À la veille du carême, les fidèles catholiques vivent une journée particulières, le mardi gras. Contrairement au mercredi des cendres qui ouvre officiellement la période de pénitence et de sanctification, le mardi gras n’est pas une fête liturgique. Il s’agit plutôt d’une tradition culturelle, héritée de pratiques anciennes, qui s’est imposée dans l’imaginaire collectif.
Les fidèles catholiques se préparent à entrer de plein de pied dans le temps de carême. A la veille de ces quarante jours de pénitence, ils observent la veille le mardi gras. Bien qu’il ne soit pas une fête liturgique, elle est observée par nombre de chrétiens parce qu’il a une portée spirituelle. « Le mardi gras révèle le contraste entre ce jour où l’on peut encore manger tout ce qu’on veut, et le temps de carême qui commence le lendemain, marqué par le jeûne et la sobriété. », confie le Père David Ahossinou, Oblat de Saint François de Sales. Le mardi gras est donc une journée de liberté avant la discipline, c’est-à-dire le dernier jour où les fidèles peuvent se permettre de « manger gras » : viandes, œufs, plats riches et festifs. Cette liberté culinaire annonce la rigueur du carême, période de privations et de renoncements. Dans la tradition chrétienne, cette journée est associée au carnaval, notamment en Occident, où « tout est permis » : déguisements, réjouissances et excès avant d’entrer dans le temps de discipline corporelle et spirituelle.Bien avant le christianisme, les Romains célébraient déjà les calendes de mars, rites marquant le réveil de la nature. Ces fêtes étaient caractérisées par l’absence d’interdits : on pouvait manger, boire et se divertir sans retenue. Le mardi gras s’inscrit dans cette continuité culturelle, reprise et transformée au fil des siècles. « Le mardi gras n’est pas une fête liturgique. C’est une tradition qui prépare, par contraste, à entrer dans le carême, temps de prière, de pénitence et de charité. » insiste le Père Ahossinou. Ainsi, le mardi gras apparaît comme une parenthèse festive, un moment de liberté avant l’engagement spirituel du carême. À travers cette alternance entre excès et discipline, les fidèles sont invités à mieux comprendre la valeur du sacrifice et de la conversion.
Zéphirin Toasségnitché











