Le verdict est tombé. Ce mercredi 29 avril 2026, le tribunal de Cotonou a donné raison au camp de Nourénou Atchadé dans la bataille de leadership qui secouait le parti Les Démocrates. La décision confirme l’intéressé dans ses fonctions de président, mettant fin, du moins provisoirement, à un bras de fer interne. Depuis plusieurs mois, deux courants s’opposaient : celui d’Atchadé et celui d’Éric Houndété, qui revendiquait toujours la présidence intérimaire. Le jugement vient clarifier la situation en validant l’autorité du camp Atchadé. À l’issue de l’audience, son avocat, Me Élie Dovonou, a salué une victoire nette : « Monsieur Atchadé est confirmé président du parti Les Démocrates. » Une affirmation appuyée par le contenu du jugement, relayé par Bip Radio. Face à cette décision, le camp Houndété a choisi de se conformer au verdict. Jude Lodjou, porte-voix de ce courant, a indiqué que ses membres acceptent la sentence, tout en soulignant que les divergences internes demeurent. Ce jugement marque une étape décisive dans la lutte pour le contrôle du parti, mais il ne met pas fin aux tensions qui traversent Les Démocrates. La bataille d’influence pourrait bien se poursuivre en coulisses, malgré la reconnaissance formelle de l’autorité de Nourénou Atchadé. C.Z
Santé au travail : L’urgence de relancer les bilans médicaux des employés.
Alors que les comités d’hygiène et de sécurité restent rares dans le secteur privé et que les bilans de santé annuels ont disparu dans le secteur public, les acteurs sociaux appellent le prochain gouvernement à revoir les mécanismes de suivi médical des travailleurs. Dans de nombreuses entreprises privées, l’absence de comités dédiés à la santé et à la sécurité des employés constitue un frein majeur au bien-être des travailleurs. Si certaines structures font exception et assurent un suivi régulier, beaucoup peinent à mettre en place des dispositifs efficaces. Dans le secteur public, les prises en charge médicales existent, mais les bilans de santé annuels, autrefois organisés pour évaluer l’état des travailleurs, ne sont plus systématiques. Une situation jugée préoccupante par les acteurs sociaux, qui estiment que ce suivi est indispensable pour garantir l’efficacité et l’efficience des employés. Ils invitent le gouvernement qui s’installera bientôt à réactiver ces bilans médicaux et à renforcer les mécanismes de prévention. Pour eux, investir dans la santé des travailleurs, c’est investir dans la productivité et la stabilité du pays. C.Z
21ᵉ Tour cycliste international du Bénin : Kristians Belohvosciks sacré, Gourad Saïzonou meilleur béninois.
La cinquième et dernière étape du 21ᵉ Tour cycliste international du Bénin s’est disputée ce samedi 02 mai 2026 entre Zogodomey et Cotonou, sur une distance de 128,65 km. Le Letton Kristians Belohvosciks, déjà maillot jaune avant le départ, s’est imposé en 3h 10’ 34’’, conservant son maillot et remportant la victoire finale. Il succède ainsi au Sud-Africain Reinardt Janse Van Rensburg. Sur cette ultime étape, l’Allemand Lucas Hurter (Hucare-Factory Team) a pris la deuxième place, suivi du Marocain Bdadou Youssef. Côté béninois, Gourad Saïzonou s’est distingué comme le meilleur représentant national sur l’ensemble de la compétition. À l’issue de la course, Gourad Saïzonou a livré son analyse : « On s’est dit qu’il fallait tout donner, comme l’a recommandé le coach. Deux coureurs se sont échappés très tôt et ont tenu près de 100 km avant d’être repris. Dans les derniers kilomètres, la bataille a été intense avec les Érythréens, Algériens et Marocains. Nous avons réussi à placer deux coureurs dans le top 20, ce qui est une fierté. » Il souligne les progrès réalisés : « C’est le fruit des entraînements et de l’esprit d’équipe. Nous avons ramassé presque tous les points chauds. Le bilan est positif : toutes les grandes nations étaient présentes, le niveau était très élevé, mais tous les Béninois ont terminé la course et nous avons obtenu de bons top 10. L’avenir du cyclisme béninois est prometteur. » De son côté, le président de la Fédération béninoise de cyclisme, Romuald Hazoumè, s’est félicité de ces avancées, en mettant en avant les progrès accomplis et le potentiel encourageant de la jeune génération. Zéphirin Toasségnitché
Transition à l’Église du christianisme céleste Vers une réunification, Patrice Talon reçoit le rapport du Conseil supérieur
Le Conseil supérieur de transition de l’Église du christianisme céleste a remis officiellement son rapport de réunification au président de la République, Patrice Talon, le jeudi 30 avril 2026 à Cotonou. Après plusieurs années de crise ayant fragmenté l’Église en différentes tendances, cette étape marque un nouveau pas vers la réconciliation et l’unité. Installé le 26 avril 2025, le Conseil supérieur de transition avait pour mission de restructurer l’Église, moderniser ses textes fondamentaux et restaurer l’harmonie entre les branches. Douze mois plus tard, son coordonnateur général, Bertin Bada, a affirmé que les efforts ont permis « d’instaurer un dialogue sincère » et de « poser les bases d’une gouvernance mondiale unique et consensuelle ». La Constitution, le règlement intérieur, l’architecture des instances et les principes d’organisation ont été élaborés et consolidés. Le Conseil propose également une réorganisation des cultes, des cantiques et de certains textes bibliques. Toutefois, des défis majeurs restent ouverts : fusion des différentes tendances, désignation des chefs de diocèse et proclamation du pasteur, chef mondial. En recevant le rapport, Patrice Talon a rappelé que le Bénin demeure un État laïc, mais que le gouvernement ne pouvait rester indifférent face aux divisions religieuses. « La tâche n’était pas aisée, mais nous avons compté sur le Ciel », a déclaré le chef de l’État, saluant le travail accompli malgré les imperfections. Cette remise de rapport marque une étape décisive dans le processus de réunification de l’Église du christianisme céleste, avec l’espoir d’une stabilité durable et d’une gouvernance spirituelle unifiée. Pascal Toffodji
Bilharziose et vers intestinaux : Une campagne nationale pour protéger 1,5 million d’enfants.
Les ministères de la Santé, des Enseignements primaire, secondaire et de la formation professionnelle unissent leurs efforts pour combattre deux maladies parasitaires qui menacent les enfants : la bilharziose et les vers intestinaux. Une vaste campagne de distribution de médicaments a démarré le lundi 27 avril 2026, ciblant les enfants âgés de 5 à 14 ans à travers le pays. Pendant trois jours les agents commis à cette tâche vont sillonner écoles, établissements scolaires et centres d’apprentissage pour administrer des médicaments aux enfants. Selon Evelyne Aliko, médecin de santé publique au Programme national de lutte contre les maladies transmissibles, la campagne s’étend sur 11 départements pour la bilharziose et 26 communes pour les vers intestinaux. « Les enseignants ont été formés et disposent des médicaments. Chaque école choisit un jour entre le 27 et le 29 avril pour administrer le traitement aux enfants selon les affections présentes dans la localité.» Certaines zones sont concernées uniquement par la bilharziose, d’autres par les vers intestinaux, et plusieurs cumulent les deux. Les établissements scolaires sont les principaux points de distribution. Les enseignants, devenus relais de santé, administrent les comprimés aux élèves. Mais la campagne ne s’arrête pas aux bancs de l’école. Les enfants non scolarisés et ceux en apprentissage ne sont pas oubliés, rassure Evelyne Aliko. « Grâce à la politique de santé communautaire, les relais et agents de santé identifient ces enfants dans les ménages et leur administrent les médicaments. » Pourquoi concentrer les efforts sur les enfants de 5 à 14 ans ? « Ce sont eux qui portent la charge parasitaire la plus élevée. En les traitant massivement, nous réduisons la transmission et protégeons toute la communauté », explique Evelyne Aliko la spécialiste. Avec plus de 1,5 million d’enfants attendus pour cette campagne, le ministère de la Santé affiche une ambition claire : éradiquer la bilharziose et les vers intestinaux d’ici 2030. « Notre objectif est d’obtenir la certification de l’élimination de ces maladies au Bénin », affirme Evelyne Aliko. Cette initiative illustre la détermination du gouvernement à renforcer la prévention et à garantir un avenir plus sain aux enfants béninois. Entre sensibilisation, mobilisation communautaire et traitement de masse, le pays avance vers un horizon où ces maladies ne seront plus qu’un souvenir. Pascal Toffodji
Repos biologique sur le lac Nokoué : Les pêcheurs entre espoir écologique et détresse économique.
Sur les eaux calmes du lac Nokoué et de la lagune de Porto-Novo, les filets sont rangés, les barques immobiles. Depuis la décision de la Direction de la production halieutique suspendant la pêche jusqu’à la fin du mois d’avril, les pêcheurs vivent une période de chômage technique. Une mesure écologique nécessaire, mais lourde de conséquences pour les familles qui vivent de la pêche. Silence sur le lac ! À l’embarcadère d’Abomey-Calavi, un lundi matin, le décor est inhabituel : pas de nasses, pas de filets étalés. Les barques accostées semblent attendre le retour des jours meilleurs. Direction Ganvié, où la communauté de pêcheurs s’adapte tant bien que mal. Germain Ahouangonou, pêcheur depuis plus de vingt ans, s’exprime : « La décision du gouvernement est très bonne. Elle va permettre aux poissons de mieux grandir et de bien donner. » Mais derrière cette adhésion, la réalité économique est rude. Germain confie que sa poche souffre de cette période de vache maigre. « C’est difficile, mais nous avons l’obligation d’accepter. Au départ, si quelque chose est difficile, au retour c’est le bonheur qui s’ensuit. » En attendant la reprise prévue le 30 avril prochain, il reconvertit sa barque motorisée pour le transport, une activité de survie qui lui permet de subvenir aux besoins de sa famille. Sur le terrain, la décision est strictement appliquée. Les comités de pêche et les autorités locales veillent au respect du repos biologique. Noël Kounoudansou, chef du village de Ganvié 2, témoigne : « Nous avons gongonné dans le village pour informer la population. Même les enfants qui prennent leurs petits filets pour pêcher les fretins, on leur arrache ça. Quand on arrache ça aux uns, les autres ne le font plus. » La brigade de surveillance des plans d’eau complète le dispositif, patrouillant pour éviter toute infraction. Si la mesure vise à préserver les ressources halieutiques, elle met en lumière la fragilité économique des pêcheurs. Entre la nécessité de protéger l’écosystème et celle de nourrir leurs familles, le dilemme est réel. Pour Germain et ses pairs, le repos biologique est un pari sur l’avenir : celui d’un lac plus vivant, d’une pêche plus durable. Mais en attendant, le silence du lac Nokoué résonne comme un rappel : la préservation de la nature a un coût que les pêcheurs paient au quotidien. Zéphirin Toasségnitché
Le marché des ruminants à Lobogo : La tradition Sahouè se perpétue dans la douleur.
Bopa, au cœur du département du Mono, où se niche un marché pas comme les autres : le marché de Lobogo. Ici, les cris des vendeurs se mêlent aux bêlements des moutons et des chèvres. Un lieu vivant, coloré, mais aussi confronté à des difficultés d’accès qui freinent son essor. Chez les Sahouè, l’élevage des ovins et caprins est plus qu’une activité économique : c’est une tradition. Rufin Dègnidé, éleveur à Lobogo, en témoigne : « Chez nous, quand un garçon se marie, il donne deux chèvres et un cabri à sa femme pour l’entretien. Les petits qui naissent appartiennent à la femme. C’est pour nourrir la famille quand le mari n’est pas là. » Cette pratique, transmise de génération en génération, fait du marché de Lobogo un véritable carrefour de la culture Sahouè et de l’économie rurale. L’offre est abondante, mais les routes qui mènent à Lobogo sont un véritable casse-tête. Les acheteurs viennent de Dogbo, Klouékanmè, Lalo ou Comé, souvent au prix d’un trajet laborieux. Pélagie Mahoulawè Tossou, commerçante, explique : « Ici, le mouton et le cabri coûtent moins cher. C’est un marché où les éleveurs sont tout près. On achète à bon prix pour revendre ailleurs. » Mais les voies d’accès dégradées font chuter les prix et ralentissent les échanges. Les habitants de Lobogo lancent un appel pressant aux autorités. « Ici, c’est un carrefour stratégique. On va à Dogbo, à Klouékanmè, à Lalo. Mais les routes sont mauvaises. Pendant la saison des pluies, c’est la souffrance. Si le nouveau président pouvait nous aider, ce serait un grand plaisir », plaide un habitant. Au-delà des ovins et caprins, Lobogo est aussi un espace de commerce diversifié : céréales, tubercules et produits vivriers s’y échangent à des prix compétitifs. Un marché où la vitalité économique côtoie la résilience des populations rurales. En somme, Lobogo est bien plus qu’un marché : c’est un symbole de la tradition Sahouè, de la solidarité communautaire et du potentiel économique local. Mais pour que ce carrefour devienne un véritable moteur de développement, il faudra que les routes s’ouvrent enfin à la prospérité. Zéphirin Toasségnitché
Journée internationale des travailleurs au Bénin : Le syndicalisme béninois entre mutation et quête de sens.
À l’approche du 1er mai, symbole mondial des luttes ouvrières, l’émission le débat est ouvert sur l’avenir du syndicalisme au Bénin. Des responsables de confédérations syndicales et un spécialiste du droit du travail ont dressé un constat lucide : le militantisme syndical béninois se transforme, parfois au prix de ses idéaux. Les travailleurs du monde entier se préparent à commémorer le 1er mai dédié à la reconnaissance de leur labeur dans le tissu économique et social. Instituée le 1er mai 1886 aux Etats-Unis, cette date est devenue une journée internationale de revendications en 1889, marquée par des manifestations en hommage aux ouvriers de Chicago. Reconnu comme jour férié chômé et payé entre 1947-1948, elle a été célébrée pour la toute première fois en 1890. Au Bénin cette journée est devenue une tradition chaque année depuis des lustres. Cependant le dialogue social vacille entre progrès et frustrations. Pour Anselme Amoussou, secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes du Bénin (Csa-Bénin), le syndicalisme d’aujourd’hui ne peut plus se résumer à la confrontation. « De plus en plus de confédérations, même celles réputées cogneuses, ont compris que nous pouvons produire des résultats par le dialogue social. Mais le dialogue social, ce n’est pas venir s’asseoir, se saluer et ressortir frustré. C’est un jeu d’acteurs qui doit aboutir à un consensus. » Une vision qui traduit la volonté des syndicats de s’adapter à un contexte où la négociation prend le pas sur la revendication. Face aux défis du monde du travail, les organisations syndicales misent désormais sur la formation. Kodjo Hinlin, secrétaire général de la Confédération des organisations syndicales indépendantes (Cosi), insiste : « L’une des fonctions importantes du syndicat, c’est la formation. Nous essayons de former, mais les thématiques sont nombreuses et les moyens souvent insuffisants. » Cette stratégie vise à renforcer la compétence des militants pour un syndicalisme plus structuré et plus efficace. La question du soutien des confédérations à un duo candidat lors de la dernière présidentielle n’a pas échappé au débat. David Affodjou, inspecteur du travail et enseignant en droit privé, apporte un éclairage juridique : « Aucune loi ne l’interdit. C’est leur droit d’atteler leur étoile à quelque chose qui brille. C’est un nouveau contrat social, un deal qu’ils ont tenté. Si ça échoue, l’histoire retiendra que le candidat les a driblés. » Les syndicats, eux, affirment faire confiance au président nouvellement élu et prennent l’opinion à témoin pour juger de sa bonne foi. Entre dialogue social, formation et repositionnement politique, le syndicalisme béninois cherche un nouvel équilibre. À l’heure où les travailleurs s’apprêtent à célébrer leur journée mondiale, une question demeure : comment concilier la défense des droits avec les exigences d’un monde du travail en mutation ? Le 1er mai, plus qu’une commémoration, s’annonce comme un moment de réflexion sur l’avenir du militantisme et la place du syndicat dans la construction d’un Bénin plus juste et plus solidaire. Zéphirin Toasségnitché
Election du nouveau président de la République : Les attentes des femmes des marchés de Parakou.
À Parakou, les marchés Arzèkè, Guèman, Kpéssou et Rose-Croix bruissent de conversations autour du scrutin du 12 avril dernier. Les commerçantes, principales actrices de ces espaces, ont partagé leurs espoirs et leurs revendications. Au lendemain de la publication des grandes tendances par la Commission électorale nationale autonome (Céna), les femmes des marchés de Parakou expriment déjà leurs attentes à l’endroit du futur locataire de la Marina. Alimatou Mama Djougou, revendeuse au marché Arzèkè, résume l’état d’esprit de nombreuses femmes : « Peu importe celui qui gagne, c’est Dieu qui décide. Mais nous voulons un président qui nous aide, qui diminue les prix des boutiques et des hangars, et qui facilite l’accès aux prêts pour que nous puissions avancer. » Zoubérath Ladjali, commerçante, insiste sur la nécessité de renforcer les politiques d’accompagnement : « On remercie notre président actuel, il fait de son mieux. Mais depuis plus de 23 ans, le business ne va pas. Nous espérons que le nouveau président, avec le maire, trouvera des solutions pour nous les femmes du marché. » Entre détermination et foi, les vendeuses expriment un vœu commun : la paix et la tranquillité pour le pays. « Inch Allah, par la grâce de Dieu, le Bénin ne verra pas ce qui le dépasse. Nous voulons un bon président », confient-elles, convaincues que leur mobilisation au scrutin pourra induire un changement qualitatif. Dans les marchés de Parakou, les femmes attendent du nouveau président, dont les premiers résultats donnent Romuald Wadagni en tête, en attendant la certification officielle, des mesures fortes pour soutenir le commerce, alléger les charges et favoriser l’accès au crédit. Plus encore, elles réclament un climat de paix et de stabilité, indispensable à la prospérité de leurs activités et de leurs familles. Ce témoignage collectif illustre la voix des femmes commerçantes, actrices incontournables de l’économie locale, qui espèrent que leur quotidien sera enfin placé au cœur des priorités nationales. C.Z
DIGNITÉ ET JUSTICE MENSTRUELLE : Le Consortium RÈGLE MOI ÇA honore la recherche scientifique axée sur la SJDM.
Le mardi 28 avril 2026, l’hôtel Azalaï de Cotonou a accueilli bien plus qu’une cérémonie de remise de prix : un acte de plaidoyer puissant. Le consortium ‘’Règle moiça’’ constitué de trois organisations [ONG Filles en Actions – Héroïnes d’Aujourd’hui – Choose Yourself], a récompensé vingt-six auteurs.trices de travaux scientifiques qui redessinent les contours de la dignité menstruelle et de la justice sociale au Bénin. Ces productions, issues du COSDIM 2025 et d’un appel national à soumission d’articles scientifiques sur la SANTÉ – DIGNITÉ & JUSTICE MENSTRUELLES ne sont pas de simples études. Elles constituent des armes intellectuelles pour interpeller les institutions publiques et exiger que la santé menstruelle soit intégrée dans les politiques sociales, éducatives et économiques. Les lauréat.e.s, récompensé.e.s par des chèques allant de 100 000 à 200 000 FCFA, portent désormais une responsabilité collective : transformer la recherche en levier de changement. Pour Nadège Anago, représentante du consortium, cette reconnaissance est un signal fort : « La dignité menstruelle n’est pas un luxe, c’est un droit.» Quant à Brian Sossou, Présidente de l’Ong Filles en Actions et Représentante du Jury de sélection, elle rappelle que ces travaux doivent nourrir un plaidoyer documenté auprès du Ministère des affaires sociales et de la microfinance, mais aussi interpeller la santé, l’éducation et les finances. Au-delà des récompenses, l’événement a mis en lumière une vérité : les inégalités menstruelles ne sont pas naturelles, elles sont fabriquées par des structures fiscales, politiques et économiques. Les recherches primées dénoncent la taxation injuste des produits menstruels, les angles morts des politiques publiques et les logiques de marché qui transforment une nécessité biologique en privilège. Par la voix de leur représentante Sèdjro LIHOUENOU, artiste peintre, les lauréat.e.s tous heureux.ses, ont remercié l’Ong Filles en Actions pour ses multiples efforts en faveur du respect des droits des femmes et des filles. La clôture de la cérémonie fut le moment pour la Chargée du Projet Alida Delou, de saluer les efforts fournis par l’ensemble des lauréat.e.s aboutissant à l’obtention de ses œuvres scientifiques qui constituent aujourd’hui, des outils et indicateurs visibles dans la promotion de la dignité menstruelle et la lutte contre les inégalités. Le projet «SANG POUR SANG, UNIE.S POUR LA DIGNITÉ MENSTRUELLE / Règle moi ça» démontre que la science peut être féministe, participative et située. Elle replace les femmes et les filles au centre de la réflexion, et non en périphérie. Ces travaux ne se contentent PAS de produire du savoir. Ils choisissent leur camp, celui de la justice sociale et deviennent ainsi des outils vivants de transformation. Laure Lèkossa