Au palais des gouverneurs à Porto-Novo, le président de l’Assemblée nationale du Bénin a accueilli, le lundi 20 avril 2026, l’ambassadeur de Turquie, Mesut Koç. Cette rencontre a permis de revisiter les liens politiques déjà solides entre Cotonou et Ankara et d’ouvrir de nouvelles perspectives de coopération dans des secteurs clés tels que la santé, le textile et le tourisme. Le président de l’Assemblée nationale, Joseph Fifamè Djogbénou, a reçu en audience l’ambassadeur de Turquie près le Bénin. Les deux personnalités ont passé en revue l’état actuel des relations bilatérales et ont exprimé leur volonté commune de les renforcer. À sa sortie d’audience, l’ambassadeur Mesut Koç a déclaré : « Nous avons transmis la lettre de félicitations du président de l’Assemblée nationale de la Turquie. Nous avons souligné qu’il existe un bon lien politique entre nos deux pays et qu’il est temps d’augmenter la coopération dans le domaine de l’économie, de la culture et de l’aspect humain. Particulièrement, nous avons mentionné la santé, le textile et le tourisme. » Cette rencontre illustre la volonté des deux nations de consolider leurs relations diplomatiques et de les élargir à des secteurs stratégiques. Le Bénin et la Turquie entendent ainsi bâtir un partenariat gagnant-gagnant, au service du développement et du rapprochement des peuples. C.Z
Abomey-Calavi : un camion transportant des cartons d’allumettes prend feu à l’échangeur de Godomey
Un incendie s’est déclaré ce mardi 21 avril 2026 au niveau de l’échangeur de Godomey, dans la commune d’Abomey-Calavi, impliquant un camion remorque chargé de boîtes d’allumettes. La Rédaction Aux environs de midi, les flammes se sont déclenchées, suscitant une vive inquiétude chez les riverains ainsi que chez les usagers de la route. Selon les témoignages recueillis sur place, le véhicule, en provenance d’Abomey-Calavi, se dirigeait vers Cotonou au moment des faits. La nature hautement inflammable de la cargaison a favorisé une propagation rapide du feu, compliquant les opérations d’intervention. Le conducteur a toutefois réussi à immobiliser le camion et à s’en extraire à temps, évitant ainsi le pire. Alertés, les sapeurs-pompiers se sont rapidement rendus sur les lieux afin de maîtriser le sinistre. D’après les mêmes sources, ils étaient encore en pleine intervention aux alentours de 12h50, face à l’ampleur de l’incendie. Cet incident a également entraîné des perturbations de la circulation, notamment sur l’axe reliant Abomey-Calavi à Cotonou. Grâce à la promptitude et au professionnalisme des agents de la Police républicaine, la circulation, fortement perturbée au départ, a progressivement repris.
Chiens errants à Parakou : Une menace qui vire au drame.
Le drame survenu à Sinagourou, l’un des quartiers du premier arrondissement de Parakou, illustre avec brutalité les dangers liés à la présence incontrôlée des chiens errants dans les zones urbaines. Un jeune motocycliste d’une vingtaine d’années a été grièvement blessé après avoir percuté un camion en stationnement, alors qu’il tentait d’échapper à une meute de chiens. Peu avant 6 heures du matin, le jeune homme circulait à moto lorsqu’il a été pris en chasse par plusieurs chiens. Dans sa fuite, il a perdu le contrôle de son engin et s’est violemment encastré contre un camion garé en bordure de route. Le choc a été si brutal que la victime a dû être évacuée d’urgence vers le Chud-Borgou. Son état reste préoccupant, même si son pronostic vital n’est pas engagé pour l’instant. Cet accident relance le débat sur la gestion des chiens errants, dont la présence croissante dans les quartiers constitue une menace pour la sécurité des habitants. Au-delà des risques de morsures ou de transmission de maladies, ces animaux provoquent des situations de panique pouvant déboucher sur des accidents graves, comme celui de Sinagourou. Les riverains, choqués par l’incident, interpellent les autorités municipales et sanitaires sur l’urgence d’un plan de régulation. La capture, la vaccination et la mise en fourrière des chiens errants apparaissent comme des mesures indispensables pour protéger les usagers et restaurer la sérénité dans les quartiers. L’accident de Parakou n’est pas un fait isolé : il révèle une faille dans la gestion urbaine et la sécurité publique. Tant que le problème des chiens errants restera sans solution, les routes et les quartiers continueront d’être des zones à risque. Pascal Toffodji
Chargements hors parcs à Bohicon : Ferdinand Bokossa lance l’offensive contre l’anarchie.
Le désordre dans le transport urbain à Bohicon vit ses dernières heures. Dans un communiqué officiel, le maire Ferdinand Bokossa a annoncé une série de mesures strictes pour mettre fin aux pratiques anarchiques qui paralysent la circulation et mettent en danger les usagers. Désormais, toute montée ou descente de passagers en dehors des gares et espaces aménagés est formellement interdite. Chauffeurs, rabatteurs et usagers sont prévenus. Les contrevenants seront immédiatement interpellés et sanctionnés. Cette décision vise à restaurer la discipline dans une ville carrefour où le transport informel a longtemps dicté sa loi. Les conducteurs de poids lourds sont également ciblés. La Mairie exige qu’ils utilisent exclusivement le parking dédié, désormais opérationnel, et bannit tout stationnement anarchique sur les axes publics. Objectif, désengorger les routes et réduire les risques d’accidents liés aux manœuvres dangereuses. Au-delà de la répression, cette initiative traduit une volonté politique de moderniser Bohicon et d’accompagner son expansion économique. En rétablissant l’ordre dans le transport, la mairie entend sécuriser les usagers, fluidifier la circulation et renforcer l’image d’une ville en mutation. Le maire Ferdinand Yaou Bokossa en appelle enfin à la responsabilité collective. Pour lui, cette réforme n’est pas une simple mesure administrative, mais un acte de gouvernance visant à protéger les citoyens et à préparer Bohicon à devenir un véritable hub économique régional. C.Z
Deuil au sein de la communauté sportive de Djougou : Mambas Noirs Fc perd deux jeunes joueurs dans un accident.
La communauté sportive de Djougou, dans le nord du Bénin, est plongée dans une profonde consternation à la suite d’un tragique accident de la circulation survenu dans la soirée du mardi 14 avril 2026, ayant coûté la vie à deux jeunes footballeurs du club Mambas Noirs FC de Pélibina. Selon les informations rapportées par Radio Solidarité FM de Djougou, les deux joueurs circulaient à moto en direction de leur localité après un déplacement effectué dans la ville de Djougou, lorsqu’un véhicule en provenance de Cotonou, victime d’une crevaison en cours de route, aurait soudainement perdu le contrôle, provoquant une collision frontale inévitable entre les deux engins. Le choc a été d’une violence extrême. Souleymane Abdoulatif, l’un des jeunes joueurs, a perdu la vie sur place, malgré l’intervention rapide des secours. Son coéquipier, Amadou Ibrahim, ancien joueur de Panthères FC de Djougou, a été grièvement blessé et transporté d’urgence à l’hôpital, où il a malheureusement succombé à ses blessures quelques heures plus tard, selon les mêmes sources. Ce double drame plonge les familles des victimes, leurs coéquipiers ainsi que l’ensemble de la communauté sportive de Djougou dans une profonde tristesse. Les clubs concernés, les dirigeants sportifs locaux et les habitants de la région expriment leur solidarité et leur compassion face à cette perte tragique qui endeuille une fois de plus le football béninois. Les témoignages recueillis auprès des habitants de Djougou traduisent une vive émotion et une grande incompréhension face à ce drame routier. Plusieurs voix appellent à une prise de conscience collective sur la sécurité routière, notamment pour les jeunes conducteurs de motos, souvent exposés aux risques sur les axes secondaires et principaux de la région. Dans la ville et ses environs, les hommages se multiplient sur les réseaux sociaux et dans les milieux sportifs, où les deux joueurs étaient connus pour leur engagement, leur discipline et leur passion pour le football. Les autorités locales et les responsables sportifs sont également attendus pour accompagner les familles endeuillées et soutenir les clubs touchés par cette perte. Ce drame rappelle une nouvelle fois la nécessité de renforcer les mesures de prévention et de sensibilisation afin d’éviter de nouvelles tragédies similaires dans le futur. Les clubs locaux de Djougou, ainsi que les acteurs du football béninois, devraient dans les jours à venir organiser des initiatives de soutien et des moments de recueillement en mémoire des deux jeunes disparus, afin d’honorer leur contribution au sport local et de renforcer l’unité au sein de la communauté sportive touchée par cette perte irréparable dans un élan de solidarité et de mémoire collective durable et respect sincère. Pascal Toffodji
Certificat de qualification aux métiers session d’avril 2026 : Le Zou veut démontrer l’efficacité des réformes artisanales.
Les différentes épreuves de l’examen national du Certificat de qualification aux métiers (Cqm) démarrent ce lundi 20 avril 2026 et se poursuivront jusqu’au vendredi 24 avril prochain. Dans le département du Zou, onze centres de composition sont mobilisés pour accueillir les candidats des neuf Communes. La session des examens nationaux de l’année en cour s’ouvre par le Certificat de qualification aux métiers (Cqm), consacré aux candidats artisans des divers corps de métiers. Dans le département du Zou tout est fin prêt pour que les candidats composent dans les conditions requises. Selon son Altesse Dah Zèwanon Guézo, Chef de la délégation départementale Zou de la Chambre des métiers et de l’artisanat onze centre sont aménagés pour accueillir les apprenants de la formation professionnelle. De ses explications, on retient que les Communes à statut intermédiaire, Abomey et Bohicon, disposent chacune de deux centres. Les sept autres communes ordinaires abritent chacune un centre. A en l’en croire, la particularité de cette session réside dans le fait qu’elle est la dernière sous le mandat du président Patrice Talon, initiateur des réformes dans le secteur artisanal, et le tout premier sous le nouveau président Romuald Wadagni. « Ce Cqm doit démontrer que les réformes portent leurs fruits. », a-t-il souligné. Tous les candidats ne sont pas appelés à plancher les mêmes jours. Chaque corps de métier à son jour de composition définit par le calendrier des épreuves. La date du lundi est réservée à ceux des secteurs agroalimentaire, menuiserie, coffrage, carrelage, plomberie, maçonnerie, peinture bâtiment. Le mardi, les candidats en électricité, mécanique auto, soudure, réparation de roues vont composer. Le mercredi, ce sera le tour de la couture, broderie, tissage. Le jeudi, l’hygiène et soins corporels, coiffure, esthétique vont prendre la relève. Le vendredi ceux des photographie, graphisme et métiers connexes vont boucler la boucle. Zacharie Sodjo, président de l’Union des électroniciens de Bohicon, se veut rassurant. « Tous ceux qui doivent faire partie des jurys ont déjà été formés vendredi dernier dans la salle polyvalente du Lycée technique de Bohicon. Les chefs de centres et leurs comités sont mobilisés, les salles de composition sont prêtes. Nous attendons seulement les matériels sensibles que la Direction des examens et concours doit acheminer le jour de l’examen. »Il lance un appel aux candidats : « L’examen n’est pas un concours, c’est une évaluation des compétences acquises durant trois ans de formation auprès des maîtres artisans. Je demande à chaque candidat d’être à l’heure et de ne pas céder à la peur. Les forces de sécurité seront présentes uniquement pour garantir la sérénité des épreuves. »Au-delà des épreuves, ce Cqm 2026 symbolise la consolidation des réformes engagées pour professionnaliser l’artisanat et offrir aux jeunes une certification reconnue. Les responsables locaux insistent : tout est prêt, les candidats doivent simplement se présenter confiants et ponctuels. Zéphirin Toasségnitché
Photocopies dans l’éducation béninoise : Entre outil pédagogique et fardeau financier.
Dans les écoles publiques ou privées du Bénin, le bruit des machines à photocopier résonne désormais autant que celui des craies sur les tableaux. Ce qui devait être un simple outil d’accompagnement pédagogique est devenu, pour beaucoup de parents, un véritable casse-tête financier. Dans les campagnes comme dans les villes, les témoignages se ressemblent. Chaque semaine, de nouvelles feuilles à payer. « 100 francs, 200, 400, parfois 500 », soupire Pierrette Houénou, une mère rencontrée devant l’école primaire publique de Honudon, dans l’arrondissement de Lissèzoun. Les évaluations SA1, SA2, SA3 s’enchaînent, et avec elles les frais. « Au début, on croyait que c’était pour aider l’enfant à mieux travailler. Mais à la longue, la pratique s’est érigée en norme. Pour ceux qui ont plusieurs enfants, c’est devenu insupportable », confie un Rigobert Vissoukpo, père de famille. Beaucoup dénoncent une pédagogie qui se réduit à « jeter des photocopies » aux élèves, sans explication ni effort d’écriture. « Si l’enfant dessinait ou écrivait lui-même, il retiendrait mieux », insiste Pierrette Houénou. Pour ces parents, l’abus de photocopies entraîne une baisse du niveau scolaire et prive les enfants du goût de l’effort. Face à ces critiques, les enseignants rappellent que l’approche par compétences, adoptée depuis quelques années, exige des supports adaptés. Rigobert Damido, professeur dans un collège de Klouékanmè, explique : « Le support est nécessaire pour accompagner le cours. Même si le professeur prépare ses affiches, il faut des photocopies pour que l’élève suive et comprenne. » Selon lui, l’enseignant n’a pas toujours le choix car les photocopies sont indispensables pour transmettre efficacement les savoirs. Bertin Gnidjazounnon, instituteur à la retraite nuance : « Les photocopies ne sont pas mauvaises en soi. Elles sont utiles pour certains exercices. Mais l’abus est dangereux. » Il insiste sur l’importance de l’écriture, surtout dans les petites classes. « Au CP, si l’enfant ne sait pas écrire, il ne pourra pas avancer. Trop de photocopies risquent de le priver de cette base. » Pour lui, il faut trouver un équilibre entre modernité et méthodes traditionnelles, afin de redonner aux élèves le goût de l’effort. Entre nécessité pédagogique et charges financières, la photocopie est devenue un symbole des contradictions du système éducatif béninois. Les parents réclament une régulation, les enseignants défendent leur pratique, et les anciens appellent à un retour à l’essentiel : l’écriture, l’effort, et l’amour du savoir. Le débat reste ouvert, mais une certitude s’impose : sans ajustement, la photocopie risque de coûter cher, non seulement aux familles, mais aussi à l’avenir des élèves. Zéphirin Toasségnitché
Accidents routiers dans le Zou : L’inconscience au volant, un fléau persistant.
Malgré les campagnes de sensibilisation répétées, les routes du département du Zou, notamment celles du plateau d’Abomey, continuent de faire des victimes. Les chiffres sont alarmants : 568 accidents enregistrés en 2025 selon le centre de secours de Bohicon, et déjà plusieurs cas recensés en ce début d’année 2026. La route tue, et les causes semblent connues de tous, mais les comportements ne changent pas. Ferdinand Mèdéhou Tossou, enseignant à Abomey, dénonce une non-maîtrise du code de la route et un incivisme grandissant. Selon lui, les excès de vitesse et le manque de vigilance sont les principaux facteurs. « L’inconscience est due à la non-maîtrise du code de la route. Certains ignorent les panneaux et franchissent les limites, provoquant des drames », explique-t-il. Ce constat illustre une réalité : la formation des conducteurs reste insuffisante, et les auto-écoles, pourtant en première ligne, ne sont pas toujours impliquées dans la sensibilisation continue. Dah Ahononvi Vignigbé Glèlè pointe un autre fléau : la consommation de produits psychotropes par les jeunes conducteurs. Ces substances, censées « donner de la force », altèrent en réalité les réflexes et la lucidité. « Lorsqu’ils se retrouvent en pleine chaussée, le contrôle disparaît, bonjour les dégâts », déplore-t-il. Le phénomène gagne même les adultes, aggravant la situation et épuisant les forces de l’ordre et les sapeurs-pompiers, contraints d’intervenir presque quotidiennement. Les feux tricolores hors service, les routes dégradées et les campagnes de sensibilisation trop espacées accentuent le problème. Ferdinand Mèdéhou Tossou propose d’impliquer davantage les promoteurs d’auto-écoles dans la prévention, car ils côtoient les conducteurs au quotidien. Dah Ahononvi Vignigbé Glèlè, lui, appelle à une lutte ferme contre la vente des psychotropes et à la réhabilitation des feux tricolores disparus. Pour lui, la croissance démographique exige une modernisation urgente des infrastructures routières. À cette insécurité s’ajoute la surcharge des véhicules, désormais réprimée par la police républicaine. Un communiqué conjoint de deux ministères autorise la répression des chargements hors gabarit. Crédo Martial Togan, acteur de la société civile, rappelle le décret du 21 octobre 2011 qui fixe les limites de poids et de dimensions des véhicules. « Nos routes se dégradent rapidement parce que ces textes ne sont pas respectés », souligne-t-il. Eric Dègnonvi du Centre national de sécurité routière renchérit : « Sur la carte grise, le poids total en charge est indiqué. Mais à la quête du profit, les transporteurs dépassent ces limites, fragilisant les routes. Vers une responsabilité partagée Les syndicats du transport, représentés par Cyr Ouinsou et Yessoufou Moustapha, se disent prêts à accompagner le gouvernement, tout en demandant des alternatives économiques pour compenser la baisse de revenus liée à la mesure. Cette collaboration pourrait marquer un tournant si elle s’accompagne d’une réelle volonté politique et citoyenne. Les accidents dans le Zou ne sont pas une fatalité. Ils révèlent un manque de discipline, de formation et de contrôle. Tant que la vitesse, la drogue et la surcharge seront tolérées, les statistiques continueront de grimper. La sécurité routière doit devenir une responsabilité partagée : autorités, conducteurs, auto-écoles, et citoyens. Car sur l’autel de l’inconscience, c’est la vie qui se sacrifie. Zéphirin Toasségnitché
Meurtre maquillé en suicide à Glazoué : Le fantôme de Marc Aïffa force les aveux.
Le 9 avril 2026, Aklampa, paisible village de la Commune de Glazoué, sombre dans l’effroi. Le corps sans vie Marc Aïffa, jeune homme du village, est découvert pendu à la charpente de sa maison. Une corde autour du cou, une scène qui évoque un suicide. La douleur est immédiate, la famille brisée, le village plongé dans le deuil. L’inhumation est précipitée, comme pour tourner la page trop vite. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. L’affaire révèle des jours plus tard un rebondissement glaçant : derrière l’apparente tragédie se cache un meurtre soigneusement maquillé. Un des suspects, en fuite vers le Nigeria, affirme avoir vu le fantôme de Marc Aïffa sur la route. Terrifié, il rebrousse chemin et se livre à la police. Ses aveux bouleversent l’enquête : ce n’était pas un suicide, mais un crime orchestré. Deux complices présumés sont aussitôt interpellés et placés en garde à vue à Aklampa. Deux autres restent activement recherchés. À Aklampa, l’émotion est à son comble. Le spectre de Marc Aïffa ne hante pas seulement ses bourreaux, mais aussi une communauté qui exige vérité et justice. Ce meurtre, révélé par des aveux arrachés à la peur d’un fantôme, rappelle que nul crime ne peut rester enseveli sous un linceul de mensonge. Marc Aïffa mérite justice. Que toute la lumière soit faite sur sa mort, et que les coupables répondent de leurs actes devant la loi. C.Z
Examen du Certificat de qualification aux métiers : L’État met fin aux frais illégaux, les apprentis restent otages des traditions.
Le secteur de la formation professionnelle au Bénin est en pleine mutation. Dans une note circulaire, Mathias Amour Ahomadegbe, Directeur départemental des Enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle de l’Atlantique, a sifflé la fin des pratiques abusives qui gangrenaient l’organisation du Certificat de qualification aux métiers (Cqm). Désormais, seuls les frais d’inscription officiels de 12 500 F CFA sont exigibles. Toute autre contribution imposée aux apprentis est déclarée illégale et expose ses auteurs à des sanctions disciplinaires. L’État prend en charge l’intégralité des matières d’œuvres nécessaires aux épreuves pratiques, garantissant ainsi l’égalité des chances entre candidats, quel que soit leur milieu social. Cette décision assainit les centres de formation et protège les apprentis contre l’extorsion. Mais elle ne résout pas le problème le plus lourd : la libération post-diplôme. Dans de nombreux ateliers, le diplôme est retenu par les maîtres artisans, qui imposent des cérémonies coûteuses pour « bénir » leurs apprentis. Entre fêtes obligatoires, tenues imposées et menaces de malédictions, les jeunes diplômés se retrouvent piégés dans une tradition qui vire parfois à l’exploitation. Au-delà des contraintes financières, la peur des représailles spirituelles pèse sur les apprentis. Dans l’imaginaire populaire, quitter son patron sans cérémonie revient à s’exposer à l’échec professionnel. Cette crainte, profondément ancrée, maintient les jeunes dans une dépendance qui fragilise leur autonomie économique. La lutte contre les frais illégaux du Cqm est une première victoire. Mais pour que la formation professionnelle devienne un véritable tremplin vers l’émancipation, il est urgent que les collectifs d’artisans et les autorités définissent des règles éthiques claires. La libération des apprentis doit cesser d’être un fardeau financier et psychologique, pour redevenir un rite de passage valorisant et accessible. Pascal Toffodji