Un policier a été condamné à cinq ans de prison ferme pour avoir monnayé la libération d’un trafiquant de chanvre indien. Ce verdict de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) met en lumière les dérives au sein des forces de l’ordre et la nécessité d’une lutte implacable contre la corruption.
La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) a tranché dans une affaire qui illustre les failles de l’intégrité policière. Deux agents du commissariat d’Akassato étaient accusés d’avoir relâché des trafiquants de chanvre indien contre une somme de 500 000 FCFA. Au terme des débats, la Cour a reconnu coupable l’un des policiers, identifié comme celui qui a encaissé et réparti l’argent. Il écope de cinq ans de prison ferme et d’une amende de cinq millions FCFA pour abus de fonctions. Les deux trafiquants interpellés avec 106 boulettes de chanvre indien ont également été condamnés à 24 mois de prison ferme et à un million FCFA d’amende chacun. La policière impliquée dans la patrouille a, quant à elle, bénéficié d’une relaxe au bénéfice du doute. Les juges ont estimé que son rôle dans la transaction n’était pas suffisamment établi. Mais l’affaire ne s’arrête pas là : deux autres policiers, soupçonnés d’avoir touché une part de la somme, sont toujours en fuite. Selon les déclarations du trafiquant, c’est un policier qui lui aurait proposé de « trouver 500 000 FCFA pour étouffer l’affaire », avant que les négociations échouent à ramener le montant à 300 000 FCFA. Ce dossier révèle une réalité inquiétante : la corruption au sein des forces de sécurité fragilise la lutte contre le trafic de stupéfiants et entame la confiance des citoyens. En condamnant sévèrement les auteurs, la Criet envoie un signal fort : la tolérance zéro doit s’appliquer à tous, y compris à ceux censés protéger la loi.
C.Z











