Le Bénin vient d’écrire une page décisive de son histoire agricole et sociale. Le samedi 13 juin 2026, à Atrokpocodji, dans la Commune d’Abomey-Calavi, le mouvement « Nous Sommes la Solution » (NSS) a été officiellement installé sur son sol. Un réseau ouest-africain de femmes rurales, désormais présent dans six pays, qui incarne une alternative puissante : l’agroécologie paysanne comme voie vers la souveraineté alimentaire.
Fondé en 2011, le NSS a essaimé du Burkina-Faso au Ghana, de la Guinée au Mali et au Sénégal. Aujourd’hui, il pose ses valises au Bénin avec une conviction affirmée : les femmes rurales sont les architectes incontournables d’un avenir durable. Agricultrices, transformatrices, gardiennes des semences et des savoirs locaux, elles sont au cœur de la résilience face aux changements climatiques et aux crises alimentaires. La cérémonie a rassemblé têtes couronnées, autorités publiques et une multitude d’associations de femmes. Mariam Sonko, présidente panafricaine du mouvement, a rappelé son ambition. « Bâtir des systèmes alimentaires résilients, ancrés dans les territoires et libérés des dépendances externes ». Sia Anne Marie Kamano, trésorière générale et coordinatrice en Guinée, a souligné l’urgence de valoriser les productions locales telles qu’ananas, maïs, tomate, igname, anacarde, pour nourrir le Bénin tout en régénérant ses écosystèmes. Les institutions béninoises ont salué cette arrivée. Mélanie Assogba, Directrice départementale de la famille, et Anselme Tchétangni, représentant du Maep, ont réaffirmé la place centrale des femmes dans les politiques de développement. Pierre Bédiyé, président de la Fédération agroécologique du Bénin (Faeb), a exprimé son émotion et son engagement total aux côtés du NSS, d’autant que la nouvelle coordinatrice nationale en est issue. Cette coordinatrice, Clarisse Adonsi, incarne désormais l’espoir d’une transition agricole inclusive. Investie solennellement, elle a reçu le soutien unanime des leaders présents et s’est engagée à mobiliser toutes les femmes rurales du Bénin pour faire de l’agroécologie un levier de transformation économique et sociale. Dans un pays où près de 70 % de la population dépend de l’agriculture, l’enjeu est vital. Le NSS ne vient pas seulement « s’installer ». Il ouvre un chantier d’autonomie, de préservation de la biodiversité et de réappropriation des communs. Les solutions sont déjà là, dans les champs, les savoir-faire et la ténacité des femmes. Désormais, elles auront une voix commune, forte et organisée, pour porter haut l’agriculture familiale, celle qui nourrit, protège et construit.
Laure Lèkossa









