Le 2 avril 2026 marque officiellement la fin du mandat constitutionnel de Mohamed Bazoum, président élu en 2021 et renversé par le coup d’État militaire du 26 juillet 2023. Pourtant, l’ancien chef de l’État reste détenu à Niamey, aux côtés de son épouse Khadiza Bazoum, sous la surveillance du régime militaire dirigé par le général Abdourahamane Tiani. Dès son investiture en mars 2021, Mohamed Bazoum avait été confronté à une tentative de putsch, avant d’être finalement renversé deux ans plus tard. Son parcours illustre la fragilité institutionnelle du Niger, où les transitions démocratiques peinent à résister aux pressions militaires. Depuis plus de deux ans, Bazoum et son épouse vivent dans une aile de la résidence présidentielle. Si leurs conditions de détention se sont légèrement assouplies, ils peuvent désormais échanger chaque semaine avec leurs enfants, leur avenir reste tout de même incertain. Leur fils Salem, détenu un temps avec eux, a été libéré en janvier 2024 et vit aujourd’hui à Dubaï. De nombreuses initiatives ont tenté d’obtenir la libération de Mohamed Bazoum telles que les médiations du Togo et du Maroc, les appels d’un collectif international en décembre 2025, ou encore la résolution du Parlement européen demandant sa libération avant la fin de son mandat. Mais ces démarches se sont heurtées au refus des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui dénoncent une ingérence étrangère. L’immunité de Bazoum a été levée il y a deux ans, sans qu’aucune procédure judiciaire n’ait été engagée. Le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (Cnsp) reste silencieux sur son sort. À l’heure où son mandat constitutionnel s’achève, le Niger se retrouve face à une impasse : un président élu mais déchu, détenu sans procès, et un pouvoir militaire qui consolide son autorité sans perspective claire de transition. C.Z
Les Démocrates : Une nouvelle démission qui accentue la crise interne.
Le parti Les Démocrates continue de perdre des figures de premier plan. Le 30 mars 2026, l’ancien député Soumaïla Sounon Boké, incarcéré à la prison d’Akpro-Missérété dans le cadre de l’affaire dite de la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025, a annoncé son départ de la formation politique. Dans une correspondance adressée à la direction du parti, l’ex-élu de la 9e législature justifie sa démission par des « raisons de convictions personnelles ». Une série de départs qui fragilise le parti. Cette démission s’ajoute à une vague de retraits observée depuis l’échec des élections générales de 2025. Le départ de Soumaïla Sounon Boké survient quelques semaines seulement après celui de l’ancien président Boni Yayi et de son fils Chabi Yayi, le 4 mars 2026. Ces départs successifs révèlent une fragilité croissante au sein de la principale formation d’opposition. Secoué par une tempête teintée d’une guerre de leadership ouverte, le parti de l’opposition est désormais divisé entre deux camps : Celui de Nourénou Atchadé, élu président lors du Conseil national, et celui d’Éric Houndété, qui continue de se réclamer président intérimaire. Cette dualité de leadership a conduit François Comlan, proche du camp Houndété, à saisir le tribunal de première instance de Cotonou. Il demande l’annulation de l’élection de Nourénou Atchadé et exige qu’il cesse immédiatement d’agir au nom du parti. L’audience a été renvoyée au 14 avril 2026, laissant planer une incertitude sur la direction effective de la formation. La démission de Soumaïla Sounon Boké illustre l’ampleur de la crise qui secoue Les Démocrates. Entre départs de figures historiques, rivalités internes et procédures judiciaires, le parti peine à maintenir une cohésion et à se projeter comme une alternative crédible sur la scène politique nationale. À l’approche des échéances électorales, cette instabilité interne pourrait réduire considérablement sa capacité à mobiliser et à peser dans le débat politique béninois. Pascal Toffodji
Campagne présidentielle en faveur du duo Wadagni-Talata : Bertin Koovi et les Chevaliers de la République mobilisent les étudiants.
Le mouvement politique Les Chevaliers de la République, conduit par le docteur Bertin Koovi, a rencontré ce mercredi 1er avril 2026 les étudiants de l’ENEAM (ex-INE) pour leur présenter le projet de société du candidat Romuald Wadagni. Cette séance d’échanges a permis aux jeunes de mieux comprendre la vision et les ambitions du duo Wadagni–Talata pour le Bénin. Le coordonnateur du mouvement a insisté sur l’importance de l’engagement des jeunes dans la vie politique. Selon lui, leur implication est indispensable pour accompagner le candidat Wadagni jusqu’à la Marina et participer activement à la mise en œuvre de ses réformes. « Nous voulons travailler avec toutes les catégories sociales, les artisans, les journalistes, les chercheurs, les étudiants afin que Romuald Wadagni soit porté au pouvoir », a expliqué Émile Kpoto, membre du mouvement. Dans son intervention, Bertin Koovi a mis l’accent sur les priorités du projet de société « Plus Loin, Ensemble ». Il a notamment évoqué : le développement de l’agriculture mécanisée et industrialisée, la promotion de l’élevage, la création d’emplois pour les jeunes et la valorisation du Made in Benin à travers la consommation locale. Ces axes, selon lui, permettront de générer davantage de ressources et de renforcer l’économie nationale. Les autorités de l’Eneam ont salué cette démarche, qui a permis aux étudiants de découvrir en détail le contenu du projet de société. Convaincus par les échanges, plusieurs jeunes ont exprimé leur volonté de soutenir le duo Wadagni–Talata lors du scrutin du 12 avril 2026. Le projet présenté promet de poursuivre les réformes engagées depuis 2016, tout en accélérant la redistribution des fruits de la croissance. Pour les Chevaliers de la République, il s’agit de garantir que les jeunes et l’ensemble des citoyens bénéficient pleinement des retombées du développement. Cette rencontre marque une étape importante dans la mobilisation de la jeunesse universitaire, considérée comme un acteur clé de la dynamique nationale. Laure Lèkossa
Présidentielle du 12 avril 2026 au Bénin : Les artisans de l’Atlantique affichent leur soutien au duo Wadagni–Talata.
Le creuset « Wadagni–Talata 100 % des artisans de l’Atlantique » a organisé, ce mercredi 1er avril 2026, une grande séance de vulgarisation du projet de société du candidat Romuald Wadagni. La rencontre s’est tenue à la Maison du Peuple d’Allada et a rassemblé les artisans de tous les corps de métiers issus des huit communes du département de l’Atlantique. Répondant massivement à l’appel de leurs responsables, les organisations professionnelles d’artisans ont découvert les grandes lignes du projet de société du duo Wadagni-Talata. Celui-ci accorde une place particulière au secteur artisanal, considéré comme un pilier de l’économie béninoise. Simplice Agondja, directeur de la trésorerie des ministères et institutions de l’État, a rappelé les réalisations déjà engagées sous le gouvernement Talon. Il a énuméré entre autres la création de la Chambre des métiers de l’artisanat (Cma), la mise en place du Certificat de qualification des métiers (Cqm), et divers programmes de renforcement de capacités. Il a précisé que le projet prévoit, pour les années à venir, des dispositifs innovants pour faciliter l’accès des artisans au financement via les Sfd, garantir un revenu décent, une protection sociale solide et une retraite assurée. Pour Sylvain Sègla, coordonnateur du creuset, ce projet se distingue par sa clarté et sa précision. « C’est pour la première fois que je vois un projet aussi bien structuré, où l’État décrit ligne par ligne ce qu’il entend faire pour les artisans. La séance a été initiée pour mieux expliquer ce contenu aux acteurs du secteur.» a-t-il souligné. À l’issue des échanges, les artisans de l’Atlantique ont réaffirmé publiquement leur soutien au duo Wadagni-Talata. Ils se disent prêts à poursuivre la dynamique enclenchée depuis une décennie et à sensibiliser leurs collègues pour une adhésion massive. Leur objectif affiché : contribuer à une forte mobilisation le 12 avril 2026, jour du scrutin, afin d’assurer la victoire du duo. Avec cette déclaration, les artisans de l’Atlantique entendent jouer un rôle décisif dans la campagne. Leur détermination, affichée haut et fort, s’inscrit dans une véritable offensive vers la victoire. Laure Lèkossa
Présidentielle 2026 au Bénin : Wadagni renforce son ancrage dans le Zou.
À dix jours du scrutin présidentiel du 12 avril 2026, le candidat de la mouvance, Romuald Wadagni, intensifie sa campagne en ciblant les bastions stratégiques. Après une journée de pause, il a repris ses activités le jeudi 2 avril en mettant le cap sur le département du Zou, où il a été accueilli avec ferveur à Agbangnizoun, Abomey et Bohicon. Dans chacune de ces Communes, le duo Wadagni-Talata a présenté les grandes lignes de son projet de société baptisé « Plus Loin, Ensemble ». Il a insisté sur les priorités de son programme comme l’amélioration de l’accès à l’électricité et à l’eau, le développement des infrastructures, la création d’opportunités économiques et la lutte contre la pauvreté. Son discours vise à rassurer les populations sur la continuité de la dynamique de développement enclenchée depuis 2016. Le choix du Zou n’est pas anodin. Ce département, au cœur du pays, est considéré comme un espace électoral clé. En multipliant les escales dans les Communes, Romuald Wadagni cherche à renforcer son ancrage territorial et à mobiliser les électeurs autour de son projet. La campagne se veut participative, avec des échanges directs et des promesses adaptées aux réalités locales. Selon le calendrier de la tournée, le duo Wadagni–Talata poursuivra sa mobilisation à Covè puis à Kétou, dans le département du Plateau. Depuis le lancement officiel de la campagne, le candidat a déjà parcouru six départements, multipliant les rencontres pour expliquer sa vision et rallier les populations à sa cause. À mesure que l’échéance du 12 avril approche, la stratégie du candidat apparaît claire : multiplier les contacts de terrain pour transformer l’élan populaire en votes effectifs. Le Zou marque une étape importante dans cette dynamique, avant de poursuivre vers d’autres régions décisives. C.Z
Vendredi Saint : Un jour de deuil et de recueillement.
Les chrétiens catholiques s’apprêtent à vivre ce jour le Vendredi Saint qui marque la passion du Christ. Il occupe une place unique dans le calendrier liturgique catholique. Selon les explications du Père Jonathan Capo-Chichi, c’est le seul jour de l’année où l’Église ne célèbre pas la messe. Ce choix liturgique traduit la communion directe de l’Église avec Jésus souffrant. « Ce n’est pas le temps de la messe, mais un jour de deuil, de souffrance, de recueillement et de pénitence », explique le Père Capo-Chichi. Les fidèles sont invités à vivre intensément la passion du Christ, en méditant sur son sacrifice pour le salut de l’humanité. Même si la messe n’est pas célébrée, la communion n’est pas supprimée. Le corps du Christ, conservé depuis la célébration précédente, est distribué aux fidèles au cours de la liturgie de la Passion. Cette démarche vise à leur donner la force spirituelle nécessaire pour traverser ce moment de recueillement. La célébration de la Passion s’accompagne d’une procession solennelle, ponctuée de chants et parfois de danses. Elle annonce à tous que, malgré la souffrance et la crucifixion, Jésus-Christ est vivant. Le Vendredi Saint est ainsi un jour de silence, de prière et de méditation. Il rappelle aux fidèles que la croix, symbole de souffrance, est aussi le chemin vers la gloire et la résurrection. C.Z
Criminalisation de l’esclavage des Africains : Le Bénin clarifie sa position sur l’adoption du texte.
L’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution historique qualifiant la traite transatlantique et l’esclavage des Africains de « plus grave crime contre l’humanité ». Porté par le Ghana et soutenu par plusieurs pays africains, dont la Côte d’Ivoire et le Togo, le texte a recueilli 123 voix favorables, 3 contre et 52 abstentions. Le Bénin, co-sponsor du projet, n’a cependant pas pris part au vote, une absence qui a suscité des interrogations. Face à la presse, le chef de la diplomatie béninoise, Shegun Adjadi Bakari, a expliqué que l’absence de la délégation béninoise était due à un dysfonctionnement administratif. Il a précisé que le représentant permanent du Bénin à l’Onu n’avait pas pu participer au vote, mais que le pays avait immédiatement notifié au Secrétariat général son intention de voter en faveur de la résolution. Le ministre a rappelé que le Bénin avait co-sponsorisé le texte et participé activement à sa rédaction aux côtés du Ghana et d’autres États africains. Il a souligné que, depuis dix ans, le pays a placé la mémoire de l’esclavage au cœur de ses politiques publiques, en investissant dans la préservation du patrimoine lié à la traite et en adoptant des lois favorisant le retour des Afro-descendants. Parmi ces initiatives figure la plateforme numérique « My Afro Origins », lancée en juillet 2025, qui permet aux Afro-descendants d’obtenir une reconnaissance de nationalité béninoise. Plusieurs cérémonies officielles ont déjà eu lieu, dont celle du 27 décembre 2025 et une autre en mars 2026, avec une dizaine de bénéficiaires. Shegun Bakari a exprimé la satisfaction du gouvernement béninois face à l’adoption de cette résolution, qu’il qualifie de « décision historique pour la communauté noire ». Pour lui, cette reconnaissance internationale contribue à renforcer la mémoire collective et à rappeler la nécessité de ne jamais oublier ce crime qui a marqué des siècles d’histoire. C.Z
Candidat au poste du secrétariat général de l’ONU : Macky Sall sans l’onction de l’Union africaine.
La course à la succession d’António Guterres à la tête des Nations unies connaît déjà ses premiers rebondissements. L’ancien président sénégalais Macky Sall, pressenti pour briguer le poste de secrétaire général, vient de subir un revers majeur : l’Union africaine (UA) a décidé de ne pas soutenir sa candidature. Selon une note verbale consultée par l’AFP, 20 États membres se sont opposés au projet, bloquant ainsi la procédure d’approbation tacite utilisée au sein de l’organisation. En clair, le consensus nécessaire parmi les 55 pays membres n’a pas été atteint. La candidature, portée par le Burundi et soutenue par son président Évariste Ndayishimiye, n’a pas convaincu une partie importante des capitales africaines. À l’international, la course est lancée pour remplacer António Guterres dont le mandat s’achève le 31 décembre 2026. Le prochain secrétaire général prendra ses fonctions le 1er janvier 2027. Parmi les personnalités déjà en lice figurent Michelle Bachelet, Rafael Grossi, Rebeca Grynspan et Virginia Gamba. Une dynamique se dessine en faveur de l’Amériquelatine, qui revendique le poste, tandis que plusieurs voix appellent à l’élection d’une femme pour la première fois à la tête de l’Organisation des Nations Unies (Onu). Sans l’onction continentale, Macky Sall apparaît affaibli dans une compétition marquée par des équilibres diplomatiques complexes. Le rejet de l’Union africaine (UA) réduit considérablement ses chances de peser face aux candidatures soutenues par des blocs régionaux unis. C.Z
Coupe d’Afrique des Nations 2028 : La CAF élargit le tournoi à 28 équipes.
La Coupe d’Afrique des Nations (CAN) franchit une nouvelle étape dans son histoire. À partir de l’édition 2028, la compétition réunira 28 sélections nationales, contre 24 actuellement. L’annonce a été faite par Patrice Motsepe, président de la Confédération africaine de football (Caf), lors d’une conférence de presse au Caire. Après être passée de 16 à 24 équipes en 2019, la Can poursuit son expansion. Pour Patrice Motsepe, cette décision s’inscrit dans la dynamique de développement du football africain et vise à offrir plus d’opportunités aux nations émergentes de participer à la plus prestigieuse compétition du continent. Autre changement majeur : la Can se disputera désormais tous les quatre ans à partir de 2028, alignant son calendrier sur celui des grandes compétitions internationales comme l’Euro ou la Coupe du monde. Avec 28 équipes en lice, davantage de pays africains auront la chance de se mesurer sur la scène continentale. Cette réforme devrait renforcer la visibilité du football africain et stimuler son développement, tout en augmentant l’intérêt des supporters et des diffuseurs. C.Z
Adoption de la Charte de Révolution au Burkina Faso : Un boulevard ouvert à Ibrahim Traoré.
Le Burkina Faso vient de franchir une étape décisive dans sa transition. Le vendredi 27 mars 2026, l’assemblée chargée de la refondation institutionnelle a adopté à l’unanimité la Charte de la Révolution, un texte qui fixe les nouvelles bases du jeu politique et trace les contours du retour progressif à l’ordre constitutionnel. La Charte de la Révolution consacre une réorganisation des institutions et des règles électorales. Elle marque la volonté des autorités de transition de donner un cadre légal au processus politique, tout en maintenant l’esprit de la révolution qui a conduit à la prise de pouvoir par le capitaine Ibrahim Traoré. Jusqu’ici, l’avenir politique du chef de la transition restait incertain. La nouvelle charte lève toute ambiguïté : elle autorise explicitement les autorités de la période révolutionnaire à participer aux scrutins à venir. Ibrahim Traoré pourra donc briguer un mandat lors des futures élections présidentielles, mais aussi prendre part aux législatives et aux municipales. Cette ouverture électorale est perçue comme une étape clé vers la normalisation politique du Burkina Faso. Elle permet d’envisager un retour progressif à un système démocratique, tout en intégrant les acteurs de la transition dans le processus. Pascal Toffodji (Coll.)