La mission d’observation électorale de la Cédéao, conduite par Nana Akufo-Addo, a livré, hier mardi 14 avril 2026, sa déclaration préliminaire sur le déroulement de la présidentielle du 12 avril 2026 au Bénin. Globalement, l’organisation ouest-africaine salue un scrutin calme, transparent et bien administré, tout en relevant certaines irrégularités isolées. Selon la mission de la Cédéao, les opérations de vote se sont déroulées dans de bonnes conditions sur l’ensemble du territoire. L’organisation note des améliorations significatives par rapport aux législatives de janvier 2026, notamment l’ouverture ponctuelle des bureaux de voteet la fluidité du processus électoral. La mission a toutefois relevé quelques incidents, dont des bourrages d’urnes et des tentatives d’achat de conscience dans certains centres de vote. Ces pratiques, qualifiées d’« isolées », ne seraient pas de nature à remettre en cause la crédibilité globale du scrutin, selon le rapport. La Cédéao a également salué la posture républicaine de Paul Hounkpè, candidat de l’opposition, qui a reconnu sa défaite avant même la publication des résultats provisoires par la Céna. Ce geste est perçu comme un signe de maturité politique et de respect du suffrage populaire.Dans sa déclaration, l’organisation formule plusieurs recommandations à l’endroit de la Céna, du gouvernement béninois et des acteurs politiques :Poursuivre la formation des agents électoraux pour garantir une meilleure maîtrise des procédures.Renforcer la sensibilisation des électeurs contre les pratiques frauduleuses.Consolider la transparence et la communication autour des résultats.Pour la Cédéao, le Bénin confirme sa réputation de démocratie stable et exemplaire dans la sous-région. Malgré quelques imperfections, le scrutin du 12 avril 2026 est jugé globalement conforme aux standards internationaux. Pascal Toffodji
Futur président de la République : Romuald Wadagni, le technocrate discret devenu figure d’unité nationale.
En attendant la confirmation officielle des résultats provisoires de la Céna par la Cour constitutionnelle, le regard se tourne vers celui qui tient les finances du Bénin depuis dix ans : Romuald Wadagni, un homme de chiffres devenu homme d’État. Le 4 octobre dernier à Parakou, lors de son investiture comme candidat de la majorité présidentielle, Romuald Wadagni a livré un message fort : « Dans un monde instable, dans une sous-région en crise, notre plus grande force, c’est notre unité nationale. » Peu bavard, mais toujours précis, le ministre d’État a choisi de placer son discours sous le signe du rassemblement. Pas de polémique, pas de promesses creuses, mais une main tendue à l’ensemble de la classe politique pour construire un Bénin uni et résilient. Analysant ce discours de futur locataire de la Marina, Alain Junior Dokpo, enseignant-chercheur en sciences de la communication, estime que Romuald Wadagni incarne le technocrate pragmatique : « C’est un personnage discret, fidèle, et en matière de science pragmatique, dire c’est faire. C’est un homme d’action. » Son discours du 4 octobre illustre cette approche : sobriété, humilité et reconnaissance des efforts collectifs. Il évite les sujets clivants pour mieux mettre en avant la cohésion nationale et la prospérité partagée. « Notre force sur le chemin du développement, c’est l’unité nationale. Notre atout, c’est que la vision est claire, les lignes sont tracées, les défis et les solutions sont connus. » Ces mots traduisent la philosophie de Wadagni : bâtir sur les acquis, consolider les institutions et faire en sorte que chaque Béninois ressente les fruits de la croissance. Né le 20 juillet 1976 à Lokossa, Romuald Wadagni est expert-comptable de formation, avec 17 années d’expérience internationale au sein du cabinet Deloitte. Depuis le 7 avril 2016, il dirige le ministère de l’économie et des finances, où il a imposé une gestion rigoureuse et une transparence saluée à l’international. Pour Alain Junior Dokpo, la transition vers la présidence représente un changement de dimension : « À tout changement de fonction correspond un changement fondamental de compétences et de responsabilités. Une remise en question complète est nécessaire. » Mais pour beaucoup, les qualités de discipline, de méthode et de vision qui ont marqué son parcours ministériel pourraient devenir les fondations d’une gouvernance efficace et apaisée. Romuald Wadagni, discret mais déterminé, s’impose comme le symbole d’un leadership de continuité et de confiance. Son parcours, son pragmatisme et sa foi en l’unité nationale laissent entrevoir une nouvelle ère politique, où le sérieux de la gestion publique se conjugue avec l’ambition d’un Bénin plus solidaire et prospère. C.Z
Projet de société ‘’Plus loin ensemble’’ : Les ambitions de Romuald Wadagni pour le peuple béninois.
Élu selon les résultats provisoires proclamés par la Céna, Romuald Wadagni s’apprête à prendre les rênes du Bénin avec une vision ambitieuse : faire du pays une Nation mieux gouvernée, fondée sur le capital humain, la création de richesses et des institutions solides. Son projet de société, intitulé « Plus Loin Ensemble », s’inscrit dans la continuité des réformes engagées par Patrice Talon, tout en ouvrant une nouvelle ère de transformation. Pour Romuald Wadagni, le développement doit être pensé à l’échelle des territoires. Il propose une réorganisation du pays en six pôles régionaux à savoir Borgou-Alibori, Zou-Collines, Ouémé-Plateau, Atlantique-Littoral et Mono-Couffo, chacun doté d’un plan de développement spécifique adapté à son écosystème. « L’idée, c’est d’établir un plan spécifique de développement pour chaque région », explique-t-il, convaincu que la proximité et la décentralisation sont les clés d’une croissance inclusive. Le futur président veut redonner au monde rural sa place centrale. Son approche repose sur un partenariat direct avec les producteurs, combinant mécanisation, intrants de qualité et accompagnement technique. « Si le paysan produit moins que la tonne à l’hectare, on le paye. S’il produit plus, une partie de l’excédent sert à financer sa santé, sa retraite et la prochaine saison », détaille-t-il. Ce modèle vise à sécuriser les revenus agricoles tout en favorisant la productivité et la solidarité. Romuald Wadagni veut diversifier l’économie béninoise. L’industrie locale, le tourisme et la technologie seront au cœur de son action. Sous sa gouvernance, le Bénin se dotera de data centers sécurisés, de supercalculateurs nationaux et d’infrastructures numériques modernes pour renforcer la compétitivité du pays. La santé publique occupe une place centrale dans son programme. Il prévoit la construction d’un centre hospitalier international à Parakou, à l’image du CHIC d’Abomey-Calavi, pour garantir un accès équitable aux soins. « Tant qu’il reste un Béninois qui n’a pas encore senti les fruits de la croissance dans son ménage, c’est qu’il reste du travail à faire », affirme-t-il. Face aux tensions observées aux frontières, Romuald Wadagni promet une coopération renforcée avec les pays voisins pour une réponse concertée contre l’insécurité. Le futur président résume sa vision en trois axes : Le capital humain, pour valoriser chaque citoyen, la création de richesses, pour bâtir une économie durable et le renforcement des institutions, pour garantir la stabilité et la transparence. Avec sept années de mandat à compter de la fin mai, Romuald Wadagni aura la lourde tâche de transformer ses promesses en actions concrètes. Mais son projet « Plus Loin Ensemble» incarne une volonté claire : porter le Bénin vers un avenir plus juste, plus innovant et résolument tourné vers la prospérité collective. C.Z
Présidentielle du 12 avril 2026 : La Céna reçoit les rapports des observateurs internationaux.
Deux jours après le scrutin présidentiel du 12 avril 2026, le président de la Commission électorale nationale autonome (Céna), Sacca Lafia, a tenu une série d’audiences avec les missions d’observation internationale. Objectif : recueillir les conclusions préliminaires et les recommandations formulées à l’issue du vote. Au siège de la Céna, entouré de ses conseillers et du Directeur général des élections (Dge), Sacca Lafia a reçu plusieurs délégations ayant suivi de près le déroulement du scrutin sur tout le territoire. Parmi elles figuraient Human Vertue, Global Peace, Afa Internationale, l’Observatoire des jeunes pour la non-violence et la paix (Ojlnp), ainsi que la mission conjointe Nps-Cdp-Ul. Tour à tour, les chefs de mission ont remis leurs rapports d’observation, saluant le professionnalisme et la rigueur organisationnelle de la Céna. Les observateurs ont souligné la transparence et le calme qui ont marqué la journée électorale du 12 avril, un signe de maturité démocratique pour le Bénin. Tout en félicitant les progrès du système électoral béninois, les missions ont formulé des recommandations constructives pour renforcer la qualité des prochains scrutins. Parmi les pistes évoquées : Le renforcement des capacités des agents électoraux ; l’amélioration des outils techniques de gestion du vote ; une communication accrue avec les électeurs pour consolider la confiance dans le processus. Pour Sacca Lafia, ces retours constituent une base de travail essentielle pour perfectionner le dispositif électoral. Il a réaffirmé la volonté de la Céna de maintenir un dialogue ouvert et permanent avec les partenaires internationaux afin de garantir des élections toujours plus inclusives, transparentes et crédibles. Cette rencontre marque la fin d’une phase d’observation et le début d’une analyse approfondie des recommandations. En attendant la validation officielle des résultats par la Cour constitutionnelle, la Céna poursuit son engagement pour que chaque scrutin au Bénin demeure un exemple de stabilité et de confiance démocratique. C.Z
En prélude à la publication des grandes tendances : Paul Hounkpè pose un acte d’un démocrate exemplaire.
Quelques heures seulement après la fermeture des bureaux de vote du scrutin présidentiel du 12 avril 2026, Paul Hounkpè, candidat de l’opposition, a surpris la scène politique béninoise par un geste fort. Dans un communiqué publié le même jour, il a félicité le duo Romuald Wadagni–Mariam Chabi Talata, donné largement en tête selon les premières tendances, avant même la proclamation officielle des résultats par la Commission électorale nationale autonome (Céna). Alors que la Céna poursuivait la centralisation des procès-verbaux issus des 17 000 bureaux de vote répartis sur le territoire, Paul Hounkpè a pris acte de la dynamique observée. « Au terme d’une journée électorale décisive, il apparaît qu’une avance se dessine en faveur du duo Wadagni–Talata », a-t-il déclaré, soulignant son attachement aux principes républicains et au respect du suffrage populaire. Cette reconnaissance publique intervient avant la publication des résultats provisoires consolidés. Conformément au calendrier électoral, la Céna dispose de plusieurs jours pour compiler les données avant leur transmission à la Cour constitutionnelle, seule habilitée à proclamer les résultats définitifs. Dans son communiqué, Paul Hounkpè a également adressé un message à ses militants, les remerciant pour leur mobilisation et leur engagement tout au long de la campagne. Il a réaffirmé les valeurs portées par son projet politique : justice sociale, inclusion économique et réforme institutionnelle. Le candidat de la Force Cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) a invité le futur président à tenir compte des orientations de son programme, notamment sur la réconciliation nationale et la gouvernance participative. Cette prise de position, fondée sur des tendances encore provisoires, marque une étape importante dans le processus électoral. Elle illustre une maturité politique rare, où le respect du verdict des urnes prime sur la confrontation. La Céna, présidée par Sacca Lafia, poursuit la compilation des résultats avant leur validation par la Cour constitutionnelle, qui devrait annoncer les résultats définitifs dans les délais légaux. En félicitant son adversaire avant la proclamation officielle, Paul Hounkpè envoie un signal fort : celui d’une démocratie apaisée et responsable. Ce geste, salué par plusieurs observateurs, renforce l’image d’un Bénin fidèle à ses valeurs républicaines, où la compétition politique se conjugue avec le respect des institutions et la volonté de construire ensemble l’avenir du pays. C.Z
Présidentielle 2026 au Bénin : Romuald Wadagni largement en tête selon la CENA.
Le verdict des urnes du 12 avril 2026 se dessine clairement. La Commission électorale nationale autonome (Céna) a dévoilé dans la nuit du lundi au mardi 14 avril les grandes tendances du scrutin présidentiel. Selon les chiffres provisoires issus de la compilation de près de 90 % des votes, Romuald Wadagni arrive largement en tête avec 94,05 % des suffrages exprimés, contre 5,95 % pour Paul Hounkpè, son principal challenger. Le président de la Céna, Sacca Lafia, a précisé que Romuald Wadagni a recueilli 4 252 347 voix, tandis que Paul Hounkpè en totalise 269 433. Le taux de participation atteint 58,75 %, un chiffre en nette hausse par rapport aux 39 % enregistrés lors des élections communales et législatives du 11 janvier dernier. Ces résultats, encore provisoires, traduisent une mobilisation citoyenne plus forte et un vote massif en faveur du candidat de la mouvance présidentielle. La Céna a transmis les premières cantines de procès-verbaux à la Cour constitutionnelle, seule habilitée à proclamer les résultats officiels. Le futur président succédera à Patrice Talon, qui achève ses deux mandats constitutionnels. Dans un communiqué publié le lendemain du scrutin, Paul Hounkpè, candidat de la Force Cauris pour un Bénin é mergent (Fcbe), a reconnu sa défaite et adressé ses « félicitations républicaines » à Romuald Wadagni et à sa colistière Mariam Chabi Talata. Il a exprimé le souhait que le futur président s’inspire de certaines propositions de son programme, notamment en matière de justice sociale, d’inclusion économique et de réconciliation nationale. Ces résultats marquent une transition politique majeure et ouvrent une nouvelle ère pour le pays. En attendant la proclamation officielle par la Cour constitutionnelle, le Bénin salue un scrutin globalement apaisé, où la maturité démocratique et la participation citoyenne ont été au rendez-vous. C.Z
Djibouti : Ismaïl Omar Guelleh décroche un 6ᵉ mandat avec 97,81 % des suffrages.
Le président sortant Djiboutien Ismaïl Omar Guelleh remporte un sixième mandat à l’issue de l’élection présidentielle du 10 avril 2026. Le président de Djibouti, Ismaïl Omar Guelleh, a été réélu avec 97,81 % des suffrages exprimés, selon les résultats officiels annoncés samedi par le ministère de l’Intérieur. Son unique adversaire, Mohamed Farah Samatar, n’a obtenu que 2,19 % des voix. Environ 256 000 électeurs étaient appelés aux urnes vendredi 10 avril. Les autorités ont salué un scrutin « calme » et sans incident, évoquant une participation satisfaisante. Le président de la Commission électorale, Bahnan Ali Maidal, a confirmé le bon déroulement du vote. Au pouvoir depuis 27 ans, Ismaïl Omar Guelleh s’était montré confiant quant à une large victoire. En face, Mohamed Farah Samatar, peu connu du grand public, représentait une formation politique marginale sans élus. Le scrutin a toutefois été boycotté par les principaux partis d’opposition. Ils dénoncent un processus électoral verrouillé et appellent à une transition démocratique sous supervision internationale. Les résultats doivent encore être validés par le Conseil constitutionnel. C.Z
Cameroun : Marcel Niat Njifenji s’est éteint.
Le Cameroun pleure son ancien président du Sénat. Marcel Niat Njifenji a cassé la pipe le samedi 11 avril 2026. Sa disparition est intervenue quelques jours après son départ du pouvoir. Le Cameroun pleure la disparition de l’ancien président du Sénat Marcel Niat NjifenjiUne page se tourne dans l’histoire politique du Cameroun. Dans la matinée de ce samedi 11 avril 2026, Marcel Niat Njifenji (92 ans), ancien président du Sénat, est décédé. Dans un communiqué, l’actuel président de la Chambre Haute, Sa Majesté Aboubakary Abdoulaye a confirmé la triste nouvelle. Il a rendu hommage à un grand serviteur de l’Etat et adressé ses « sincères condoléances » à la famille du défunt, tout en leur témoignant sa compassion en cette période de deuil. Il quitte définitivement la scène politique deux semaines après son départ de la présidence du Sénat. À 92 ans, ce fils de l’Ouest du Cameroun a marqué la vie institutionnelle de son pays après avoir occupé plusieurs postes clés au sommet de l’Etat. Il y a quelques jours, avant la révision controversée de la constitution, Marcel Niat Njifenji était encore le successeur constitutionnel du président Paul Biya en cas de vacance du pouvoir. À l’annonce de son décès, plusieurs personnalités ont salué son parcours et engagement au service de la nation. C.Z
Femmes rurales et accès au foncier : Le combat pour une autonomie durable.
Dans les campagnes du Zou, les femmes sont au cœur de la production agricole. Elles sèment, récoltent, nourrissent leurs familles et participent activement à la sécurité alimentaire. Pourtant, derrière cette force silencieuse se cache une injustice persistante. L’accès à la terre leur échappe encore. Votre rédaction s’est penchée sur cette réalité qui freine l’épanouissement économique et social des femmes rurales. Dans de nombreux villages, les traditions continuent de dicter les règles. Les femmes peuvent cultiver, mais rarement elles possèdent un lopin de terre cultivable. Marguerite Hlannon, agricultrice à Zogbodomey, témoigne : « Les hommes gardent les bonnes terres. À nous, ils donnent de petites portions derrière les maisons ou des terrains éloignés. Et quand on les met en valeur, on nous demande de partir, souvent pour céder la place à un fils revenu du Nigéria. » Ce témoignage illustre une réalité amère. L’absence de droits fonciers sécurisés prive les femmes de stabilité et de perspectives d’investissement. Pour Marguerite Hlannon, la solution passe par la formalisation des droits fonciers. « Le foncier sécurisé, c’est celui qui a un papier, un acte à mon nom », explique-t-elle. Les comités de gestion foncière mis en place par l’État au niveau des Mairies et des villages représentent une avancée. Ils permettent aux femmes de déclarer leurs parcelles et de signer des contrats de location ou d’exploitation, garantissant une certaine protection contre les expulsions arbitraires. Malgré les obstacles, les femmes rurales du Zou font preuve d’une détermination exemplaire. Elles maîtrisent les techniques agricoles, innovent dans la transformation des produits et participent activement aux marchés locaux. Mais sans accès équitable à la terre, leur potentiel reste bridé. « Nous avons les compétences pour devenir de vraies entrepreneures agricoles », affirme Marguerite Hlannon. « Ce qu’il nous faut, c’est la sécurité foncière. » insiste-t-elle. Un enjeu de développement local Garantir aux femmes un accès durable au foncier, c’est investir dans la stabilité des ménages et la croissance locale. C’est aussi reconnaître leur rôle central dans la lutte contre la pauvreté et pour l’autosuffisance alimentaire. Les autorités locales, les Ong et les communautés doivent conjuguer leurs efforts pour briser les barrières socio-culturelles et promouvoir une réforme foncière inclusive. Dans le Zou, comme ailleurs au Bénin, la terre est bien plus qu’un moyen de production. C’est un symbole de pouvoir et de dignité. Tant que les femmes n’auront pas les mêmes droits que les hommes pour la posséder, leur autonomie restera incomplète. Leur combat pour le foncier est celui de toutes les femmes rurales, un combat pour la reconnaissance, la justice et le développement durable. Zéphirin Toasségnitché
Vente à la sauvette dans le Zou : Des enfants livrés à eux-mêmes sur l’autel de la survie.
Sur les grands axes du département du Zou, notamment à Bohicon, Abomey ou Za-Kpota, la scène est devenue familière. Des enfants, parfois à peine âgés de dix ans, slaloment entre les véhicules pour vendre de l’eau, des arachides ou des sachets de bouillie. Une pratique appelée vente à la sauvette, illégale mais tolérée, qui expose ces mineurs à des risques graves et révèle une crise silencieuse de responsabilité parentale. Sous le soleil brûlant ou dans la poussière des carrefours ou sur les dos-d’âne ces enfants travaillent sans protection ni encadrement. Pour Son Altesse Akpohozougbé Kinhovi, cette situation découle d’un manque criard de repèresfamiliaux. « Quand vous voyez ces enfants à la sauvette, demandez-vous : où est le père ? Où est la mère ? », s’interroge-t-il. Selon lui, beaucoup de parents ont abandonné leur rôle éducatif, laissant leurs enfants livrés à eux-mêmes dans la quête de survie. Il évoque des familles éclatées, des mères contraintes de vendre dans les marchés ou aux feux tricolores, pendant que les pères, souvent absents, ne jouent plus leur rôle de guide. « C’est nous, parents, qui avons rejeté nos responsabilités », martèle-t-il. La vente à la sauvette est formellement interdite par la loi béninoise. Ces enfants, non déclarés et sans autorisation, s’exposent à des accidents de la route, à des abus et à une déscolarisation précoce. Les forces de l’ordre peinent à endiguer le phénomène, car derrière chaque enfant vendeur se cache une famille en détresse économique. Les autorités locales rappellent pourtant que les parents ou tuteurs peuvent être poursuivis pour exploitation de mineurs. Entre pauvreté et indifférence Dans les marchés de Houndjro ou de Bohicon, la pauvreté pousse les familles à faire travailler leurs enfants. Certains dorment sous les hangars, d’autres vivent dans des conditions précaires. Pour Akpohozougbé Kinhovi, cette réalité traduit une fracture sociale profonde. « Le voleur peut voler tous les coqs et toutes les poules, sauf ceux qui dorment sur les grands arbres », dit-il, métaphoriquement, pour souligner que seuls les enfants protégés par une éducation solide échappent à la dérive. La lutte contre la vente à la sauvette ne peut se limiter à la répression. Elle exige une mobilisation communautaire : sensibiliser les parents, renforcer la scolarisation, et offrir des alternatives économiques aux familles vulnérables. Les autorités locales, les Ong et les leaders communautaires doivent unir leurs efforts pour sauver ces enfants de la rue, car derrière chaque petit vendeur se cache une histoire de pauvreté, de désespoir et d’abandon. La vente à la sauvette dans le Zou n’est pas qu’un problème économique. C’est un drame humain. Ces enfants, exposés aux dangers de la route et à la perte de leur innocence, rappellent l’urgence d’une prise de conscience collective. Protéger l’enfance, c’est protéger l’avenir du pays. Et cet avenir ne doit pas se négocier au bord des voies publiques. Zéphirin Toasségnitché