Le procès de Julien Kandé Kansou, membre de la cellule de communication du parti Les Démocrates (LD), s’est poursuivi le mardi 17 mars 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) à Cotonou. Le ministère public a requis deux ans de prison ferme et une amende de 10 millions de FCFA à son encontre pour des faits de harcèlement par voie électronique et d’incitation à la rébellion. Depuis l’ouverture des débats, le prévenu nie les faits et plaide non coupable. Le parquet estime pourtant que les éléments du dossier démontrent qu’il a diffusé en ligne des contenus critiques visant un membre du gouvernement, notamment à la suite d’une proposition sur l’instauration de taxes sur la connexion internet. Pour l’accusation, ces publications dépassent le cadre de la critique politique et relèvent d’infractions prévues par la législation en vigueur. La défense, assurée par Me Barnabé Gbago et Me Augustin Aballo, a demandé la relaxe pure et simple. Les avocats soutiennent que leur client n’a fait qu’exercer son droit à la critique dans un cadre légal, en s’appuyant sur les dispositions encadrant le statut de l’opposition au Bénin. À la barre, Julien Kandé Kansou a rappelé qu’il est en détention provisoire depuis neuf mois, évoquant les conséquences personnelles de cette situation : « J’ai déjà passé neuf mois en détention et ma famille me manque », a-t-il déclaré. Ce dossier s’inscrit dans une série de procédures concernant des publications sur les réseaux sociaux. La loi n°2017-20 portant code du numérique encadre l’utilisation des services en ligne et prévoit des sanctions en cas de harcèlement ou de diffusion de contenus jugés contraires à l’ordre public. La Criet est régulièrement saisie de ce type d’affaires. Dans ce cas précis, l’enjeu porte sur la qualification juridique des propos : s’agit-il d’une expression politique légitime ou d’une infraction pénale ? La défense insiste sur la liberté d’expression, tandis que l’accusation retient une interprétation pénale des faits. Après les réquisitions et plaidoiries, la Cour a mis l’affaire en délibéré. Le jugement est attendu le 28 avril 2026. La décision devra déterminer la culpabilité du prévenu et, le cas échéant, confirmer ou infirmer les peines requises par le ministère public. C.Z
Jeunes élus aux commandes : Un souffle nouveau dans les Communes béninoises.
Les 14 et 15 février derniers, conformément aux dispositions du code électoral, les préfets des départements ont procédé à l’installation des nouveaux conseils communaux. Cette étape marque un tournant majeur : une génération de jeunes élus s’impose désormais dans la gouvernance locale, incarnant un souffle de renouveau et une transition pacifique entre générations. Les résultats des désignations révèlent une tendance forte : plus de 40 % des postes clés (maires, adjoints, présidents de commissions) sont désormais occupés par des jeunes de moins de 40 ans. Ce choix des partis politiques traduit une volonté d’inclusion et répond à une demande citoyenne pour des leaders proches des réalités quotidiennes. Parmi les figures emblématiques de ce mouvement, on retrouve Germain Assokou, premier adjoint au maire de Djidja, Franck Mètolé Kpassassi, maire d’Abomey, Marc Ahossouboco, maire de Za-Kpota, ou encore Bernard Zannou, maire de Ouinhi. Tous sont des cadres aguerris, formés à l’école des aînés et porteurs d’une vision nouvelle. Les clés de la percée Trois facteurs expliquent cette montée en puissance : l’engagement associatif : beaucoup de ces jeunes ont forgé leur expérience dans des Ong et projets communautaires. Le numérique : leur maîtrise des réseaux sociaux a permis des campagnes innovantes, ciblant les préoccupations locales (emploi, éducation, assainissement). Le cadre légal : les réformes institutionnelles sur les quotas jeunes/femmes ont accéléré leur inclusion. Si l’enthousiasme est palpable, les défis restent nombreux. Les jeunes élus doivent convaincre face au scepticisme des aînés qui dénoncent parfois un « manque d’expérience ». Les ressources financières limitées constituent également un obstacle. César Agbossaga, observateur averti, appelle à une gestion concertée et transparente pour éviter les querelles préjudiciables au développement. Les nouveaux maires en sont conscients. À Abomey, Franck Kpassassi annonce un programme de mandature septennal (2026-2033) pour donner une boussole stratégique à son équipe : « Abomey nous attend. Abomey nous entend. » À Djidja, Marin Comlan Katakènon promet rigueur et transparence : « C’est ensemble que nous allons construire la Commune de Djidja. » Cette option d’associer davantage la jeunesse à la gestion des cités rapproche le Bénin de pays comme le Sénégal ou le Rwanda, où les jeunes jouent un rôle croissant dans la politique locale. Pour les analystes, cette dynamique pourrait renforcer la stabilité et l’innovation territoriale. Les nouvelles équipes communales sont désormais attendues sur le terrain. Les 100 premiers jours de leur mandat constitueront un test crucial pour prouver que la jeunesse est capable de transformer l’enthousiasme en résultats concrets, réduire la souffrance des populations et contribuer à leur plein épanouissement dans la paix et la cohésion sociale. C.Z
Matchs amicaux contre la Palestine et la Guinée : Gernot Rohr publie la liste des 25 Guépards sélectionnés.
Le sélectionneur des Guépards du Bénin, Gernot Rohr, a publié une liste de 25 joueurs pour la trêve internationale de mars 2026 dans le cadre des journées Fifa. La sélection affrontera la Palestine et la Guinée en matches amicaux prévus au Maroc, les 27 et 31 mars prochain. Le groupe retenu combine cadres habituels et joueurs en observation. Deux nouveaux éléments font leur apparition : Michel Boni, attaquant de Brentford FC, et Sahid Ngobi, joueur de l’Association Sportive du Port Autonome de Cotonou. Leur convocation marque une ouverture vers de nouveaux profils offensifs, avec une attention portée à la fois aux expatriés et au championnat local. Le reste de l’effectif repose sur des joueurs déjà intégrés dans le dispositif, notamment Steve Mounié, Jodel Dossou ou Olivier Verdon. Cette continuité permet au staff technique de maintenir des repères collectifs tout en évaluant de nouvelles options. Stage au Maroc et préparation des échéances Les Guépards effectueront un stage au Maroc dans le cadre de l’initiative « Maroc, capitale du football africain ». Ce regroupement intervient après la participation de l’équipe à la Coupe d’Afrique des nations et s’inscrit dans une phase de préparation active. Les deux rencontres amicales serviront de base d’évaluation pour le staff. L’objectif est d’ajuster les automatismes et d’observer les joueurs dans un contexte compétitif, face à des adversaires de profils différents. Ces matches s’inscrivent dans une perspective plus large. Les éliminatoires de la Coupe du monde figurent parmi les priorités immédiates, tandis que la CAN 2027 constitue un horizon structurant pour le groupe. Un effectif structuré par lignes La liste comprend trois gardiens : Saturnin Allagbé, Marcel Dandjinou et Serge Obassa. En défense, onze joueurs ont été retenus, dont Rodrigue Fassinou, Olivier Verdon, Yohan Roche, David Kiki, Rachid Moumini et Mohamed Tijani. Le milieu de terrain s’appuie sur Imourane Hassane, Dodo Dokou, Sessi d’Almeida, Mattéo Ahlinvi et Gislain Ahoudo. En attaque, neuf joueurs composent le secteur offensif, avec notamment Steve Mounié, Junior Olaïtan, Tosin Aiyegun, Andreas Hountondji et les nouveaux appelés. La présence de joueurs évoluant dans des championnats étrangers et locaux traduit une volonté de diversifier les profils tout en consolidant l’ossature de l’équipe. Les rencontres face à la Palestine et à la Guinée constitueront les dernières sorties avant les prochaines échéances officielles, avec une attention particulière portée à l’intégration des nouveaux joueurs et à la stabilité du collectif. Liste des 25 joueurs convoqués Gardiens Saturnin Allagbé, Marcel Dandjinou, Serge Obassa Défenseurs Rodrigue Fassinou, Olivier Verdon, Yohan Roche, David Kiki, Rachid Moumini, Mohamed Tijani, Rabiou Sankamao, Brandon Agounon Milieux de terrain Imourane Hassane, Dodo Dokou, Sessi d’Almeida, Mattéo Ahlinvi, Gislain Ahoudo Attaquants Steve Mounié, Junior Olaïtan, Tosin Aiyegun, Jodel Dossou, Andreas Hountondji, Romaric Amoussou, Steve-Waren Traoré, Sahid Ngobi, Prince Dossou C.Z
Un mois après son installation : Le maire Ferdinand Yaou Bokossa imprime sa marque.
Un mois seulement après son arrivée à la tête de la Mairie de Bohicon, Ferdinand Yaou Bokossa veut donner le ton d’une gouvernance nouvelle. Le samedi 14 mars 2026, dans un message adressé aux populations, il a partagé ses premières actions et les grandes lignes de son projet pour la ville carrefour. Depuis son installation, le maire s’est lancé dans une tournée de terrain. On l’a vu dans les marchés auprès des femmes commerçantes, dans les gares routières avec les transporteurs, chez les artisans, mais aussi face aux opérateurs économiques et banquiers. Partout, il a écouté, pris des notes, recueilli les préoccupations et les idées. « La gouvernance doit se construire avec les citoyens », répète-t-il. Cette démarche participative devrait déboucher sur un séminaire des forces vives de Bohicon, projet soumis à l’approbation du conseil communal. Pour concrétiser sa vision, Ferdinand Yaou Bokossa a dévoilé trois programmes prioritaires : Projet 3A : assainissement, artisanat et alphabétisation ; projet 3D : dynamisation de l’économie locale, digitalisation de l’administration communale et valorisation de la diaspora puis projet VTT : viabilisation, transport et tourisme. Ces initiatives s’inscrivent dans le Plan de développement communal et rejoignent la vision nationale du programme Bénin 2060-Alafia, un Monde de Splendeurs. Pour le maire, Bohicon, au cœur des 77 communes du pays, doit pleinement exploiter ses atouts pour renforcer son attractivité et son rôle dans le développement national. « Bohicon doit être un moteur », insiste-t-il, invitant les populations à accompagner cette dynamique C.Z
Présidentielle 2026 : La FCBE en quête de soutien auprès des Démocrates.
Le parti Les Démocrates (LD) a reçu hier mardi 17 mars 2026, à son siège de Fifadji, une délégation de la Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) conduite par son candidat à la présidentielle, Paul Hounkpè. Accompagné de son colistier Judicael Hounwanou et de plusieurs cadres, l’ancien ministre est venu présenter sa vision pour l’après-Talon et solliciter le soutien du principal parti de l’opposition, désormais dirigé par Éric Houndété. La rencontre, annoncée depuis quelques jours, s’est déroulée dans une ambiance conviviale selon des sources proches des deux formations. Le secrétaire à la communication des LD, Guy Mitokpè, a confirmé que les échanges se sont achevés vers midi. Pour l’heure, aucune déclaration officielle n’a été faite, mais les Démocrates ont promis d’examiner la démarche de la FCBE dans les prochains jours. Il ne s’agit pas encore d’un soutien formel, mais d’une prise de contact qui pourrait donner un nouveau souffle à la candidature de Paul Hounkpè. Selon des sources internes à la Fcbe, l’objectif est clair : rallier Les Démocrates à la campagne présidentielle. Ce rapprochement entre les deux principales forces de l’opposition est perçu comme un signal politique fort, même si rien n’est acquis. Le parti présidé par Éric Houndété précise qu’il reste ouvert à la discussion avec tout candidat qui en ferait la demande. Ce repositionnement intervient dans un contexte particulier : la démission de l’ancien président du parti, Boni Yayi, pour raisons de santé, suivie de celle de son fils Chabi Yayi. Ces départs ont marqué une nouvelle étape dans la vie du parti, qui entend désormais peser davantage dans la campagne présidentielle prévue pour le 12 avril 2026. Pascal Toffodji
Tournée nationale de mobilisation dans le Nord : La jeunesse invitée à porter la dynamique de continuité.
Dans le cadre d’une tournée nationale conduite par le ministre conseiller du gouvernement, Jonas Aybatin Hantan, une séance d’échanges s’est tenue le mercredi 11 mars 2026 dans le Nord du Bénin. Les villes de Natitingou et de Djougou ont accueilli cette rencontre. Organisée en présence de diverses autorités, d’élèves et d’étudiants, la rencontre avait pour objectif de présenter le bilan des actions menées au profit de la jeunesse au cours des dix dernières années et de sensibiliser les populations aux enjeux de la participation citoyenne. Prenant la parole au nom du préfet du département de l’Atacora, le chargé de mission Kora a salué la mobilisation des populations et la présence de la délégation gouvernementale. Il a rappelé que depuis 2016, sous l’impulsion du président Patrice Talon, plusieurs réformes ont été engagées dans des secteurs clés tels que l’éducation, la formation professionnelle et l’emploi des jeunes. Il a notamment évoqué les investissements dans l’enseignement technique, avec la programmation de lycées techniques à Natitingou, Cobli, Kouandé et Kérou, afin de renforcer l’employabilité des jeunes. Les intervenants ont également mis en avant les réalisations dans le domaine du sport. Dans le département, deux stades omnisports ont été construits à Tanguiéta et à Kouandé, tandis que des classes sportives ont été instaurées dans les Communes pour permettre aux élèves de pratiquer différentes disciplines et de bénéficier d’un meilleur encadrement. Au cours de la rencontre, plusieurs jeunes et élèves ont pris la parole pour exprimer leur satisfaction. Pour certains participants, les réalisations présentées témoignent des efforts consentis pour améliorer les conditions d’éducation et offrir davantage d’opportunités à la jeunesse. Des représentantes des femmes ont également salué les avancées enregistrées en matière de participation féminine dans les instances politiques et administratives, notamment à travers une présence accrue des femmes dans les conseils communaux et les institutions. Cette tournée nationale vise aussi à sensibiliser les jeunes, en particulier les primo-votants, à l’importance de leur participation aux élections présidentielles prévues le 12 avril 2026. Les intervenants ont insisté sur la nécessité pour les citoyens de s’impliquer dans le processus démocratique, rappelant que voter constitue un devoir civique essentiel. Au terme des échanges, les responsables de la délégation se sont dits satisfaits de l’accueil et de la mobilisation observés dans les Communes visitées des départements de l’Atacora et de la Donga. Ils ont encouragé les jeunes à poursuivre leur engagement pour le développement du pays, à promouvoir la paix et à participer activement aux prochaines échéances électorales. Larysson Kokodoko
Présidentielle au Bénin : La Haac outille les journalistes pour des émissions interactives responsables.
Il est 9 heures ce lundi matin du 16 mars 2026 dans la salle de conférence d’un hôtel d’Abomey. Les chaises sont déjà occupées, les carnets ouverts, les micros installés. Journalistes et animateurs de radios venus de plusieurs régions du pays se retrouvent pour une mission essentielle : apprendre à mieux gérer les émissions interactives, ces programmes où le public prend directement la parole. L’ambiance est studieuse mais chaleureuse. Sur l’estrade, le Conseiller Tossou Marcellin Ahonoukou, représentant le président de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la Communication (Haac), ouvre la rencontre. Sa voix résonne : « À l’approche de l’élection présidentielle du 12 avril 2026, la responsabilité des médias est particulièrement importante. Les émissions interactives doivent rester des espaces d’expression responsables, respectueux des lois de la République et des principes de déontologie journalistique. » Dans le paysage radiophonique béninois, les émissions interactives sont devenues incontournables. Elles donnent la parole aux citoyens, dynamisent le débat public et rapprochent les auditeurs de leurs radios. Mais elles comportent aussi des dangers : propos diffamatoires, incitations à la haine, informations non vérifiées. En période électorale, ces risques se multiplient. C’est pour prévenir ces dérives que la Haac a lancé ce séminaire de deux jours, après une première session réussie à Bohicon en novembre 2025. Objectif, renforcer les capacités des professionnels et leur donner les outils pour encadrer les interventions du public. Pendant ces 48heures d’échanges et de pratiques, plusieurs communications animées par des experts du secteur étaient au programme. Elles sont liées au cadre juridique et à la responsabilité des animateurs, aux techniques de modération, à la gestion des crises en direct, à l’éthique et à la déontologie journalistique, aux stratégies pour dynamiser les émissions interactives. Les participants sont invités à poser des questions, partager leurs expériences et confronter leurs pratiques. « C’est de cette interaction que naîtront les enseignements les plus utiles », insiste le Conseiller Ahonoukou. À moins d’un mois de la présidentielle, la Haac veut s’assurer que les radios jouent pleinement leur rôle : informer, mais aussi apaiser. Les journalistes repartent avec une mission claire : transformer leurs émissions interactives en espaces de débat constructif, loin des passions excessives et des dérapages. Dans les couloirs de l’hôtel, les discussions se poursuivent. Certains animateurs échangent déjà sur leurs expériences de terrain, d’autres notent des idées pour améliorer leurs programmes. Le séminaire d’Abomey n’est pas seulement une formation : c’est une étape cruciale pour garantir que la voix des citoyens, amplifiée par les radios, reste une voix responsable. C.Z
Union économique monétaire ouest-africaine : La monnaie électronique a atteint 248 millions de comptes En 2024.
La Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) a recensé 248,7 millions de comptes de monnaie électronique en 2024 dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), dont 76,8 millions actifs. Les données, publiées dans son rapport annuel de janvier 2026, confirment une progression soutenue de l’usage des services financiers numériques dans la région. Le nombre de comptes a progressé de 18,99 % en un an, contre 209 millions en 2023 et 25,5 millions dix ans plus tôt. Les établissements spécialisés concentrent 70,88 % des comptes, contre 28,4 % pour les banques. Le taux d’activité s’établit à 30,9 %, avec une hausse de 11,6 % du nombre de comptes actifs. Le réseau de distribution a toutefois reculé. Les points de services sont passés de 1,67 million en 2023 à 1,59 million en 2024, soit une baisse de 5,23 %. La Bceao attribue ce repli à la réduction des commissions versées aux distributeurs et à la fermeture de points inactifs, notamment au Bénin (-29,69 %) et au Mali (-46,34 %). Dans le même temps, les points d’acceptation marchands ont connu une croissance rapide, atteignant 3,7 millions contre 1,75 million un an plus tôt. Cette progression de 111,46 % s’explique par le déploiement des paiements par QR Code, particulièrement en Côte d’Ivoire (+140,32 %). Des volumes de transactions en hausse continue L’activité transactionnelle a totalisé 11 milliards d’opérations en 2024, pour une valeur globale de 160 415 milliards de F Cfa, en hausse de 27 % en volume et de 20 % en valeur. La moyenne mensuelle s’établit à 13 183 milliards de F Cfa. Les dépôts et retraits représentent 30,37 % du volume des transactions mais 56,76 % de leur valeur. Les paiements électroniques dominent en volume avec 45,12 %, mais ne pèsent que 9,62 % en valeur. Les transferts concentrent 20,92 % du volume et 31,84 % de la valeur. La valeur globale des transactions atteint désormais 118,94 % du produit intérieur brut de l’Union, contre 105,59 % en 2023. Les transferts transfrontaliers intra-Uemoa progressent également, avec 102 millions d’opérations (+23,65 %) pour un montant de 5 661 milliards de F Cfa (+33,46 %). Selon la Bceao, « les services financiers numériques contribuent désormais à hauteur de 57,2 % au taux global d’inclusion financière de l’Union », estimé à 73,6 %. Une recomposition des acteurs du marché L’écosystème comptait 69 initiatives d’émission de monnaie électronique à fin 2024, dont 52 portées par des banques, 14 par des établissements spécialisés, deux par des Trésors publics et une par une institution de microfinance. Neuf nouvelles initiatives ont été enregistrées, tandis que trois agréments ont été retirés pour non-respect des conditions d’exercice. Les banques renforcent leur position, représentant 71,6 % des offres contre 69,8 % en 2023, souvent en partenariat avec des fintech. Les établissements de monnaie électronique restent majoritaires en volume de transactions (81,8 %), mais leur part recule au profit des banques, passées de 13,3 % à 18,2 %. Le Bénin dans la dynamique régionale Au Bénin, 37,5 millions de comptes de monnaie électronique ont été recensés en 2024, dont 11,2 millions actifs, soit un taux d’activité de 29,99 %. Le pays représente 15,09 % des comptes de l’Union. Le volume des transactions a atteint 2,54 milliards d’opérations (+11,29 %). Les transferts de personne à personne dépassent 200 millions d’opérations pour une valeur de 3 104 milliards de F Cfa, tandis que les paiements marchands totalisent 1,8 milliard d’opérations pour 1 618 milliards de F Cfa. Les transferts transfrontaliers ont atteint 8 millions d’opérations pour une valeur de 230 milliards de F Cfa, avec une valeur moyenne estimée à 5 172 F Cfa par transaction. Le réseau de distribution a reculé à 324 976 points de services, alors que 462 772 commerces sont désormais enregistrés pour les paiements marchands. L’évolution des indicateurs confirme une transformation rapide des usages financiers dans l’Uemoa, marquée par la montée des paiements numériques et l’implication croissante des banques, alors que les autorités monétaires poursuivent l’encadrement des acteurs du secteur. La Rédaction
Zakpota en effervescence culturelle : Le grand réveil du patrimoine et de la solidarité à sonné.
À Zakpota, l’air est chargé d’énergie et de fierté. Depuis plusieurs semaines, la Commune vit au rythme des activités culturelles et communautaires, portées par l’appui constant de l’Ong Dagbédofassi, qui s’attelle à redonner vie à l’identité culturelle locale. Sur le terrain, les associations de Somè, Adjoko, Za-Hla et bien d’autres multiplient les rencontres. Les séances de salubrité organisées par les jeunes et les dignitaires ont rendu leur éclat à des sites emblématiques tels que Tindji Adovi, Sowekpa, Dan Tota, Za Hla et Za Agbogbomè. Ces lieux, chargés d’histoire, retrouvent peu à peu leur vitalité. L’ambiance est également festive. Les cérémonies de fin d’année (Houétanou) se préparent, tandis que les célébrations culturelles battent déjà leur plein chez les dignitaires Dah Djissonon, Dannon Sakpata et le président Ahowé Hounwanou. Ces moments de rassemblement, riches en animations, témoignent de l’attachement des habitants à leur patrimoine. La solidarité n’est pas en reste. L’association des dignitaires a apporté un soutien financier à Baba Atchègui Hounwanou, au dignitaire Alouwanon, ainsi qu’à une sœur adepte d’Alouwa. Ces gestes renforcent les liens communautaires et rappellent que l’entraide demeure une valeur centrale à Zakpota. La jeunesse prend sa place : mobilisée pour nettoyer les sites, attentive aux conseils des aînés, elle assure la continuité des traditions. Les jeunes adeptes ont également marqué la Journée internationale des droits de la femme par une célébration conviviale, preuve que la modernité et la tradition peuvent coexister harmonieusement. C.Z
Participation électorale en chute libre au Bénin
Entre désintérêt citoyen et défis politiques La participation électorale au Bénin continue de susciter débats et inquiétudes. Malgré des élections techniquement bien organisées, les citoyens semblent de moins en moins investis dans le processus. Le scrutin couplé du 11 janvier 2026 en est une illustration frappante. Sur 7 834 608 électeurs inscrits, seuls 2 878 726 ont voté, soit un taux de participation de 36,74 %, avec 89 734 bulletins nuls. Ce taux de participation révélé au cours des dernières élections générales n’est pas surprenant étant donné que la courbe était descendante depuis 30 ans. Les statistiques compilés de 1995 à 2026 retracent une tendance claire. Tenez ! En 1995 la participation record était de 76 %. En 2016, au second tour présidentiel, il était de 66 % de votants soit 3 138 000 sur 4 746 000 inscrits. En 2019, lors des législatives, l’on a assisté à un effondrement des chiffres qui sont passés à 27,12 %. En 2021, la présidentielle a affiché un taux de 50,63 %. En 2023 (législatives) ce taux a légèrement monté à 38,66 %. En 2026 le scrutin couplé a enregistré une nouvelle baisse qui est de 36,14 %. Ces statistiques confirment une désaffection progressive, loin des taux supérieurs à 50 % qui dominaient encore jusqu’en 2019. Analysant les tendances, Alain Adihou, ancien ministre et ex-membre du parti Fcbe, estime qu’il s’agit d’une véritable fatigue démocratique. « Depuis un certain temps, en moyenne, deux Béninois sur trois ne se déplacent pas. Cela traduit une fatigue démocratique », explique-t-il. Cette baisse traduit plutôt, selon Irénée Agossa, porte-parole de l’Up le renouveau, le désintérêt de l’opposition, et non un rejet des réformes. Pour lui, la victoire de la mouvance reste claire. Gabin Goubyi, journaliste pointe la démobilisation orchestrée par certains acteurs politiques et la manipulation de l’opinion. Laurent De-Laure Faton, expert en communication politiquesouligne, pour sa part, que les élections couplées ont dérouté de nombreux électeurs, notamment les illettrés, face à des consignes parfois ambiguës. Sacca Lafia, le président de la Commission électorale nationale (Céna) avance deux raisons principales pour justifier la baisse du taux de participation des électeurs. Il dénonce le caractère non obligatoire du vote au Bénin et l’inscription automatique de tous les citoyens de 18 ans et plus sur la liste électorale, qu’ils aient ou non l’intention de voter. Raison pour laquelle Distel Amoussou du Bloc républicain insiste sur la nécessité de mobiliser davantage les indécis et surtout les jeunes primo-votants. C’est ce qu’a d’ailleurs compris Jonas Aybatin Hantan, ministre conseiller à la culture en initiant une tournée nationale de sensibilisation à l’endroit de cette cible. Pour Alain Adihou, les arguments évoqués par le président de la Céna ne suffisent pas. Il estime que la mise en place d’une liste informatisée a pu créer de la confusion au niveau de certains citoyens ignorants qu’ils deviennent automatiquement électeurs à 18 ans. Toutefois, il insiste : « Le taux de participation et le taux de non-participation doivent faire l’objet d’études sérieuses, pas de justifications hâtives. » Il poursuit en indiquant que la vitalité démocratique ne se mesure pas uniquement aux textes et aux institutions, mais surtout à la participation citoyenne et à la confiance des électeurs envers leurs dirigeants. Or, depuis quelques années, un désamour s’est installé, accentuant la distance entre la population et ses représentants. Entre légitimité et défi civique Comme solution, Wilfried Léandre Houngbédji, porte-parole du gouvernement, propose le renforcement de l’enseignement civique pour rappeler que voter est un devoir citoyen. Si la légitimité des institutions n’est pas remise en cause, la distance croissante entre les citoyens et les urnes interroge. Pour certains, il s’agit d’un signal collectif qui interpelle les institutions, les partis, la société civile et les citoyens eux-mêmes. La solution passerait par : une meilleure sensibilisation civique, une communication politique plus claire et des actions durables pour rapprocher les jeunes et les électeurs indécis des enjeux politiques. Les différentes interventions prouvent à suffisance que le Bénin fait face à un paradoxe : des élections techniquement maîtrisées mais de moins en moins investies par les citoyens. Le défi est désormais de redonner du sens à l’acte de voter, afin que la participation électorale retrouve des niveaux compatibles avec une démocratie vivante. Les différents mouvement et partis politiques s’y emploient sur le terrain Les partis politiques, qu’ils soient de la mouvance et de l’opposition sont conscients de la réalité. Et pour cause. En marge de la pré-campagne, le taux de participation record est leur leitmotiv. Ils fredonnent ce refrain à presque toutes les rencontre de mobilisation citoyenne. Les coordinations de campagne du duo Wadagni-Talata sont d’ailleurs investies de cette mission. « L’objectif affiché est clair : dépasser le taux de participation déjà élevé de 56 % enregistré lors des élections du 11 janvier dernier. » a rappelé Bonaventure Aké Natondé, lors de la cérémonie d’installation de la coordination de la 24è circonscription électorale à Covê. « La dernière fois, nous étions proches des 50 %. Cette fois-ci, nous voulons atteindre 60 à 70 %. » a-t-il recommandé, Luc Sètondji Atrokpo, membre de la direction nationale de campagne du duo de la mouvance présidentielle. Connaissant l’enjeu, Auguste Aïhunhin, coordonnateur de la 24ᵉ circonscription s’engage totalement pour relever le défi. « Nous ferons tout pour que la 24ᵉ soit encore première au plan national en termes de participation. », a-t-il promis. Au niveau de la 23ᵉ, c’est la même motivation. « Nous voulons gagner, mais nous voulons très bien gagner », a martelé le coordonnateur Gildas Agonkan, soulignant que l’enjeu dépasse la victoire. « Il s’agit de donner une légitimité forte à notre candidat. » Pour y parvenir, ils misent sur la stratégie de proximité. Zéphirin Toasségnitché