L’hémicycle sénégalais a connu une journée électrique le lundi 29 juin 2026. En pleine séance consacrée à la révision de la Constitution, une violente altercation a opposé les députés du Pastef à ceux de l’opposition. Cris, invectives et bousculades ont transformé le Parlement en véritable champ de bataille politique, avant l’adoption finale du texte.
L’Assemblée nationale du Sénégal a vécu une séance sous haute tension ce lundi. Alors que les députés débattaient de la révision de la Constitution, les échanges ont dégénéré en une vive altercation entre les élus du Pastef et ceux de l’opposition. Sous la présidence d’Ousmane Sonko, fraîchement élu à la tête du Parlement, la séance devait marquer son premier grand test institutionnel. Mais très vite, les débats ont viré à la confrontation : invectives, micros coupés, bousculades, et une atmosphère électrique qui a paralysé les discussions pendant plusieurs minutes. L’opposition accuse le président de l’Assemblée de vouloir faire passer la réforme “en force”, tandis que la majorité Pastef dénonce une stratégie d’obstruction délibérée. Le débat de fond sur la Constitution s’est ainsi effacé derrière un affrontement politique d’une rare intensité. Face à la montée de la tension, les forces de sécurité parlementaire ont dû intervenir pour rétablir le calme. Plusieurs organisations de la société civile ont aussitôt appelé au respect du règlement intérieur et à la retenue, afin de préserver la crédibilité des institutions. Malgré cette journée houleuse, les travaux ont finalement repris. Les députés ont examiné et adopté la loi n°17/2026 portant révision de la Constitution, avec 129 votants sur 165 inscrits, aucune abstention ni vote contre. Cet épisode, qui marque les débuts de la présidence Sonko à l’Assemblée, laisse entrevoir les fractures politiques persistantes au sein du paysage sénégalais. Si la réforme est désormais adoptée, le climat de tension qui a entouré son vote risque de peser durablement sur la vie parlementaire et sur la perception publique de cette nouvelle ère politique.
Laure Lèkossa











