Le samedi 29 novembre 2025, a été une date mémorable pour la cité historique d’Abomey. Elle consacre l’inauguration du nouveau marché moderne Houndjro. Sous la houlette de Alimatou Shadiya Assouman, Ministre de l’industrie et du commerce (Mic), la cérémonie inaugurale a rassemblé une foule enthousiaste de commerçants, d’usagers et de personnalités venues saluer cette réalisation historique et un parterre de personnalités politiques de la région. « Ce marché que nous inaugurons aujourd’hui n’est pas un marché comme les autres » a fait remarquer le Ministre de l’industrie et du commerce (Mic) pour souligné le caractère particulier de Houndjro. Pour Alimatou Shadiya Assouman, il est ce pont entre les royaumes et la République, entre nos racines et notre avenir, entre l’Abomey des récits et l’Abomey du renouveau. « En installant ce marché moderne ici au quartier Gbècon-Hounli, en plein cœur de la cité royale, nous faisons plus que remplacer un ancien espace commercial. Nous donnons un écrin contemporain à une mémoire séculaire » a déclaré le ministre. Édifié sur une superficie de 34 914 m², le marché moderne de Houndjro s’articule autour de cinq blocs. Il offre aujourd’hui une capacité d’accueil de 1 756 espaces de vente, comprenant 1 484 étals primeurs, 238 boutiques, ainsi que 34 restaurants et maquis offrant diversité et convivialité ; trois blocs administratifs, une infirmerie, une chambre froide, un monte-charge, et plusieurs locaux techniques pour un fonctionnement optimal et sécurisé ; Des sanitaires modernes, conçus pour garantir à tous un confort adapté et un niveau d’hygiène irréprochable. Une promesse faite aux générations présentes ce marché offre une commodité à ses usagers. Véritable symbole du renouveau économique local, elle s’inscrit dans la dynamique de modernisation des marchés engagée par le gouvernement à travers tout le pays. Selon le maire d’Abomey, Antoine Louis Kossi Djédou, ce lieu d’échanges commerciaux se veut un catalyseur de développement, un moteur d’intégration économique et un lieu de cohésion sociale. Eunice Loisel Kiniffo, directrice générale de l’Agence nationale de gestion des marchés (Anagem) a, pour sa part rendu un vibrant hommage au chef de l’Etat, Patrice Talon, dont la vision éclairée et le sens d’anticipation a permis l’édification de ce marché conçu pour répondre aux aspirations légitimes des femmes, des jeunes et de l’ensemble de la communauté. Elle a également témoigné toute sa gratitude à tous ceux qui de prêt ou de loin ont contribué à la concrétisation de ce rêve qui s’inscrit dans un vaste programme de modernisation des infrastructures marchandes en vue d’insuffler une nouvelle dynamique à l’économie nationale. La dignité des commerçants du marché Houndjro restaurée Véritable levier de croissance pour l’économie locale le nouveau marché Houndjro est l’expression d’une identité retrouvée où la tradition et la modernité cohabitent. « L’État, sous l’impulsion du président de la République, Patrice Talon, a voulu que chaque infrastructure marchande rénovée porte en elle trois dimensions essentielles : la dignité des commerçantes et des commerçants, la sécurité et la salubrité des espaces de vente et la valorisation de notre patrimoine culturel. Le marché Houndjro remplit ces trois missions. Et il en porte une quatrième : lamémoire » a souligné le Ministre de l’industrie et du commerce (Mic), Shadiya Alimatou Assouman. Au regard de l’investissement colossal englouti dans ce chef d’œuvre, l’infrastructure, aussi belle soit-elle mérite soins et une attention toute particulière de la part des usagers, des autorités locales, de l’Anagem et de la police républicaine. Le préfet du Zou, Valère Sètonnougbo, Alain Fortuné Nouatin, ministre de la défense, Armand Gansè, député de la 23ème circonscription électorale, Jonas Hantan, Ministre-conseiller aux sports et à la culture, tous natif d’Abomey ont salué l’aboutissement de ce projet qui traduit la volonté du gouvernement d’impulser, une nouvelle dynamique à la vie économique et sociale de la cité historique. Ainsi, ils ont invité les commerçants et les commerçantes du marché à s’acquitter de leur redevance et à maintenir le cadre propre afin de favoriser l’éclosion d’autres projets de développement d’envergure. Zéphirin TOASSEGNITCHE
Formation du premier gouvernement de la transition : Plusieurs ministres de Embalo reconduits.
En Guinée-Bissau, le pouvoir militaire dirigé par le général Horta N’Tam a formé, le samedi 29 novembre 2025, un gouvernement de transition prévue pour durer un an. Il est composé de 22 ministres. Après le coup d’Etat perpétré contre le président Umaro Sissoco Embalo, la junte au pouvoir en Guinée-Bissau a rendu publique la composition d’un nouveau gouvernement de transition. L’équipe compte 22 ministres, dont trois officiers issus directement des forces armées, un général de brigade, un général de division et un officier de marine. Tandis que les autres portefeuilles reviennent à des personnalités civiles. Cinq femmes font également leur entrée au gouvernement, auxquelles s’ajoutent cinq secrétaires d’État. Ce sont des nominations qui interviennent au lendemain de la prise de fonction d’Ilidio Té Vieira, récemment nommé Premier ministre. Ancien ministre des finances et proche collaborateur du président déchu, ce dernier est chargé de conduire la transition dans un climat politique encore instable. Selon le décret présidentiel, João Bernardo Vieira est nommé ministre des affaires étrangères, de la coopération internationale et des communautés. Neveu de l’ancien chef d’État, Nino Vieira, assassiné en 2009, il s’impose comme l’un des visages majeurs de cette nouvelle équipe. Juriste de formation, titulaire d’un master en développement international, il avait occupé le poste de secrétaire d’État aux Transports et aux Communications entre 2014 et 2016 et s’était présenté comme candidat indépendant à la présidentielle du 23 novembre. Contrairement à ce que, le commun des guinéens pouvait s’attendre, le pouvoir dirigé par le général Horta N’Tam a également maintenu à des postes clés, plusieurs membres du gouvernement renversé. Carlos Pinto Pereira, ancien ministre des affaires étrangères, prend désormais la tête du ministère de la justice et des droits de l’homme. José Carlos Esteves conserve quant à lui le portefeuille des travaux publics, du logement et de l’aménagement urbain. Fatumata Jau reste secrétaire d’État à la coopération internationale et aux communautés, confirmant la volonté des militaires d’assurer une forme de continuité dans certains secteurs. Le faux se confirme La configuration du présent gouvernement ainsi composé semble bien confirmer pour certains observateurs, l’hypothèse de Fernando Dias concernant le putsch orchestré par Umaro Sissoco Embalo lui-même. L’opposant et principal challenger du président déchu s’était notamment montré clair au lendemain du coup d’Etat. « Nous sommes en démocratie. Il y a quelqu’un qui était le président de la République, José Mario Vaz, mais il a perdu, il a accepté, il a transféré le pouvoir à Umaro Sissoco Embalo. C’est cela qu’Embalo doit faire. Ce coup d’État, c’est un faux qu’Umaro Sissoco Embalo a annoncé. Tous les peuples de Guinée-Bissau savent que ce qu’Umaro Sissoco Embalo a dit n’est pas vrai », avait-il déploré. Pressions internationales et incertitudes politiques L’installation de ce gouvernement de transition intervient alors que la Cédéao et plusieurs partenaires internationaux maintiennent leur pression sur les autorités, appelant au retour à l’ordre constitutionnel et à la libération des personnalités arrêtées après la tentative de putsch. Le nouveau cabinet devra ainsi gérer simultanément l’urgence sécuritaire et les négociations diplomatiques, dans un climat national particulièrement instable. La Rédaction
Coup d’Etat en Guinée-Bissau : Ousmane Sonko appelle à la poursuite du processus électoral.
Ousmane Sonko, Premier ministre du Sénégal a réagi à la situation politique en Guinée-Bissau, où le président Umaro Sissoco Embalo a été renversé par l’armée. Il plaide pour la libération de toutes les personnes interpellées ainsi que la poursuite du processus électoral. Devant la représentation nationale pour les sessions de questions d’actualité au gouvernement, Ousmane Sonko n’a pas pu échapper à la question sur la Guinée-Bissau, pays voisin du Sénégal. Dans un bref commentaire, le Chef du gouvernement a qualifié la situation de « combine » et appelé à la poursuite du processus électoral afin que la volonté du peuple Bissau-guinéen, exprimé à travers les urnes le 23 novembre, soit respectée. « En ce qui concerne la Guinée-Bissau, je vais rester bref, car ça relève des prérogatives du président de la République. La Cédéao a déjà fait un communiqué sur le sujet, mais il faut bien dire que ce qui s’est passé est une combine. Ce n’est pas normal. Ils ont même arrêté un homme, Domingos Perreira, qui n’était même pas candidat. Il doit être libéré le plus rapidement possible », a-t-il d’abord fait remarquer. Pour le Premier ministre sénégalais, la Commission électorale devrait continuer à faire son travail afin de rendre au gagnant sa victoire. « Le processus électoral devrait aboutir », a conclu le leader du Pastef Les Patriotes, au pouvoir à Dakar. Frustré par la position de Sonko, Umaro Sissoco Embalo s’envole pour le Congo Umaro Sissoco Embalo a quitté Dakar dans la nuit du vendredi 28 au samedi 29 novembre pour rejoindre Brazzaville. L’ancien président bissau-guinéen, renversé par un coup d’État militaire le 26 novembre, n’aura passé que deux jours sur le sol sénégalais avant de s’envoler vers la République du Congo où il va passer son exil. Ce départ intervient quelques heures seulement après les déclarations d’Ousmane Sonko devant l’Assemblée nationale sénégalaise. Le Premier ministre avait qualifié le putsch de « combine » et de « mascarade », reprenant à son compte la thèse selon laquelle le coup de force aurait été orchestré pour empêcher la proclamation des résultats électoraux. Sonko avait également exigé la poursuite du processus électoral et la libération des personnes arrêtées, se rangeant ainsi du côté de l’opposition bissau-guinéenne qui accuse Embalo d’avoir fabriqué ce scénario pour éviter de céder le pouvoir à Fernando Dias, donné gagnant du scrutin du 23 novembre. Denis Sassou-Nguesso accueille Embalo à Brazzaville L’ancien chef d’État a atterri en fin de matinée à bord d’un jet privé affrété par les autorités congolaises, selon l’Agence France-Presse qui cite des sources gouvernementales. Une source à la présidence congolaise a confirmé cette arrivée.Embalo rejoint un pays qu’il connaît bien. Il entretient des relations étroites avec le président Denis Sassou-Nguesso, qu’il avait d’ailleurs alerté dès le mercredi 26 novembre, au moment où les militaires prenaient le contrôle de Bissau.D’après les informations disponibles, l’ancien dirigeant ne serait pas à Brazzaville pour une simple escale. Il y séjournerait de manière prolongée et a été installé dans un établissement hôtelier de standing.Cette destination marque une rupture avec Dakar, où les propos du chef du gouvernement sénégalais ont clairement signifié que l’accueil réservé au président déchu ne s’accompagnait d’aucune caution politique. La Cédéao, qui avait facilité son exfiltration vers le Sénégal, a pour sa part suspendu la Guinée-Bissau de ses instances et exigé un retour à l’ordre constitutionnel. Le premier ministre de la transition nommé Le président de la transition, le général Horta N’Tam, a nommé Ilídio Vieira Té au poste du premier ministre pour lancer le processus de transition. C’était au lendemain de son investiture. Ce dernier est chargé de former un nouveau gouvernement dans les prochains jours. Ministre des finances jusqu’à sa nomination, Ilídio Vieira va conserver son portefeuille qui va cumuler avec ses fonctions de premier ministre. Cette nomination lance la transition et la formation du gouvernement ne devrait plus tarder. Le « Haut commandement » qui a pris le pouvoir après avoir renversé Umaro Sissoco Embalo a inscrit au rang des priorités, la lutte contre « le trafic de drogue et la corruption ». Le pays suspendu des instances de la Cédéao La Guinée-Bissau replonge une nouvelle fois dans l’incertitude politique. À la suite du coup d’État militaire du 26 novembre 2025, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a décidé, lors d’une session extraordinaire, de suspendre immédiatement le pays de toutes ses instances. Cette mesure radicale marque la gravité avec laquelle l’organisation régionale perçoit ce nouvel épisode d’instabilité dans un pays déjà coutumier des ruptures institutionnelles. Réuni en urgence, le Conseil de médiation et de sécurité (Cms) de la Cédéao a examiné le rapport de son Président de la Commission concernant la situation politique et sécuritaire en Guinée-Bissau. L’organisation s’est dite profondément préoccupée par le renversement du pouvoir, survenu à peine trois jours après la tenue d’élections générales qui avaient mobilisé massivement la population. Cet enthousiasme électoral, symbole d’un espoir démocratique renouvelé, a été brutalement interrompu par la prise du pouvoir par des éléments de l’armée. La Cédéao a condamné « avec la plus grande fermeté » cette rupture de l’ordre constitutionnel. Elle exige la publication immédiate des résultats du scrutin du 23 novembre par la Commission électorale nationale, considérant que la volonté populaire doit être restaurée sans délai. L’organisation rappelle que ses protocoles, notamment celui de 2001 sur la Démocratie et la bonne gouvernance, stipulent clairement une tolérance zéro envers les changements anticonstitutionnels. Zéphirin TOASSEGNITCHE
Coup d’État de « façade » : Goodluck Jonathan apprécie le renversement d’Embalo.
L’intervention de Goodluck Jonathan, redonne de l’ampleur à une crise politique déjà saturée de zones d’ombre. En mission à Bissau pour superviser les élections générales, l’ancien président nigérian a livré une analyse tranchée. Pour lui, ce qui est présenté comme un renversement du pouvoir n’a rien d’un véritable putsch selon un rapport de The Cable. Cette prise de position relance le débat sur la légitimité des événements qui ont bouleversé la Guinée-Bissau ces derniers jours et sur les motivations réelles des acteurs impliqués. Les dernières heures de la vie politique bissau-guinéenne ont été marquées par une série d’actes brusques. Alors que le pays attendait la proclamation des résultats du double scrutin, un groupe de militaires a affirmé reprendre la main sur l’appareil d’État, bloquant l’annonce officielle des chiffres et neutralisant les institutions. Les frontières ont été fermées, un couvre-feu imposé et les autorités civiles mises à l’écart. Umaro Sissoco Embaló a dit avoir été « renversé », tandis que plusieurs responsables ont été retenus puis relâchés dans une atmosphère confuse. Selon plusieurs observateurs régionaux, l’arrestation du chef de l’État, suivie de sa capacité à communiquer peu après, pourrait traduire un enchaînement inhabituel pour un coup d’État. Ces éléments alimentent encore aujourd’hui des interrogations sur la nature exacte de l’opération militaire, ses objectifs immédiats et son calendrier, surtout alors que le pays sortait à peine d’un vote particulièrement disputé. C’est dans ce climat lourd que Goodluck Jonathan intervenait sur le terrain, mandaté pour suivre le déroulement des élections. Sa présence lui a permis de suivre de près les premières heures de la crise. Il estime que les signes observés ne correspondent pas au renversement brutal auquel on pourrait s’attendre dans une telle situation, notamment pour ce qui concerne la manière dont le chef de l’État est resté en mesure de s’exprimer avant d’être déplacé hors du territoire. Cette perception ouvre la voie à une lecture différente des événements, sans pour autant confirmer une version alternative des faits. Goodluck Jonathan appelle à la publication des résultats électoraux Face à cette instabilité, l’ancien président nigérian, qui dirigeait la mission d’observation du Forum des anciens de l’Afrique de l’Ouest, insiste sur un point : la transparence du processus électoral. Pour lui, l’arrêt brutal du décompte prive les citoyens d’un élément essentiel de leur vie démocratique. Il juge indispensable que les résultats soient rendus publics, quel qu’en soit l’impact politique. Goodluck Jonathan décrit l’intervention militaire comme une opération qui pourrait s’apparenter à une mise en scène, dans la mesure où les étapes habituelles d’un véritable renversement n’ont pas été entièrement observées. La Rédaction
Symposium annuel de l’Institut des artisans de justice et de paix : Le maintien de la paix comme leitmotiv.
L’Institut des artisans de justice et de paix (Iajp) a tenu le weekend écoulé sa 24ème édition du symposium annuel au titre de l’année 2025. Cette rencontre organisée à la veille des élections générales au Bénin est placée sous le thème « Élections pacifiques, alternance politique et cohésion sociale, gages de l’unité nationale » Elle a réuni entres autres, des autorités politico administratives, des enseignants, ainsi que des religieux. Les élections ne sont pas de simples rituels démocratiques, elles constituent le reflet de la vitalité démocratique d’un Etat, le catalyseur de l »alternance politique et par-dessus tout, le test de la cohésion sociale et de l’unité nationale. Dans un contexte électoral ou les passions peuvent s’exacerber et les clivages s’accentuer un seul impératif demeure, maintenait la paix et la cohésion sociale dans une alternance démocratique pacifique. Et c’est dans ce sillage que s’inscrit l’Institut des artisans de justice et de paix(Iajp) de la Conférence épiscopale du Bénin (Ceb) en initiant ce symposium annuel. Il vise à susciter une réflexion collective constructive sur la manière dont les processus électoraux et l’alternance politique peuvent renforcer ou affaiblir le tissu social béninois. Il s’agit d’inviter l’ ensemble des acteurs nationaux, gouvernants, personnalités, politiques, leaders de la société civile, universitaires, jeunes, femmes, et citoyens ordinaires à prendre conscience de leur rôle et de leur responsabilité dans la promotion d’un environnement électoral sain et d’une cohésion sociale inébranlable. Quatre communications et un panel ont meublés ces deux jours de travaux. Des travaux qui ont exploré des pistes concrètes d’actions porteuses d’espérances pouvant éclairer les acteurs sur leur rôle essentiel pour des élections pacifiques ; une alternance réussie et une cohésion sociale durable. L’état de la démocratie Béninoise évalué au cours de ce symposium. Le panel de discussion a, quant à lui, porté sur le thème « Animation de la vie politique et conquête du pouvoir : Le Bénin peut-il être fier de sa démocratie? » Il a opposé Iréné Agossa, membre du Bureau politique de l’Union progressiste le renouveau, représentant la majorité présidentielle à He Habibou Woroucoubou du parti de l’opposition ‘’Les Démocrates’’ et Rameld Gandaho de la société civile. Un débat houleux Des heures d’échanges houleux dominés par l’argumentaire de chacun des panelistes. A la question de savoir si le Bénin dans l’animation de la vie politique et dans la conquête du pouvoir, peut-il être fier de sa démocratie, l’He Habibou Woroucoubou répond par la négation. Pour lui, le principe fondamental de la démocratie, c’est le principe de séparation des pouvoirs. « Lorsque vous êtes dans un système politique où ces trois pouvoirs ont tendance à se confondre, vous allez vers la pensée unique. Je crois que petit à petit, nous tendons vers là. Ce qui inquiète. Donc il est normal qu’on ne peut pas en être fier justement. Parce que le jour où vous êtes en démocratie et que vous ne pouvez pas compter sur la justice, je crois que c’est terminé. Le dernier rempart, c’est la justice. Qu’ils vous souviennent qu’en 2024, on a voté ici un code électoral qui est à la base de tous les soucis que nous vivons aujourd’hui. Ce code électoral ne respecte aucunement notre Constitution. Et l’institution qui est appelée à rendre inconstitutionnelle ce code électoral, c’est la Cour constitutionnelle. Je me souviens avoir fait au moins trois recours sur ce code électoral pour appeler la Cour constitutionnelle a déclaré inconstitutionnelle ce code. Mais hélas!! On a l’impression que ce sont des lois, des textes, qui sont taillés sur mesure et ayant pour but d’exclure l’opposition du processus électoral. Ce que nous observons aujourd’hui par rapport au processus électoral, c’est la conséquence des textes votés» a-t-il expliqué. Le représentant de la majorité présidentielle n’est pas d’avis Mais de son côté, le représentant de la majorité présidentielle n’a pas du tout partagé cet avis. Pour lui, il n’est nullement question d’indexer les textes encore moins l’autorité de la République. Mais c’est une question de l’égalité parce que, justifie-t-il, le Bénin est un État de droit et tout ce qui respecte les lois sont qualifiés pour les compétitions électorales. « Moi, je suis tellement fier de ma démocratie parce que nous sommes en train de quitter une démocratie élective pour une démocratie de développement. Une démocratie où désormais, ce ne serait plus la chamaille, se serait désormais la réponse aux besoins de nos populations. Nous allons développer ce pays. Nous allons quitter les clubs électoraux pour de véritables partis politiques. On ne vient pas en politique pour être élu, simplement pour être député. On vient en politique par conviction. Et tu t’engages pour vivre ta conviction au sein d’un parti. Donc, il y a cette différence ici, aujourd’hui. Quand vous suivez les images de la télévision nationale aujourd’hui, vous en êtes au moins fiers.» a-t-il contre-attaqué. L’homme pour convaincre son auditoire a mis un accent particulier sur les réformes entrepris par le gouvernement de la rupture et les nombreuses réalisations effectuées notamment sur le plan des infrastructures, de l’eau, de l’assainissement, du social et bien d’autres. « Nous existons selon la légalité dans le pays et c’est la République qui nous unit. Ce n’est pas le sentiment de chacun. La République est là et tout le monde doit se soumettre » a-t-il martelé. Une société civile muselée Selon, Rameld Gandaho, la société civile est réduite au silence au travers des lois précédemment voté au parlement. A l’en croire, la société civile sous ce régime perd petit à petit son poids et sa crédibilité au regard des textes. « Je vais donc inviter les uns et les autres à prendre connaissance de la loi de juillet 2025 qui porte sur l’association et les fondations en République du Bénin, de la loi 2018 relative au code pénal, en son article 240, du code du numérique, de ses articles 383 jusqu’aux articles 415, parce que là, il est aussi question des conditions dans lesquelles les Osc, désormais, devront recueillir des informations, les traiter, les diffuser, les communiquer, les transférer, ou les interconnecter. Nous voulons le bien-être des citoyens,
Législatives de 2026 : Le Gsr hors course, Les Démocrates maintenus.
La Commission électorale nationale autonome (Céna) a rendu publique, ce mercredi 26 novembre 2025, sa délibération portant sur le contrôle de conformité des déclarations de candidature déposées en vue des prochaines élections législatives. Cette annonce fait suite à la phase d’enregistrement et d’examen technique des dossiers par l’organe de gestion des élections. L’objectif de cette procédure, d’après la Céna, est de vérifier la régularité des pièces fournies par les différentes formations politiques au regard des dispositions légales et réglementaires stipulées par le code électoral en vigueur. Au terme de l’étude des dossiers, la Commission a statué favorablement sur les listes présentées par cinq partis politiques. Elle les déclare recevables pour la suite du processus. Les formations dont les candidatures ont été validées sont la Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), l’Union progressiste le Renouveau (Up-r), le Bloc républicain (Br), le Mouvement des élites engagées pour l’émancipation du Bénin (Moele-Bénin) et le parti Les Démocrates (Ld). Ainsi, la validation du dossier du parti Les Démocrates autorise la participation de cette principale formation de l’opposition au scrutin, marquant une différence factuelle avec la Présidentielle et les communales de 2026 où leurs candidatures n’avaient pas été retenues. En revanche, l’examen de conformité a abouti au rejet du dossier soumis par le parti Grande Solidarité républicaine (Gsr). La Cena a jugé cette liste irrecevable à ce stade de la procédure. En application des textes régissant l’organisation du scrutin, la décision, arrêtée ce mercredi 26 novembre 2025 fera l’objet d’une notification formelle adressée aux mandataires des partis politiques concernés. Parallèlement, la liste provisoire des formations retenues sera publiée officiellement par l’institution, conformément aux exigences de publicité et de transparence prévues par la loi. Pascal Toffodji
Prévention du cancer du col de l’utérus : Le Bénin lance une campagne nationale de vaccination gratuite.
Du 1er au 7 décembre 2025, le ministère de la santé va vacciner gratuitement les filles de 9 à 14 ans contre le Virus du Papillome Humain (HPV) afin de prévenir le cancer du col de l’utérus. Le Bénin renforce sa lutte contre le cancer du col de l’utérus, l’une des maladies les plus meurtrières chez les femmes. Le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, a annoncé le lancement d’une campagne nationale de vaccination contre le Virus du Papillome Humain (HPV), du 1er au 7 décembre 2025. Destinée aux filles âgées de 9 à 14 ans, cette opération vise à protéger les adolescentes avant toute exposition au virus. Le vaccin, sûr et efficace, sera administré gratuitement dans les écoles primaires, secondaires et dans des centres publics identifiés à travers tout le territoire national. Faut-il le dire, cette initiative bénéficie du soutien des partenaires techniques et financiers du Bénin, soulignant l’importance de la prévention dans la lutte contre le cancer. Le ministère de la Santé encourage vivement les parents à faire vacciner leurs filles pour garantir une protection durable contre cette maladie évitable. Zéphirin TOASSEGNITCHE
Promotion de la paix en période électorale par le CCR : Les leaders religieux du Zou au cœur d’une campagne de sensibilisation.
Le Centre Monseigneur Lucien Monsi Agboka (Cémola) de Bohicon a abrité, le mardi 25 novembre 2025, la séance de vulgarisation des recommandations du séminaire sur le rôle des confessions religieuses pour des élections apaisées en 2026. Au terme des échanges, les leaders religieux ont été responsabilisés pour prêcher la paix aux fidèles dans leurs différentes chapelles en vue d’encourager les potentiels électeurs à sortir massivement pour accomplir leur devoir civique lors des prochains scrutins. La période électorale est souvent caractérisée par des tensions, des escalades verbales et des dénonciations calomnieuses. Des comportements qui sont sources de conflits et de guerres. Pour pallier à ces éventualités, le Cadre de concertation des confessions religieuses (Ccr) a adopté une démarche préventive en organisant à Cotonou, un séminaire d’appropriation du rôle des confessions religieuses pour des élections apaisées en 2026. Cette rencontre qui a réuni les chefs de couvents, les chefs de culte, les responsables religieux de tous ordres a accouché d’importantes recommandations qui s’articulent autour de l’importance de la paix dans le processus de développement. Ces résolutions formulées à l’endroit de tout le peuple béninois, des chefs des partis politiques et des autorités, sont vulgarisées auprès des communautés. Les leaders religieux, apôtres de la paix dans le département du Zou sont mis à contribution afin que le message de paix atteigne tous les citoyens dans les confins de notre pays. En effet, notre pays, le Bénin, s’apprête à organiser les élections générales en janvier 2026. Il s’agit d’un évènement inédit à enjeu majeur pour notre démocratie qu’il faut préparer avec minutie. Ainsi, il va falloir prendre toutes les dispositions idoines pour éviter que le pays bascule dans les violences électorales. « Il faut que la masse soit éduquée à comment sortir massivement pour aller accomplir son devoir civique parce que tout le monde ne sait pas voter. Si vous ne sortez pas pour voter, cela va profiter aux fraudeurs » a indiqué Michel Alokpo, secrétaire général du Cadre de concertation des confessions religieuses (Ccr) et président du comité d’organisation dudit séminaire. Réunis donc dans la salle de conférence de Cémola, les leaders religieux sont faits ambassadeurs de paix au sein de leurs localités. A travers leurs cultes dans leurs chapelles, au niveau de leurs couvents ils vont prêcher en faveur de la paix, amener aussi les électeurs potentiels à comprendre que le droit de vote que leur confère la loi fondamentale est un pouvoir qu’il faut exercer au moment opportun. Ne pas l’accomplir relève d’une mauvaise citoyenneté. Ce qui impact négativement le développement. « Notre mission première est d’amener les gens à sortir massivement pour accomplir leur devoir civique. En 2006, les populations sont sorties massivement pour voter. Mais depuis lors, les données ont changé. Les populations ne s’intéressent plus aux élections. En 2022, le taux de participation n’était pas honorable, pareille en 2023. Ce qui n’honore pas notre pays » a indiqué le Secrétaire général du Ccr. Selon lui, ce constat est dû selon aux guéguerres entre les partis politiques, au multipartisme sauvage et à la situation économique. « Nous allons éviter que les gens boycott » a-t-il insisté. Si cette mission a été dévolue aux leaders religieux, c’est pour cause. «Les leaders religieux sont sollicités à cette fin parce qu’ils ont l’art de prêcher l’Evangile ou le Coran dans leur lieu de culte. Ils sont les mieux outillé pour porter ce message de paix que nous avons transcrit sur cette fiche » a indiqué Michel Alokpo. Le surintendant général, Apôtre Noël Aïtchékpo Gankpé, porte-parole du comité directeur de la congrégation chrétienne de l’ordre sacré éternel des Chérubins Séraphins Mont Sion du Bénin, membre du comité de suivi de Ccr, abonde dans le même sens et rappelle que la paix est très précieuse parce qu’elle conditionne tout développement. «Sans la paix, pas de développement véritable » a-t-il martelé. Dah Sogbé Kpozèhouè, porte-parole des leaders religieux du Zou, salue la démarche du Ccr en prenant l’engagement, au nom de ses pairs, à prêcher la bonne nouvelle partout où besoin sera en vue d’inverser la tendance de 2019. Pascal Toffodji
Construction d’une prison moderne à Ouèdo : Vers le désengorgement des maisons d’arrêt au Bénin.
Au Bénin, le gouvernement mise sur des infrastructures plus humaines et mieux adaptées. À Ouèdo, dans la commune d’Abomey-Calavi, un centre pénitentiaire d’un nouveau genre s’élève, avec l’ambition de répondre aux défis récurrents de l’espace carcéral. Livraison annoncée pour octobre 2026. À Ouèdo, dans la commune d’Abomey-Calavi, les travaux d’un établissement pénitentiaire moderne s’étendant sur 4,3 hectares avancent progressivement. Le projet, initié par le gouvernement béninois et exécuté sous la maîtrise d’ouvrage déléguée de la Sirat, s’inscrit dans une démarche de modernisation des infrastructures carcérales du pays. Le complexe en construction comprend six bâtiments à deux niveaux. Selon les informations techniques disponibles, il abritera des dortoirs conformes aux normes, une infirmerie équipée, des parloirs, une cantine, des espaces dédiés aux promenades et des locaux pour le personnel pénitentiaire. L’objectif affiché est de disposer d’un cadre mieux organisé et fonctionnel pour l’accueil des personnes détenues. La livraison est annoncée pour octobre 2026. Pour Babylas Gbaguidi, coordonnateur de l’Ong Prisonniers sans Frontières, estime que cette infrastructure pourrait contribuer à atténuer certaines difficultés relevées dans l’environnement carcéral. Il souligne que le principal défi observé dans plusieurs établissements reste le manque d’espace. « Le Bénin n’atteint pas encore les ratios internationaux de surpopulation carcérale, mais il existe un déficit réel en termes de capacité d’accueil », indique-t-il. Selon lui, les nouvelles constructions engagées ces dernières années offrent déjà un début d’amélioration. Il nuance toutefois les craintes exprimées par certains quant à un éventuel remplissage automatique des grands centres. Il rappelle qu’un travail est en cours au niveau des juridictions pour mieux gérer les flux et favoriser des alternatives à la détention lorsque cela est possible. Il ajoute que les infrastructures plus vastes ouvrent la voie à l’installation éventuelle d’ateliers ou de dispositifs de réinsertion. Zéphirin TOASSEGNITCHE
Coup d’Etat en Guinée-Bissau : Umaro Sissoco Embalo déposé par les militaires.
La Guinée-Bissau a été secouée, le mercredi 26 novembre 2025 par un coup d’Etat. Le président Umaro Sissoco Embaló qui s’est dit victime de ce coup de force a revendiqué un peu plus tôt sa victoire à la présidentielle. Il a été mis aux arrêts par une faction de l’armée. Le virus des coups d’Etat est de retour en Guinée-Bissau. Le président sortant Umaro Sissoco Embaló a été arrêté par des officiers de l’armée alors qu’il était dans son bureau au Palais présidentiel à Bissau. Dans la foulée, le chef d’état-major général des armées, le ministre de l’intérieur et le vice-chef d’état-major ont été interpelés. Le président sortant a confirmé être victime de coup d’Etat militaire orchestré selon lui par le chef d’état-major de l’armée de terre. Aux dernières nouvelles, des tirs nourris ont été entendus près du palais présidentiel. De nombreux coins stratégiques de Bissau ont été sécurisés par des forces de défense et de sécurité. La situation politique reste confuse. Après la présidentielle du dimanche, le président sortant Sissoco Embaló et le candidat de l’opposition Fernando Dias de Costa ont chacun revendiqué leur victoire alors que les résultats sont attendus hier jeudi. Le général Horta N’Tam assure la transition pour un an En Guinée-Bissau, le général Horta N’Tam a été investi « président de la transition» pour une durée d’un an. Il devient le nouvel homme fort de ce pays ouest-africain après le renversement du président Umaro Sissoco Embaló, survenu, le mercredi 26 novembre 2025. Son investiture intervient 24 heures après la chute du régime de Umaro Sissoco Embaló. « Je viens d’être investi pour assurer la direction du Haut commandement », a déclaré le général Horta N’Tam, après avoir prêté serment lors d’une cérémonie au siège de l’état-major. La cérémonie vient ouvrir une nouvelle ère pour la Guinée-Bissau, alors que les résultats de l’élection présidentielle sont attendus pour hier jeudi. Après avoir pris le pouvoir, les militaires ont suspendu le processus électoral, annulé les résultats du scrutin et procédé à la fermeture des frontières jusqu’à nouvel ordre. La rhétorique des organisations régionales et sous régionales Les missions d’observation de l’Union africaine, de la Cédéao et du Forum ouest-africain des Sages ont condamné le coup d’Etat contre le régime de Umaro Embalo. Dans une déclaration conjointe, ces missions invitent ces organisations à prendre toutes les dispositions nécessaires pour rétablir l’ordre constitutionnel dans ce pays en proie à l’instabilité politique. Réunis à Bissau dans le cadre du processus électoral, les chefs des missions d’observation électorale de l’Union africaine (Ua), de la cédéao, ainsi que le président du Forum ouest-africain des Sages ont dressé un constat contrasté de la situation post-électorale en Guinée-Bissau. Après avoir salué la bonne tenue de l’élection présidentielle dimanche dernier, ces observateurs ont déploré l’interrompu brutal du processus par l’annonce d’un coup d’État mené d’une faction de l’armée. Les observateurs se disent « profondément préoccupés » par la détention de hauts responsables, notamment ceux impliqués dans l’organisation du scrutin. Ils exigent leur libération « immédiate », condition indispensable, selon eux, au retour à un processus électoral normal et transparent. Face à cette situation politique tendue à Bissau, l’Ua et la Cédéao sont appelées à « prendre les mesures nécessaires pour restaurer l’ordre constitutionnel ». La Cédéao et l’Ua sommées de réagir avec fermeté ! En fin de matinée du mercredi 26 novembre, c’est le président Umaro Embalo même qui a annoncé à Jeune Afrique avoir été victime de coup d’Etat. Plusieurs hauts gradés de l’armée ainsi que le ministre de l’Intérieur ont été interpellés. Réunis au sein du « Haut commandement militaire pour la restauration de l’ordre », les putschistes ont fermé les frontières, suspendu le processus électoral et annulé les résultats attendus jeudi. Les missions d’observations de la Cédéao, de l’Union africaine et du Forum ouest-africain des Sages ont dénoncé une tentative de coup d’Etat et appelé à la restauration de l’ordre constitutionnel. Le président déchu, Umaro Sissoco Embaló était détenu hier à l’état-major de l’armée à Bissau. Dossier réalisé par la Rédaction