À peine les urnes refermées au Bénin, la scène diplomatique s’anime déjà. Le président du Nigeria, Bola Ahmed Tinubu, devient le tout premier dirigeant de la sous-région à adresser ses félicitations à Romuald Wadagni, vainqueur provisoire de la présidentielle du 12 avril 2026. Dans une lettre officielle, le locataire du State House d’Abuja salue « la confiance que le peuple béninois a placée dans la vision et le bilan de service » de Wadagni, actuel ministre des Finances. Tinubu félicite également le gouvernement et le peuple béninois pour l’organisation d’élections apaisées, gage de maturité démocratique. Au-delà des mots, le président nigérian trace déjà les contours d’une coopération renforcée : « Nos deux nations partagent une longue histoire d’amitié, de liens culturels et de coopération. J’ai hâte de travailler en étroite collaboration avec votre administration pour consolider nos relations bilatérales, renforcer la sécurité régionale et promouvoir la prospérité économique au sein de la Cédéao et de l’Union africaine. » Ce geste diplomatique, qui précède la confirmation officielle des résultats par la Cour constitutionnelle prévue le 16 avril, illustre l’importance stratégique du Bénin pour Abuja. Il marque aussi la volonté du Nigeria de s’imposer comme partenaire incontournable dans la stabilité et le développement de l’Afrique de l’Ouest. Romuald Wadagni, en attendant la validation définitive de son élection, peut déjà compter sur un allié de poids. C.Z
Romuald Wadagni confirmé président de la République : Une transition stratégique pour l’avenir.
La Cour constitutionnelle du Bénin a proclamé hier jeudi 16 avril 2026 les résultats définitifs de l’élection présidentielle du 12 avril. Romuald Wadagni est officiellement élu président avec 94,27 % des suffrages, succédant à Patrice Talon au terme de ses deux mandats constitutionnels. Avec plus de 4,5 millions de voix, Romuald Wadagni s’impose largement face à son challenger Paul Hounkpè, crédité de 5,73 %. Ce score, inédit par son ampleur, traduit un consensus politique et social autour de sa candidature. Le taux de participation, évalué à 63,55 %, confirme une mobilisation significative des électeurs. La Cour constitutionnelle a précisé que les irrégularités relevées n’étaient pas de nature à remettre en cause la régularité du scrutin. Les observateurs de la Cédéao ont également validé le processus, soulignant son caractère apaisé. Cette transition, dans un contexte régional marqué par des crises politiques et sécuritaires, renforce l’image du Bénin comme modèle démocratique en Afrique de l’Ouest. À 49 ans, Romuald Wadagni devient le plus jeune président du Bénin depuis la conférence nationale de 1990. Ancien ministre des Finances, il incarne une nouvelle génération de dirigeants africains, porteurs d’une expertise économique et d’une vision modernisatrice. Son mandat, placé sous le signe de l’unité nationale, devra poursuivre et amplifier les réformes initiées par Patrice Talon depuis 2016. La confirmation de Romuald Wadagni ouvre une nouvelle page pour le Bénin, mais aussi pour la sous-région. Son profil technocratique et son orientation vers la rigueur économique pourraient renforcer la coopération avec les partenaires régionaux, notamment le Nigeria, qui a déjà salué son élection. Dans un contexte où la Cédéao herche à consolider sa crédibilité face aux coups d’État et aux tensions politiques, l’arrivée de Romuald Wadagni à la Marina apparaît comme un signal fort de stabilité. C.Z
Arrestation de Kemi Seba à Pretoria : Un tournant pour le militant panafricaniste.
Visé par un mandat d’arrêt au Bénin car accusé d’avoir soutenu la tentative de coup d’État de décembre, l’influenceur panafricaniste Kemi Seba a été arrêté dans la journée du mercredi 16 avril 2026 en Afrique du Sud. Il fait l’objet d’une « procédure d’extradition en cours. Très suivi en Afrique, il est connu pour ses diatribes anti-occidentales sur les réseaux sociaux. Le militant panafricaniste Kemi Seba a été arrêté en Afrique du Sud où il fait l’objet d’une « procédure d’extradition en cours », a annoncé la police locale jeudi 16 avril. L’influenceur est recherché par le Bénin qui l’accuse d’avoir soutenu la tentative de coup d’État de décembre et a émis un mandat d’arrêt contre lui. « Procédure d’extradition en cours » À la tête de l’Ong baptisée « Urgences panafricanistes » et connu pour ses critiques radicales contre la France et les pouvoirs africains alliés de Paris, il a été arrêté lundi, en compagnie d’un fils, pour des « faits présumés de facilitation d’entrée illégale au Zimbabwe via le fleuve Limpopo », selon le communiqué de la police sud-africaine. D’après la police-sud-africaine, le duo père-fils avait l’ »intention de poursuivre sa route vers l’Europe » depuis le Zimbabwe. « Leur comparution a été reportée au 20 avril 2026 et ils ont été placés en détention provisoire, une procédure d’extradition étant en cours », est-il précisé dans son communiqué. L’arrestation a eu lieu dans un centre commercial de Pretoria où Kemi Seba a été interpellé en compagnie d’un facilitateur, qui avait reçu 250 000 rands, soit environ 13 000 euros, pour l’aider à traverser la frontière. Poursuivi pour « incitation à la rébellion » De son vrai nom, Stellio Gilles Robert Capo Chichi, Kemi Seba, compte 1,5 million d’abonnés sur les réseaux sociaux et se trouve poursuivi au Bénin pour « apologie de crimes contre la sûreté de l’État et incitation à la rébellion ». Au Bénin, des militaires mutins étaient apparus à la télévision le 7 décembre, annonçant avoir renversé le président Patrice Talon. En réalité, celui-ci, défendu par l’armée béninoise, n’avait jamais été arrêté et le putsch a été déjoué dans la journée avec l’appui des alliés nigérians et français. Ce jour-là, Kemi Seba a salué dans une vidéo « le jour de la libération » de son pays. Farouche opposant de Patrice Talon, il avait été brièvement interpellé en 2019 et en 2023, lors de passages au Bénin. En octobre 2024, Kemi Seba avait été placé en garde à vue en France en raison de soupçons de « liens » avec le groupe paramilitaire russe Wagner, puis relâché, même si l’enquête du parquet de Paris se poursuivait encore récemment. Il était notamment interrogé sur des soupçons « d’entretenir des intelligences avec une puissance étrangère (…) de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ». Un an plus tôt, plusieurs médias avaient publié les Wagner Leaks, issus d’un piratage de documents internes au groupe paramilitaire Wagner, qui indiquaient que son fondateur Evgueni Prigojine, depuis décédé, avait financé et guidé certaines actions de Kemi Seba en Afrique entre 2018 et 2019. Le Bénin fait partie de six nouveaux États listés par l’organisation américaine Freedom House comme s’étant livrés à des pratiques de répression transnationale, selon un rapport publié jeudi. C.Z
Déclaré persona non grata au Niger : Kemi Seba lâché par Niamey et passeport diplomatique retiré.
Le militant panafricaniste Kemi Seba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, vient de subir un revers majeur dans sa carrière politique et militante. Le gouvernement nigérien a annoncé, dans un communiqué officiel, une série de mesures radicales à son encontre : retrait immédiat de son passeport diplomatique, cessation de ses fonctions de conseiller spécial auprès du général Abdourahamane Tiani, et déclaration de persona non grata sur le territoire nigérien. Cette décision marque une rupture spectaculaire entre Niamey et l’activiste panafricaniste, jusque-là proche du pouvoir militaire. Les autorités nigériennes justifient leur choix par des « agissements contraires aux intérêts fondamentaux du Niger, à l’ordre public et aux principes de coopération et de confiance ». En clair, Kemi Seba n’est plus considéré comme un partenaire fiable. Cette annonce intervient au lendemain de son arrestation en Afrique du Sud, le 15 avril, alors qu’il voyageait avec son fils. Placés en détention à Pretoria, ils doivent comparaître le 20 avril devant la justice sud-africaine, qui décidera de leur éventuelle extradition vers le Bénin. Dans son pays d’origine, Kemi Seba est recherché pour apologie de coup d’État, en lien avec la mutinerie du 7 décembre 2025. Le militant, qui s’était imposé comme une figure du panafricanisme radical et un soutien affiché des régimes militaires de la sous-région, voit son influence sérieusement écornée. Son exclusion du Niger, alliée à ses déboires judiciaires, fragilise son image et pose la question de l’avenir de son mouvement Urgences Panafricanistes. Au-delà du cas individuel, cette affaire illustre les tensions entre activisme panafricaniste et réalités politiques des régimes militaires en Afrique de l’Ouest. Le Niger, en se désolidarisant de Kemi Seba, envoie un signal fort : la coopération avec les figures militantes reste conditionnée au respect de l’ordre public et des intérêts nationaux. Pascal Toffodji
Ouverture de la première session ordinaire de l’Assemblée nationale : Joseph Djogbénou trace la feuille de route d’une législature charnière.
La première session ordinaire de la 10e législature s’ouvre dans un contexte inédit pour le Bénin. Investi le mercredi 15 avril 2026 à Porto-Novo, Joseph Djogbénou, nouveau président de l’Assemblée nationale, a présenté une feuille de route ambitieuse qui place le Parlement au cœur des grandes mutations institutionnelles et sociales du pays. Premier chantier annoncé : la révision du règlement intérieur. Avec l’installation du Sénat, le Bénin entre dans une nouvelle ère parlementaire. Joseph Fifamè Djogbénou a insisté sur la nécessité d’une collaboration harmonieuse entre les deux chambres, qu’il décrit non pas comme rivales mais comme « un duo dans une complémentarité utile et fertile ». Le président du Parlement appelle les députés à fournir des « ressources législatives pertinentes » pour accompagner la politique nationale conduite par le chef de l’État. Il met en avant l’encadrement législatif de la régionalisation du développement, projet phare du président élu Romuald Wadagni, qui doit trouver son prolongement dans la loi. Au-delà des réformes institutionnelles, le président de l’Assemblée nationale place la législature face à ses responsabilités sociales. Les députés devront s’attaquer à des chantiers sensibles : droit des obligations civiles, droit des personnes et de la famille, protection sociale et patrimoine. L’objectif affiché est de simplifier les normes, les rendre accessibles et garantir une sécurité juridique renforcée pour les citoyens. En sept ans, la 10e législature devra non seulement accompagner la mutation institutionnelle vers le bicaméralisme, mais aussi répondre aux défis économiques et sociaux d’un pays en pleine transformation. Joseph Djogbénou fixe ainsi un cap clair : faire du Parlement un acteur central de la stabilité et du développement du Bénin. Pascal Toffodji
Aux ateliers Coffi à Cotonou : L’art au féminin célèbre la transmission.
À Cotonou, les ateliers Coffi ont clôturé en apothéose l’exposition collective inédite dédiée à la célébration de la gent féminine. Cinq artistes : Afiba, Afalon, Sika, Princesse Kérat et Ninon, y présentent leurs créations sous le thème évocateur : « Celles qui transmettent ». Une immersion dans des univers pluriels où la peinture, les techniques mixtes et l’expression contemporaine dialoguent pour mettre en lumière le rôle essentiel des femmes comme passeuses de mémoire et de culture. Dès l’entrée, couleurs, textures et symboles captent le regard. L’artiste Falonne Ogoun rappelle que la femme est d’abord une matrice : « Elle porte la vie, met au monde et transmet à l’enfant des valeurs, une éducation, forgeant l’humain de demain. » Chaque œuvre raconte une histoire intime mais aussi collective, inscrivant la femme au cœur de la continuité sociale. Avec son tableau ‘’Gardienne du temple’’, Sika rend hommage aux femmes prêtresses initiées dans le culte vodoun. Elle dénonce la mise en avant quasi exclusive des hommes alors que les femmes sont les véritables conservatrices des couvents : chants rituéliques, danses, invocations… autant de savoirs transmis et préservés par elles. Dans ses œuvres, Princesse Kérat interroge la place de la femme dans le mariage. Elle met en exergue la santé mentale et la lourde charge que portent les femmes dans cette institution. Son objectif : attirer l’attention, surtout des hommes, sur la nécessité d’un soutien réel et constant. Pour Ninon, la femme est résilience. « Dans la vie, on est confronté à des coups, mais il ne faut pas toujours les prendre comme une souffrance. Parfois, ils viennent pour vous mettre sur votre voie », confie-t-elle. Ses œuvres transforment le mal en énergie vitale, invitant à voir dans l’épreuve une opportunité d’élévation. Placée sous le signe de la transmission et de la solidarité intergénérationnelle, cette exposition collective offre au public une plongée dans des univers artistiques riches et engagés. Elle rappelle que les femmes ne sont pas seulement créatrices, mais aussi gardiennes de mémoire, éducatrices et piliers de la société. L’exposition « Celles qui transmettent » a pris fin sur une note de satisfaction aux ateliers Coffi à Cotonou. Une occasion unique de célébrer le mois de mars, mois dédié à la femme, en découvrant des œuvres qui portent haut les luttes, les héritages et la résilience féminine. T.Z
Un incendie à Toffo : Les flammes ont provoqué d’énormes pertes à Coussi.
Un incendie s’est déclaré, le lundi 13 avril 2026 dans le village de Cassagbo, arrondissement de Coussi, Commune de Toffo. En début d’après-midi, une simple étincelle partie d’une cuisine a suffi à provoquer le drame. Emportée par le vent, elle a atteint un stock de carburant de contrebande, le “kpayo”, déclenchant une explosion et une propagation fulgurante des flammes. En quelques minutes, le feu s’est étendu à plusieurs habitations. Les habitants, paniqués mais solidaires, ont formé une chaîne humaine pour tenter de maîtriser les flammes à coups de seaux d’eau. Les sapeurs-pompiers venus d’Allada sont intervenus rapidement, réussissant à circonscrire l’incendie avant qu’il ne fasse davantage de victimes. Sur les lieux, la présence de Marguerite Agbanzé épouse Djigla, autorité communale, a marqué les esprits. Accompagnée du chef d’arrondissement, elle s’est impliquée activement dans les opérations de secours, coordonnant les efforts et rassurant les sinistrés. Une fois le feu maîtrisé, le bilan fait état de trois blessés graves et de dégâts matériels considérables. Les victimes ont reçu les premiers soins au centre de santé de Coussi avant d’être évacuées vers Allada et Cotonou pour un suivi médical approprié. Cet incendie rappelle une réalité préoccupante : le stockage du carburant de contrebande dans les habitations demeure un risque permanent. Si la solidarité des habitants a permis d’éviter le pire, la Commune de Toffo reste confrontée à un défi majeur, prévenir les drames liés au “kpayo” et sensibiliser les populations à ses dangers. À Cassagbo, la peur a laissé place à la prise de conscience. Les autorités locales promettent de renforcer les campagnes de prévention et d’encadrer davantage la vente et le stockage du carburant illicite. Une leçon douloureuse, mais salutaire, pour éviter que le feu ne vienne, une fois encore, ravager des vies. C.Z
Coupe d’Afrique des Nations 2025 : La Cour d’appel de Rabat confirme la condamnation des 18 supporters sénégalais.
C’est une décision qui fait grand bruit. La Cour d’appel de Rabat a confirmé, le lundi 13 avril, les peines de prison prononcées en première instance contre les 18 supporters sénégalais arrêtés lors des violences survenues pendant la finale de la Can 2025 opposant le Maroc au Sénégal. Reconnu coupables d’hooliganisme, neuf d’entre eux ont été condamnés à un an de prison, six à six mois, et les trois derniers à trois mois. Ces derniers devraient regagner le Sénégal dans les prochains jours, leur peine arrivant à terme. Malgré les plaidoiries de la défense, la justice marocaine a confirmé le verdict, estimant que les faits étaient suffisamment établis. Cette décision suscite une vive déception au Sénégal, où les familles espéraient une libération rapide de leurs proches. Toutefois, certains responsables sportifs et diplomatiques gardent l’espoir d’une grâce royale qui pourrait permettre leur libération anticipée. Cette confirmation intervient dans un climat déjà électrique : le jury d’appel de la Confédération africaine de football (Caf) a récemment retiré le titre de champion au Sénégal pour l’attribuer au Maroc, à la suite d’une enquête sur les incidents de la finale. La Fédération sénégalaise de football a saisi le Tribunal arbitral du sport (Tas) pour contester cette décision, estimant que les sanctions sportives et judiciaires sont disproportionnées. Au-delà du football, cette affaire met en lumière les défis de la gestion des foules et de la sécurité lors des grands événements sportifs en Afrique. Elle rappelle aussi la nécessité d’un dialogue renforcé entre les fédérations et les autorités pour garantir que la passion du sport ne se transforme jamais en violence. Pascal Tofodji
Crise au sein du parti Les Démocrates : Houndété et Atchadé face à la justice, audience reportée au 16 avril.
Le bras de fer interne au parti Les Démocrates continue de faire des vagues. Ce mardi 14 avril 2026, le tribunal de Cotonou a tenu la deuxième audience dans le litige opposant deux camps du parti autour de la désignation de son président, avant de décider d’un renvoi au 16 avril. Dès l’ouverture des débats, les avocats des deux parties ont croisé le fer sur des questions de procédure. Maître Cyrille Djikui, représentant les plaignants proches du camp Éric Houndété, a obtenu la jonction de deux dossiers similaires, malgré l’opposition de la défense menée par Maître Rodrigue Davakan. Ce dernier a ensuite sollicité un renvoi pour examiner de nouvelles pièces versées au dossier, une requête vivement contestée par la partie adverse, qui juge ces documents « non pertinents ». Après des échanges houleux entre les avocats, le juge a tranché : l’affaire est renvoyée à 48 heures, fixant la prochaine audience au jeudi 16 avril. Aucun débat sur le fond n’a encore été engagé. Les deux figures du parti, Éric Houndété et Nourénou Atchadé, étaient présentes à l’audience, entourées de plusieurs responsables politiques et militants venus témoigner de leur soutien. Au cœur du différend, François Comlan, proche du camp Houndété, conteste la régularité du processus ayant conduit à la désignation d’Atchadé à la tête du parti, invoquant un non-respect des textes internes. Cette affaire, qui expose au grand jour les fractures internes du principal parti d’opposition, suscite de vives réactions dans le paysage politique béninois. Les observateurs y voient un test de maturité démocratique pour une formation appelée à jouer un rôle clé dans la vie politique nationale. Le tribunal de Cotonou devra trancher sur la validité du processus électif et la légitimité de la présidence de Nourénou Atchadé. En attendant, les deux camps affûtent leurs arguments, dans une bataille judiciaire qui pourrait redéfinir l’avenir du parti Les Démocrates. Pascal Toffodji
Restitution des biens culturels pillés à l’Afrique : La France adopte une loi historique pour la.
C’est une avancée majeure dans la politique culturelle française. Le lundi 13 avril, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité une loi-cadre facilitant la restitution des biens culturels spoliés durant la colonisation. Après le Sénat, les députés ont approuvé le texte par 170 voix pour et aucun contre, un consensus rare dans l’hémicycle. Jusqu’ici, chaque restitution nécessitait une loi spécifique, rendant le processus long et complexe. Désormais, les décisions seront guidées par un comité scientifique indépendant, composé d’experts français et de représentants des pays d’origine. Pour la ministre de la Culture, Catherine Pégard, cette loi « attendue dans le monde entier » marque un tournant : « Elle ouvre une nouvelle page de notre Histoire et de notre rapport à la mémoire coloniale. » Le texte s’inscrit dans la continuité des engagements pris par Emmanuel Macron, notamment lors de son discours à Ouagadougou, où il avait promis de favoriser le retour des œuvres africaines conservées en France. La loi prévoit un cadre clair pour examiner les demandes de restitution, en s’appuyant sur des critères scientifiques et historiques. Elle pourrait ainsi accélérer le retour de centaines d’œuvres vers leurs pays d’origine. En 2022 déjà, la France avait restitué au Bénin 26 trésors royaux d’Abomey, pillés pendant la colonisation — un geste salué à l’international. Avec cette loi, la France affirme sa volonté de réparer les injustices du passéet de reconstruire un dialogue culturel équitable avec les nations concernées. Plusieurs pays africains, dont le Bénin, le Sénégal et le Mali, espèrent désormais voir leurs trésors historiques retrouver leur terre d’origine. Pascal Toffodji

