Après 14 mois de suspension, le procès sur la disparition mystérieuse de Urbain Pierre Dangnivo, cadre du ministère des finances, a repris, le vendredi 26 juin, au tribunal de première instance de Cotonou. Mais la séance a rapidement pris une tournure inattendue : la Défense, représentée par Me Olga Anassidé, a exigé la comparution de Louis-Philippe Houndégnon, ancien directeur général de la police nationale.
Selon l’avocate, l’ex-Dgpn avait publiquement affirmé détenir des informations sur cette affaire. Le tribunal devra décider s’il est opportun de le faire comparaître pour éclairer un dossier qui reste l’un des plus sensibles de la vie politique béninoise. Ironie du sort, Houndégnon est lui-même aujourd’hui derrière les barreaux, après avoir été l’un des hommes forts des forces de sécurité sous le régime Boni Yayi. À la barre, Grégoire Dangnivo, frère du disparu, a réitéré l’exigence de la famille : « Que l’État béninois nous rende la dépouille complète et on va faire la cérémonie ». Pour lui, il ne s’agit ni plus ni moins que d’un crime prémédité, car Urbain Pierre Dangnivo était un « opposant chaud » au régime de l’époque. Le tribunal a finalement renvoyé l’audience au 3 juillet prochain, prolongeant encore l’attente d’une vérité que la famille et l’opinion publique réclament depuis 2010.
Retour sur les faits
2010, disparition de Dangnivo alors qu’il rentrait du service. Quelques semaines plus tard, un corps non identifié est retrouvé à Abomey-Calavi, au domicile d’un repris de justice. Les autorités affirment qu’il s’agit de Dangnivo, mais la famille rejette cette conclusion, contestant l’authenticité de la dépouille. Les accusés, dont Codjo Cossi Alofa, continuent de clamer leur innocence. Ce procès, marqué par des rebondissements et des zones d’ombre, reste un symbole des tensions entre justice, politique et vérité au Bénin.
C.Z










