sur les réseaux sociaux et dans les analyses politiques. Dès le début, le président américain Donald Trump a donné le ton en demandant aux dirigeants de se présenter brièvement avec leur nom et leur pays, une requête perçue comme infantilisante pour des chefs d’État de nations souveraines. Lors du déjeuner officiel à la Maison Blanche, Trump a interrompu le président mauritanien Mohamed Ould Ghazouani, pressant les leaders d’accélérer leurs interventions en raison d’un « emploi du temps chargé », un geste qualifié de « humiliant » par plusieurs observateurs. Un moment particulièrement controversé a été l’étonnement de Trump face à la maîtrise de l’anglais du président libérien Joseph Boakai, malgré le fait que l’anglais soit la langue officielle du Libéria, un pays fondé par des esclaves affranchis américains au XIXe siècle. Cette remarque a été perçue comme un manque de connaissance et de respect pour l’histoire et la culture africaines. Le clou du spectacle, selon de nombreuses critiques relayées sur X, fut la « photo de famille » du sommet. Alors que Trump était assis au centre, les cinq présidents africains ont été placés debout autour de lui, une mise en scène évoquant des employés ou des subalternes plutôt que des homologues égaux. Cette image a été largement dénoncée comme symbolisant une posture néocoloniale, renforçant le sentiment d’une diplomatie à sens unique. Ce mini-sommet, loin de renforcer les relations USA-Afrique, a mis en lumière les défis d’une diplomatie équilibrée dans un contexte de rivalité géopolitique. Les critiques appellent à une introspection des leaders africains pour mieux défendre leur souveraineté et leurs intérêts lors des prochaines rencontres internationales, notamment lors du sommet élargi prévu en septembre à New York. M.D
En exil depuis des années, Hugues Comlan Sossoukpè épinglé et extradé à Cotonou
Le web activiste béninois et promoteurs du journal en ligne Olofofo médias n’est plus libre de ses mouvements. D’après les premiers éléments d’information, il aurait été interpellé dans la journée du jeudi 10 juillet 2024, puis rapatrié au bercail. Hugues Comlan Sossoukpè est, depuis plusieurs heures, dans les liens de la justice béninoise. En effet, vivant à l’étranger depuis plus de sept ans entant qu’exilé, son arrestation se serait déroulée ce jeudi dans une discrétion totale, sans aucune communication officielle des autorités judiciaires. Selon le potentiel, aucune déclaration officielle des autorités n’a mentionné de son interpellation, encore moins de son transfert rapide vers Cotonou. Il faut préciser que Hugues Comlan Sossoukpè a été auteur de plusieurs publications et révélations à polémique. Son retour sous escorte au Bénin suscite déjà des interrogations de part et d’autres. Pour l’instant, aucune communication officielle n’a encore été donnée. Prime News Monde apprend également qu’il devra être auditionné ce vendredi devant les instances judiciaires compétentes. Judicaël DAVO
Togo : mandats d’arrêt internationaux contre les cyberopposants du M66
Le gouvernement togolais intensifie sa répression contre le mouvement citoyen M66, né dans la diaspora et porté par des blogueurs et activistes dénonçant la crise économique et la dérive autoritaire du régime. Ce mercredi, à Lomé, le ministre de la Sécurité, Calixte Madjoulba, a annoncé l’émission de mandats d’arrêt internationaux contre plusieurs membres du mouvement, accusés d’inciter à la désobéissance civile. Parmi les cibles figure le journaliste d’investigation exilé Ferdinand Ayité, qui a qualifié ces poursuites de diversion, soulignant que les fonds mobilisés pourraient être mieux investis dans des écoles ou des hôpitaux. Le M66, qui s’est fait connaître après les manifestations du 6 juin 2025 déclenchées par l’arrestation du rappeur contestataire Aamron, critique vivement la nouvelle Constitution de mai 2024, adoptée sans référendum. Cette réforme, instaurant un régime parlementaire, est perçue comme une stratégie pour prolonger le pouvoir de Faure Gnassingbé, désormais président du conseil des ministres. Face à cette traque, le mouvement reste déterminé, mais l’escalade répressive ravive les inquiétudes sur les libertés d’expression dans un pays dirigé par la famille Gnassingbé depuis plus d’un demi-siècle.